Cyclisme

5 médailles et de belles promesses, la piste belge est sur les rails en vue des Jeux de Paris

European Championships – Track

© Tous droits réservés

Avec deux titres pour Lotte Kopecky, trois médailles côté masculin et quelques belles prestations, l’équipe belge de cyclisme sur piste a rempli son contrat et a bien alimenté le compteur noir-jaune-rouge aux championnats d’Europe de Munich. Le tout avec un nouveau coach et une équipe jeune. De quoi envisager les années à venir avec optimisme.

Kopecky (26) a gagné l’or en élimination et dans la course aux points. Robbe Ghys (25) a glané l’argent dans la course aux points avant de décrocher le bronze en compagnie de Fabio Van den Bossche (21) en madison. Jules Hesters (23) est aussi monté sur la boîte en élimination. Nicky Degrendele (25), 4e du keirin, a retrouvé des sensations après plusieurs années plus difficiles. Quelques mois après des Mondiaux réussis sur le vélodrome de Roubaix (6 médailles), la piste belge respire la forme. Kenny De Ketele a remplacé le Néerlandais Peter Pieters aux commandes du vaisseau belge. La transition s’est opérée en douceur et le changement de coach n’a pas cassé la bonne dynamique. "On a assisté à un vrai renouvellement et cela s’est bien passé. Avec un nouveau coach et une équipe jeune, les résultats sont intéressants. Ce championnat où certains gros bras avaient fait l’impasse a aussi permis à certains jeunes de prendre de l’expérience en faisant des résultats. Je pense que la fédération tirera des conclusions positives de cet Euro", confirme Gérard Bulens, notre consultant.

Première réussie pour coach De Ketele

Kenny De Ketele a réussi la transition vers le rôle de coach

Pendant sa carrière, De Ketele a bonifié ses équipiers, les a guidés vers les podiums. Le coureur d’Audenarde a été médaillé avec 5 équipiers différents en madison. Pas un mince exploit. En glissant de la piste au paddock, King Kenny a gardé les mêmes qualités. Celles d’un rassembleur et d’un fin tacticien pour qui le partage est une valeur cardinale.

"Ce n’est jamais simple d’arriver à la tête d’une équipe et de s’imposer par rapport à des anciens collègues. De Ketele, qui bénéficiait de leur respect vu son palmarès, a trouvé la bonne formule : un mixte entre ambiance décontractée et sérieux. Il a côtoyé certains coureurs sur la piste et sait donc parfaitement ce qu’il peut attendre d’eux. Il est aussi conscient des spécificités belges. Nous sommes un petit pays avec des petits moyens. En sport, les plus riches s’en sortent souvent le mieux. Mais De Ketele a mené sa carrière avec ces moyens limités et il sait donc comment faire", souligne Gérard Bulens.

Kopecky et la Madison avec Paris dans le viseur

Les Mondiaux de Saint-Quentin en Yvelines se profilent à l’horizon (12 au 16 octobre), mais cette équipe porte déjà le regard vers Paris et ses JO. Dans cette optique-là, il faut signaler qu’une seule des disciplines (la madison) qui a souri aux Belges figure au programme olympique. "Si on vise des médailles aux Jeux – ce qui est l’objectif de tous les pays – il faudra se concentrer sur ces épreuves-là", glisse Gérard Bulens.

A deux ans du rendez-vous parisien, on peut pointer deux réelles chances de podium. La madison chez les hommes et Lotte Kopecky en omnium. Pour la course aux points par équipes, il faudra trouver le complément idéal à Robbe Ghys, très impressionnant à Munich et qui va continuer à se consacrer à la piste malgré son passage chez DSM. Fabio Van den Bossche, Lindsay De Vylder ou Tuur Dens sont autant de possibilités. A De Ketele de former la meilleure paire et de lui permettre d’acquérir un maximum d’automatismes.

Quand on est vice-championne du monde de la discipline et championne d’Europe dans deux (élimination et course aux points) des quatre épreuves qui la compose, on a le droit de se montrer ambitieuse. La gagnante du Tour des Flandres a loupé le podium de peu à Munich (4e). Elle a manqué de jus dans l'épreuve finale et devra se servir de l’expérience de cette saison 2022. "Il faudra pondre un programme et une préparation qui lui permettra d’arriver avec de la fraîcheur aux JO. Elle a vraiment passé un cap sur la route avec son passage chez SD Worx. Elle peut aujourd’hui profiter de son ce bagage sur la piste. Lotte a peut-être fait preuve d’un excès d’ambition en enchaînant le Giro et le Tour de France (des douleurs au dos l’ont poussée à renoncer à la course en ligne, ndlr). Il faudra faire des choix. Le trop est souvent l’ennemi du bien", analyse Bulens.

Les Jeux de Paris s’ouvriront dans un peu plus de 700 jours. Un laps de temps suffisant pour opérer les réglages nécessaires et peaufiner ses armes.
 

Sur le même sujet

Mondiaux sur piste : Lotte Kopecky médaille d’or dans la course à élimination

Cyclisme

Articles recommandés pour vous