# Peindre, chanter et jouer pour tromper l'ennui au front

James THIRIAR, "Au feu de la rampe", crayon et aquarelle, Flandre, 1916  - Musée royal de l'Armée et d'Histoire militaire, N° Inv. KLM-MRA : 803729 ©

James THIRIAR, "Au feu de la rampe", crayon et aquarelle, Flandre, 1916 - Musée royal de l'Armée et d'Histoire militaire, N° Inv. KLM-MRA : 803729 ©

S’il est bien un aspect de la Première Guerre mondiale auquel nous pensons rarement en imaginant la vie quotidienne des soldats au front, et spécifiquement dans les tranchées de l’Yser, c’est bien l’aspect artistique. Et cela, alors même que nombre d’artistes belges ont non seulement servi dans les rangs de l’armée mais aussi produit, durant le conflit, un nombre considérable d’œuvres encore méconnues du grand public ou tout simplement contribué à remonter, un tant soit peu, le moral des soldats... En effet, fin de l’année 1914, cela fait quelques mois déjà que l’armée allemande a pénétré le territoire belge. Les troupes du roi des Belges Albert Ier, après avoir inondé les plaines aux alentours de l’Yser, sont désormais confinées sur une fine bande de terre au nord-ouest de la Belgique. De Nieuport à Ypres ainsi qu’au-delà de la frontière française, la ligne de front se stabilise : de chaque côté, on creuse un réseau de plus en plus sophistiqué de tranchées souvent surélevées et fortifiées, on s’observe, on attend. Pendant les quatre années que durera ce conflit, Belges et Allemands camperont littéralement sur leurs positions car les rares offensives se révèlent finalement plus meurtrières pour les attaquants que pour les attaqués... Quatre longues années donc, oscillant entre calme relatif et angoisse réelle, dans les rangs belges. Une période de foisonnement artistique aussi, puisqu’entre deux tours de garde ou deux corvées, les soldats jouent aux cartes, rédigent leurs précieux journaux de guerre, écrivent à leur famille. Les peintres, eux, parcourent en solitaire l’arrière front de l’Yser pour en croquer les paysages de ruines ; tandis que les musiciens et les comédiens donnent des concerts et des spectacles de théâtre dans les cantonnements ou dans les hôpitaux de l’armée en campagne.

Publicité