Education

2023 sera une année importante pour l’enseignement francophone, du maternel au supérieur

L’année 2022-2023 a bien sûr été marquée par la réforme des rythmes scolaires. Désormais, la rentrée dans l’enseignement obligatoire se fera toujours le dernier lundi d’août et l’année se terminera toujours le premier vendredi de juillet.

Une réforme longtemps laissée dans les cartons

Cette réforme des rythmes scolaires était évoquée depuis une trentaine d’années mais elle n’avait jamais été mise en place même si bon nombre soulignaient sa pertinence. Pour Florian Caulier, jeune enseignant, cette réforme était nécessaire pour les élèves avec des cycles plus réguliers entre chaque congé et deux semaines à la Toussaint et au Carnaval. " Un rythme avec quatre semaines entre deux congés puis dix semaines de cours d’affilée, ça posait problème sur le plan pédagogique notamment. C’est vrai qu’après deux semaines de congé, il faut redynamiser les élèves mais c’est aussi le cas après une semaine mais la différence, c’est qu’après deux semaines d’arrêt, ils sont reposés et prêts à travailler."

Le supérieur pourrait aussi à l’avenir changer de rythme

C’est en tout cas en réflexion avec notamment comme objectif de rendre moins lourdes les années d’études dans le supérieur. Avec aujourd’hui, des sessions d’examen en janvier, en mai-juin et en cas de seconde session, en août-septembre.

Denis Dufrane est directeur-président de la Haute école en Hainaut. " L’idée n’est pas de se caler nécessairement sur le modèle de l’enseignement obligatoire mais plutôt de mieux prendre en considération l’année d’un étudiant dans le supérieur. Beaucoup de périodes de congé correspondent à des périodes de bloc ou des périodes où ils sont sollicités. Sans oublier qu’aujourd’hui en plus, pour des raisons financières, beaucoup d’étudiants ont des jobs."

La réforme du qualifiant suscite des inquiétudes syndicales

La réforme du qualifiant, c’est la réforme de l’enseignement technique et professionnel. Elle s’inscrit dans la durée avec la mise en œuvre du Pacte pour un enseignement d’excellence. Pour rappel, à la rentrée 2029, les premiers étudiants qui auront suivi le tronc commun, c’est-à-dire la même formation et les mêmes cours depuis les maternelles, arriveront en quatrième secondaire. C’est seulement alors que ces étudiants pourront faire des choix d’orientation.

Le but de la réforme du qualifiant rentre dans ce cadre. Avec l’objectif de ne plus faire de l’enseignement technique et professionnel une filière dite de relégation. Le but est également de mieux tenir compte des besoins économiques des régions et de rationaliser les offres d’option pour éviter les concurrences entre écoles d’un même réseau dans une même région.

Une réforme qui entraîne bon nombre de questions au sein des syndicats. Joseph Thonon, président de la CGSP Enseignement. " A priori, nous n’avons pas trop de soucis avec une certaine restriction de l’offre mais ici, on estime qu’elle est trop importante et qu’il  n’y a pas de plan de reconversion pour les quelques profs qui pourraient perdre leur emploi dans une école. On risque aussi de perdre avec cette réforme une offre qui pourrait être intéressante pour des métiers en pénurie et des options pas très fréquentées."

Les régents et instituteurs seront formés en 4 ans dès la prochaine rentrée

En tout cas, c’est ce qui est prévu et cela passe notamment par une collaboration entre les hautes écoles et les universités. Mais une interrogation est d’ores et déjà présente : comment sera perçu ce changement en termes d’inscription dans les études pédagogiques en septembre prochain ? Sachant notamment que jusqu’à présent, il n’est pas prévu de revaloriser financièrement les étudiants qui sortiront en 2027 après quatre années d’études… faute de moyens financiers à la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Pour Annick Castiaux, la rectrice de l’Université de Namur, il faut revaloriser la profession d’enseignant et donc évidemment la formation mais, pour elle, " derrière, sans revalorisation sociétale et financière, on risque de voir des étudiants se détourner de la formation des enseignants car le parcours est plus long et peut-être plus difficile. On est déjà en pénurie d’enseignants et on ne peut l’accentuer car c’est notre société qui est alors en danger."

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