1ere semaine du mois d'août, c'est les vacances pour tout le monde donc… On parle de l'allaitement maternel

On ne parlait quasi jamais d’allaitement dans les médias, la semaine de l’allaitement début août change cela

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04 août 2016 à 13:23 - mise à jour 04 août 2016 à 13:23Temps de lecture2 min
Par jwu

Si vous suivez l’actualité en ce début du mois d’août, vous avez remarqué qu’on ne croule pas sous les informations essentielles.

Tous les journalistes le savent : la première quinzaine du mois d’août, " c’est mort " : il faut gratter ses fonds de tiroir pour trouver un sujet à traiter. Enseignants, hommes politiques, travailleurs des ONG, syndicalistes ou simples citoyens, tout le monde est en vacances.

Il n’y a que l’actualité sportive et celle des festivals qui tirent leur épingle du jeu. Mais on ne va pas remplir un journal entier avec cela.

C’est ce qu’ont très intelligemment compris les promoteurs de l’allaitement maternel qui ont eu la bonne idée de placer la semaine mondiale de l’allaitement maternel du 1er au 7 août. Et ça marche : sujet télé sur le brelfie", (contraction de "breastfeeding"- allaitement et de "selfie”), ces photos de femme allaitant en public ; analyse d’un tweet maladroit sur les bienfaits de l’allaitement ; rappel des bienfaits de cette pratique. Cette semaine, on peut trouver des articles sur l’allaitement dans les médias mainstreet. La thématique a pourtant été confinée longtemps au brochures d’informations santé, aux blogs et autres forums de jeunes mamans. Pour sortir de cet ostracisme, il a fallu comprendre et jouer de l’agenda médiatique.

Car oui, de plus en plus, les sujets sont dictés par un espèce de super agenda sorti d’on ne sait où mais que tout le monde suit.

Les premières déclarations politiques un peu musclées puis la rentrée des classes puis la semaine de la mobilit, puis celle du commerce équitable, la journée du refus de la misère, Halloween, St-Nicolas, etc.

Une uniformisation du discours médiatique qui n’échappe à personne. Qui désole les journalistes. Mais qui s’impose un peu plus, chaque année.

Alors " pourquoi ? ", me direz-vous ?

Les causes sont multiples, complexes, entremêlées. La principale est sans nul doute la commercialisation de l’information. Le journal n’est plus là pour informer mais pour se vendre. Avec toutes les conséquences que cela entraîne : réduction des coûts alloués à la fabrication d’une info (avec une réduction drastique du temps notamment) nécessite de ne parler que de ce qui " va marcher " etc.

Il ne reste à la société civile qu’à comprendre cet agenda et à en jouer intelligemment : la semaine sans pesticides devient le printemps sans pesticide pour laisser aux journalistes l’occasion de saisir la perche entre deux actus chaudes et l’Unicef doit se contenter de la période la plus creuse de l’année pour faire parler de l’allaitement.

Christine RUOL

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