# Les missions allemandes : la défense aérienne, les prisonniers et les réfugiés

Extrait d'une carte postale  - Tous droits réservés ©

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À côté des grandes missions demandant la majorité des hommes, les bataillons de Landsturm (soldats d'occupation) sont appelés à mener des missions d'importance secondaire, principalement en lien avec les régions occupées, telles que le transport de prisonniers français ou comme, imposées à tous, des formations à la grenade ou aux masques à gaz.

En 1918, les trains prennent la direction de la Suisse, remplis de civils français déplacés par le conflit.

Des missions diverses qui changent le quotidien

En fonction dès le 15 décembre 1914, le camp d’entraînement et de recrutement de Beverloo accueille un grand nombre de Landsturm venus s’y exercer. Éloignés de leur bataillon d'origine, beaucoup de soldats profiteront de leur passage dans ce camp pour tenter de déserter.

Les Landsturm sont amenés à effectuer des exercices nombreux et variés. Au tout début de la guerre, on y apprend à tirer, à faire des rondes, des patrouilles, mais aussi l'organisation militaire, les devoirs de chaque soldat, les services de police dans les grandes villes. Cela permet de remettre à niveau les hommes pour qui le service militaire est un lointain souvenir ou ceux qui n'en ont simplement jamais effectué.

Au fur et à mesure de l'avancée du conflit, les formations s'adaptent aux nouveaux besoins. En 1915, les hommes y sont envoyés suivre des cours de conduite de train, des formations pour devenir sous-officiers ou commandants de compagnie. Les officiers juridiques et sanitaires y reçoivent également des formations. Des cours de police continuent à être organisés, en particulier pour les nouveaux arrivants. En 1916, les formations de Gruppenfuhrer subsistent et les hommes viennent apprendre à se servir de mitrailleuses, ces leçons s'adressant plutôt aux compagnies gardant la frontière. En 1917, en sus des exercices de garde ferroviaire, on cherche à former les Landsturm aux nouvelles techniques de combat. Les formations visent désormais les combats à la grenade, à la mitrailleuse ou les confrontations avec les aéroplanes. Enfin, en 1918, les formations sont axées sur les attaques au gaz. On apprend aux hommes à s'en prémunir mais aussi à rester actifs durant ce genre de combat. Certains sont envoyés à Berlin pour se former. Une fois revenus, ils apprennent aux autres à tirer avec un masque à gaz sur le visage.

Les troupes stationnées en Belgique participent régulièrement aux transports de prisonniers vers l’Allemagne. Avant 1917, les convois de soldats capturés proviennent principalement du front et chaque bataillon doit détacher pour cette tâche un officier, deux sous-officiers et une quinzaine d'hommes en moyenne chaque semaine. Après 1917 et le règlement sur le travail obligatoire en Allemagne pour les chômeurs, ces mêmes trains sont remplis de prisonniers civils belges. Des convois de 15 à 20 Belges partent plus d'une fois par semaine en direction du camp de Paderborn, en Rhénanie du Nord. Enfin, en 1918, ces trains prennent également la direction de la Suisse, remplis de civils français déplacés par le conflit. Plusieurs milliers de réfugiés sont aussi déportés vers la Belgique avec l'avancée de troupes allemandes. Ils sont très bien accueillis dans un premier temps mais les sources allemandes rapportent que les relations avec les Belges se refroidissent avec la mise en place d'un rationnement alimentaire. Les Français sont sans travail, à l'exception de ceux qui sont employés par les Allemands, ils sont perçus comme des paresseux et sont régulièrement victimes d'arnaques mises en place par les populations locales. Leur retour vers la France en passant par la Suisse est à l'origine d'une certaine tension au sein de la population belge. En effet, au début de l'automne, l'armée allemande bat en retraite, en déportant systématiquement les populations qu'elle rencontre. Les Belges craignent d'être emmenés en Allemagne, où leur situation serait alors difficile, si le front devait continuer à reculer sans que la paix ne soit signée. Les Landsturm commencent en effet à creuser des retranchements dans la région mais cette stratégie ne fait pas long feu. Tous les espoirs de la population sont alors tournés vers une victoire rapide des alliés.

Il ne faut pas oublier la plus horrible des tâches : les bataillons du centre-ville doivent accomplir la lourde mission de fusiller les condamnés à mort. Ces exécutions sont opérées par des hommes toujours différents et les compagnies se relaient.

Enfin, dans certains cas, les bataillons de Landsturm mettent en place des patrouilles dans les bois pour arrêter les braconniers, organisent l'abattage des chênes de plus de 35cm de circonférence pour envoyer le bois au front. Ils ont aussi pour tâche de cueillir la camomille, les fleurs de tilleul, de rassembler la laine, des meubles dont le Haut Quartier Général va pouvoir bénéficier à son installation à Spa, ils récoltent aussi le cuivre et le laiton. Par ailleurs, suite à la grève judiciaire belge, ils sont chargés de recueillir les plaintes et d'en assurer le suivi.

 

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