# Regards sur l'occupant allemand

Pour comprendre ces hommes qui ont partagé le quotidien des Belges pendant 4 ans!

Carte postale humoristique, les Allemands vus par les Belges et les Alliés  - Collection privée, Nicolas Mignon ©

Carte postale humoristique, les Allemands vus par les Belges et les Alliés - Collection privée, Nicolas Mignon ©

En août 1914, les premières vagues de soldats allemands vont marquer tristement l'Histoire en ravageant la Belgique et en massacrant des centaines de civils dans plusieurs villes et villages. Énervés par la résistance de la petite Belgique, les soldats enragés vont se venger sur les populations civiles en organisant des prises d'otages, des exécutions, des incendies et des pillages de villages entiers.

Du jour au lendemain, la Belgique acquiert le statut bien mérité de martyre aux yeux du monde entier et les gestes de soutien se multiplient. La légende des francs-tireurs sert d'alibi tout au long de la guerre aux généraux allemands pour justifier l'impardonnable et l'Allemagne toute entière se ralliera pour un temps derrière ses généraux et leurs troupes pour l'intérêt supérieur de la patrie. Ces "barbares" passeront et iront s'enterrer dans les tranchées pour faire place à d'autres soldats, venus occuper le pays conquis pour un temps que chacun espère le plus court possible.

Mais ces hommes resteront finalement quatre longues années. Ils s'installeront dans les villes et les villages belges, réquisitionneront les écoles, les casernes, les hôpitaux et tous les autres édifices publics pour y organiser leur occupation. Ils mettent rapidement en place le régime qui remplacera le gouvernement belge en exil tout au long de la guerre. Les hommes sont répartis le long des voies ferrées, sur la frontière néerlandaise et dans les cités. Si ce ne sont pas les mêmes soldats que ceux qui ont accablé la population civile lors de l'attaque, ils arrivent néanmoins, bercés par les légendes de civils armés jusqu'aux dents, avec la ferme conviction du caractère rebelle de la population. Leur hiérarchie est décidée à mater les civils et à faire respecter les lois, désormais allemandes, pour ne pas ralentir l'effort de guerre.

Les civils belges, comme les soldats allemands, pensent que ça ne durera pas, que la guerre se réglera en quelques mois, qu'ils pourront très vite retrouver pour les uns leur fils parti au front, pour les autres leur famille laissée outre-Rhin. Car les soldats qui viennent occuper la Belgique ne sont pas les jeunes hommes ivres de combats qui se font face sur l'Yser, ils sont pour la plupart pères de famille et ont déjà un travail bien établi. En effet, ils ont presque tous plus de 35 ans, leur service militaire date d'il y a plus de 20 ans et ils ont été obligés de quitter femme et enfants pour faire leur devoir en Belgique.

Cela jouera beaucoup dans les relations qu'ils vont développer, après 4 années de côtoiement quotidien, avec la population belge. Si la barrière de la langue reste une entrave certaine à la communication, et si le commandement restera le plus souvent ferme envers les civils, il ne pourra pas empêcher toute une série d'échanges entre occupants et occupés. L'enlisement des hostilités, l'éloignement des êtres aimés mais surtout la faim provoqueront des rapprochements, souvent intéressés, sans jamais néanmoins qu'on assiste à de réelles fraternisations.

Tentons de mieux les connaître, apprendre qui étaient ces hommes qui ont partagé pendant 4 ans le quotidien et parfois les soucis des Belges de l'époque...

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