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2018 est la pire année pour les agriculteurs depuis 5 ans

Les agriculteurs en difficulté 2018 aura été une année difficile

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30 déc. 2018 à 14:57 - mise à jour 30 déc. 2018 à 14:571 min
Par RTBF

Sécheresse, crise sanitaire... les derniers mois ont été particulièrement compliqués pour le secteur de l'agriculture. Ils sont nombreux à devoir redoubler d'efforts pour sauver les meubles.

Des journées toujours plus longues

Mary-Louise Rémy est accompagnée de son mari et de ses petites-filles. Ensemble, ils traient les vaches et récoltent le lait. Mary-Louise se lève tous les jours à 5 heures et travaille jusque 20 heures, parfois plus: "Si on a des vêlages, c'est plus tard. Quand ce sont les travaux des champs, c'est encore plus tard. En plus de ça, il faut se farcir la paperasserie administrative... Tous les jours, il y a quelque chose à faire", raconte-t-elle. Elle combine son métier d'agricultrice avec celui de secrétaire, résultat d'une année difficile pour les agriculteurs.

Les betteraves, le prix du blé, les stocks qui sont épuisés parce qu'on a du empiéter sur le stock de nourriture à cause de la sécheresse...

En effet, 2018 est considérée comme la pire année agricole depuis 2013 selon l'office de statistique belge. La baisse de la production n'a pas été compensée par une hausse des prix suffisante. Pour la viande, le prix au producteur du bœuf a baissé de 3 %. Pour le porc c'est encore pire, avec une chute du prix de 18 %. 

Le prix du lait demeure toujours insuffisant, bien que supérieur à ces 3 dernières années : autour des 30 centimes par litre. Enfin, concernant la production végétale, le nombre de pommes de terre commercialisables pourrait baisser de 36 % par rapport à 2017. La production de betterave a quant à elle chuté de 23 %.

Pierre est à la retraite, mais il n'a d'autre choix que d'aider son épouse.

Une chaîne sans fin

Face à ce constat, Pierre, à la retraite depuis septembre, continue à aider sa femme. L'homme de 62 ans n'a pas le choix, car il faut limiter la casse : "On ne peut pas arrêter parce qu'il nous faut finir de payer la banque, les entrepreneurs... c'est une chaîne sans fin", dénonce-t-il.

 

Pour agrandir son exploitation et entretenir ses 200 bêtes, ce couple de passionnés a contracté un prêt de 15 ans, toujours en cours. Autour d'eux, quelques fermes ont arrêtés leurs activités en 2018. Pour Mary-Louise, une chose est sûre, elle exercerait une autre activité si le choix se représentait.

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