22 mars 2016: Karen Northshield, encore et toujours à l'hôpital

Karen : une épreuve qui donne un autre sens à la vie

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22 mars 2019 à 05:00Temps de lecture2 min
Par Justine Katz

Karen Northshield est hospitalisée depuis trois ans. Grièvement blessée dans l’attentat de l’aéroport, elle ne lutte plus pour sa survie, mais pour sa reconstruction. « Je pense que le pire est passé, dit-elle. Bien sûr, il y a aura encore une revalidation, une reconstruction, des opérations. Mais je pense que je peux tout doucement commencer à respirer. »

Le 22 mars 2016, elle devait prendre l’avion pour les États-Unis, quand la première bombe a explosé. Karen Northshield est projetée en l’air. Son côté gauche est perforé, sa jambe blessée. Elle est brûlée en plusieurs endroits. Elle n’entend pratiquement rien. Pour les médecins, ses chances de survivre étaient pratiquement nulles.

Une étape importante : la reconstruction

Karen Northshield a alors entamé le combat le plus important de son existence : celui de vivre. Et elle a tenu le coup. Après une cinquantaine d’opérations, et beaucoup de souffrance, elle va un peu mieux. « L’avenir pour moi, c’est la reconstruction, nous confie-t-elle. C’est un nouveau chapitre qui s’ouvre. On n’est plus dans les infections, les problèmes. Mais quand on vit un trauma de cet ordre-là, les séquelles sont toujours présentes. »

Cette ancienne athlète, professeur de sport et de yoga, ne sera plus jamais la même. Son corps portera toujours les stigmates de l’attentat. Une réalité qu’elle n’arrive toujours pas vraiment à accepter. « Encore aujourd’hui, je me réveille en me demandant, qu’est-ce que je fais dans cet état, ce n’est pas moi, je suis une athlète, je suis en bonne santé. Je fais attention à moi. Je pense que cela prendra encore du temps. »

Je suis une victime de guerre

Karen Northshield se compare à une voiture totalement démolie après un accident. "Pour réparer cette voiture, nous explique Karen, "il faut de l’expertise, des pièces et de l’argent. Pour un corps humain, c’est pareil. Sauf qu’il faut du temps. Un corps on ne le répare pas en un jour. Si j’ai des médecins, du matériel, du soutien et de l’argent, j’y arriverai. Toute seule, je n’y arriverais pas. "

Son avenir l’inquiète. Elle sait qu’elle ne pourra pas subvenir à ses besoins, vu ses nombreux traumatismes. Elle lance un appel au monde politique. « C’est vrai qu’il y a des avancées au niveau de la prise en charge des victimes des attentats, mais encore aujourd’hui il y a des problèmes à régler. Il y a dans la loi actuelle une discrimination entre les invalides de guerre et les victimes d’attentats. Les invalides, les soldats ils peuvent avoir jusqu’à 300% d’indemnités. Alors que les victimes d’attentat sont plafonnées à 100%. Moi ça me concerne particulièrement. Je suis victime d’un acte de guerre. Mais je suis aussi polytraumatisée. J’ai écrit à tous les partis, francophones et flamands, pour leur demander de reprendre ce point dans le programme du futur gouvernement. »

Quelles perspectives d’avenir ?

Petit à petit, Karen se projette dans l’avenir. « J’ai envie de pouvoir tourner la page et d’avancer. Je garde l’espoir de pouvoir reprendre ma vie, et de réintégrer la société. Je me dis que j’ai vécu tout cela pour une raison. Et j’espère pouvoir apporter quelque chose aux autres. »

Mais Karen Northshield sait que son combat n’est pas encore terminé. De nombreuses épreuves l’attendent encore. Personne ne sait quand elle pourra définitivement quitter l’hôpital.

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