Santé & Bien-être

29% des patients covid ont toujours un trouble de l’odorat 2 ans après, mais un espoir thérapeutique existe

Woman Trying To Sense Smell Of Tangerine Orange, Has Symptoms Of Covid-19 Corona Virus Infection

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28 sept. 2022 à 14:27Temps de lecture2 min
Par Guillaume Woelfle avec Belga

D’après une étude menée auprès de 171 patients touchés par le Covid-19 lors de la première vague de mars 2020, 2,9% d’entre eux n’ont toujours pas retrouvé leur odorat deux ans après le début des symptômes. 29% de ces patients ont rapporté que leur odorat restait modifié et ce, malgré la capacité à détecter les odeurs. C’est ce qui ressort d’une publication des résultats de deux années de recherches menées par les Professeurs Lechien, ORL à EpiCURA, professeur à l’UMons et chef de clinique à l’hôpital Foch à Paris, et Saussez, ORL à EpiCURA.

Ceux-ci avaient pu, au cours d’une première étude, mettre en évidence que la perte de l’odorat était symptôme particulier du Covid-19. Il ressort aujourd’hui qu’une absence de récupération deux ans après la survenue du trouble olfactif générée par le Covid-19 peut-être qualifié comme une perte définitive. "On a toujours su avant le Covid que les pertes d’odorat liées à une infection comme une grippe devaient récupérer dans les deux premières années, indique le Professeur Lechien. Ce qui n’était pas récupéré dans les deux ans ne le serait jamais."

L’étude, publiée dans "The Journal of Internal Medicine" et très attendue par la communauté scientifique, permettra une meilleure compréhension de la maladie. Il s’agit, à ce jour, de la première étude rapportant le taux de perte d’odorat à deux ans chez les patients Covid-19 de la première vague.

Un espoir : l’injection de plasma dans le nez

 

Un espoir thérapeutique existe cependant : Epicura a ouvert en 2022 une consultation spécifique où est pratiquée l’injection de plasma riche en plaquettes (PRP) dans la fente olfactive. Cette thérapie pourrait améliorer considérablement le quotidien des patients.

"Ces plaquettes présentes dans le plasma sont très riches en facteur de croissance et de régénération, explique le Professeur Jérôme Lechien. On utilise déjà ce traitement pour les tendinites chroniques ou les pertes des cheveux, mais dans ce cas-ci, on l’injecte à l’endroit dans le nez qui a été blessé par le virus et qui est chargé de détecter les odeurs."

Cette technique développée en partenariat avec le service ORL du CHU Saint-Pierre donne des premiers résultats particulièrement prometteurs, même si cette recherche n’a pas encore pu être objectivée par un groupe contrôle. "Sur les 280 patients à qui nous avons administré ce traitement, 80% ont retrouvé un odorat relativement normal dans les 3 mois qui ont suivi l’injection."

L’objectivation de cette méthode doit encore passer un groupe contrôle mais l’objectif est de publier les résultats de cette méthode à moyen terme pour ensuite répandre cette technique pour l’instant unique en Europe.

 

 

 

 

 

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