Monde

50 ans après les JO de Munich, Allemagne et Israël s'accordent sur des indemnisations pour les familles des victimes

Un hélicoptère de l'armée incendié sur la base aérienne de Fuerstenfeldbruck, le 7 septembre 1972, après une attaque terroriste palestinienne pendant les Jeux Olympiques de Munich

© -

31 août 2022 à 15:17Temps de lecture2 min
Par AFP, édité par Victor de Thier

Près de 50 ans jour pour jour après la sanglante prise d'otages aux Jeux olympiques de Munich, le gouvernement allemand et les familles de victimes israéliennes sont parvenus mercredi à un accord sur les indemnisations.

Cet accord, immédiatement salué par le président israélien, met fin à de confidentielles négociations tenues sur plusieurs décennies et tombent à point nommé, à quelques jours de la commémoration de l'attaque terroriste, unique dans l'histoire des JO.

Le gouvernement fédéral, ainsi que la région de Bavière et la ville de Munich vont verser 28 millions d'euros aux familles de victimes de cette prise d'otages, qui s'était soldée par la mort de onze athlètes israéliens, a indiqué à l'AFP une source gouvernementale.

"Le gouvernement fédéral salue l'accord avec les familles des victimes", a immédiatement réagi le porte-parole du gouvernement d'Olaf Scholz, Steffen Hebestreit.

Le président israélien Isaac Herzog a exprimé sa "gratitude" envers l'Allemagne pour ces indemnisations en réparation d'une "injustice historique".

Munich 1972 images d'archives

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Documents déclassifiés

Cette question sensible des indemnisations suscitait la colère des familles de victimes, qui jugeaient trop faibles les propositions du gouvernement allemand et menaçaient de ne pas participer à la commémoration de lundi en Bavière.

L'Allemagne s'acquitte de son obligation historique envers les victimes et leurs familles.

L'accord prévoit aussi la mise en place d'une commission d'historiens allemands et israéliens qui devraient avoir accès à des documents jusqu'ici classifiés pour faire toute la lumière sur l'attaque et le fiasco policier.

Avec cet accord, l'Allemagne "s'acquitte de son obligation historique envers les victimes et leurs familles, dans le contexte de la relation spéciale germano-israélienne", ajoute le porte-parole.

Cet accord doit, selon lui, "créer les conditions pour aborder un chapitre douloureux de notre histoire commune, pour le reconnaître comme il se doit et jeter les bases d'une nouvelle culture de la mémoire", espère M. Hebestreit.

Le Mémorial aux victimes de l'attentat de 1972, intitulé « Klagebalken » (barre des plaintes), en granit et créé par le sculpteur allemand Fritz Koenig (1924-2017), au Parc olympique à Munich, le 17 juillet 2022
Le Mémorial aux victimes de l'attentat de 1972, intitulé « Klagebalken » (barre des plaintes), en granit et créé par le sculpteur allemand Fritz Koenig (1924-2017), au Parc olympique à Munich, le 17 juillet 2022 AFP

Menaces de boycott

Les présidents allemand et israélien, Frank-Walter Steinmeier et Isaac Herzog, ont dans la foulée de l'officialisation de l'accord annoncé qu'ils participeraient tous les deux à la cérémonie organisée lundi en Bavière."Je tiens à exprimer ma gratitude pour cette étape importante franchie par le gouvernement allemand qui assume la responsabilité de l'injustice historique commise à l'égard des familles des victimes du massacre de Munich et en assure la réparation", a réagi M. Herzog dans un communiqué.

Les familles des victimes avaient prévenu le 11 août qu'elles boycotteraient les commémorations en Allemagne marquant le 50e anniversaire de la tragédie, jugeant insuffisante une offre de compensation des autorités allemandes.

Elles réclamaient aux autorités allemandes des "excuses publiques" pour "toutes leurs erreurs" et leurs "mensonges" dans cette affaire, "d'ouvrir toutes" leurs archives, ainsi qu'une "juste compensation".

Berlin proposait alors 10 millions d'euros, incluant les quelque 4,5 millions déjà versés en 1972 et 2002, pour un nouveau total d'environ 5,4 millions d'euros pour les 23 membres directs des victimes.

"Ils nous ont dit qu'ils devaient respecter ce que les victimes allemandes de terrorisme reçoivent (...) mais dans notre cas il ne s'agit pas d'une affaire locale dans laquelle le gouvernement allemand n'est pas coupable", avait alors expliqué la porte-parole des familles des victimes, Ankie Spitzer, qualifiant d'"insulte" l'offre allemande.

Sur le même sujet

Dans le rétro : Munich 1972, quand le monde olympique bascule, en direct, dans la terreur

Monde

Articles recommandés pour vous