# Le dieu des armées : religion et foi sur le front belge

7 septembre 1917.
Devant la Basilique Notre-Dame-du-Rosaire de Lourdes, des soldats belges posent pour une photo-souvenir, en compagnie de quelques aumôniers, officiers et religieuses.  - Collection privée, Nicolas Mignon. ©

7 septembre 1917. Devant la Basilique Notre-Dame-du-Rosaire de Lourdes, des soldats belges posent pour une photo-souvenir, en compagnie de quelques aumôniers, officiers et religieuses. - Collection privée, Nicolas Mignon. ©

" Seigneur, vous qui êtes appelé le Dieu des armées, protégez la patrie dans la lutte qui menace son indépendance et sa foi ". Ainsi débute une prière pour l’armée belge, éditée à Liège en 1915. " Dieu des armées " : compte-tenu du fait que pendant la Grande Guerre chaque camp espère voir Dieu l’aider à l’emporter, cette formule au pluriel est plutôt ironique ! Mais les soldats belges n’ont pas envie de rire. Comme leurs ennemis, ils souffrent quotidiennement, dans leur chair et dans leur âme. Ils ont bien conscience que leurs adversaires adressent à Dieu exactement les mêmes demandes qu’eux, comme l’écrit à l’époque Maurice Gilles (alias l’écrivain belge Maurice Gauchez) :

 

" Et les mêmes espoirs, et les mêmes prières

Aux mêmes clairs instants vont vers le même Dieu

Et l’on ne sait vraiment de quel coin de la terre

Monteront les premiers de ces mots jusqu’aux cieux ".

 

Cela n’a que peu d’importance. Pour les croyants, tenir sans l’aide de Dieu est souvent impensable. Pour les combattants qui ne croient pas, la guerre est parfois l’occasion d’une conversion – momentanée ou durable – ou au contraire d’une confirmation de leurs convictions. Quoiqu’il en soit, dans cette longue épreuve d’un peu plus de quatre ans, la foi (ou son absence) va jouer un rôle important dans le vécu des Belges sur le front de l’Yser.

Délivre-nous du mal

Le best-seller incontesté de la littérature de guerre belge est Mes Cloîtres dans la tempête, un livre de souvenirs de l’artilleur Edouard Lekeux – Frère Martial en religion, car il est franciscain. Le lecteur peut y découvrir une Grande Guerre remplie de signes et d’interventions divines plus ou moins directes, de positions miraculeusement épargnées par les tirs ennemis à des obus non explosés – par exemple devant une statue de la Vierge Marie… Il est tentant – et juste dans une certaine mesure – d’y voir un exemple extrême. Mais si Martial Lekeux est particulièrement lyrique, les témoignages de guerre qui font état de l’action salvatrice de Dieu sont nombreux chez les soldats croyants. On les retrouve dans des souvenirs édités, des carnets et journaux intimes inédits ou encore des récits qui ont circulé oralement dans les familles de certains anciens combattants.

 

Le soldat Gustave Tiberghien, profondément catholique, acquiert assez tôt dans la guerre la conviction que sa foi le protège. Il l’affirme au début de novembre 1914 dans une lettre à sa famille : " une balle s’arrêta entre ma capote et ma veste, une autre vint entrer entre le canon et le manchon de mon fusil. Déjà quelques jours avant, une balle traversant le parapet fit ricocher un caillou que je reçus violemment sur la tête. Et les obus qui tombent à quelques mètres de moi sans me toucher… tout cela prouve que la Providence veille sur moi grâce sans doute aux bonnes prières que toute la famille [fait] pour me conserver la vie. De mon côté, je suis toujours confiant dans l’issue de la guerre et grâce à Dieu, je reviendrai sain et sauf auprès de vous ".

 

Ce passage témoigne bien sûr aussi de la volonté de Gustave de rassurer ses proches, et peut-être également de les encourager à continuer de prier pour lui. Mais le ton est identique dans son carnet, par exemple lorsqu’il se trouve pris un mois plus tard dans un bombardement : " les obus et les shrapnels tombent. Il y en a cinq qui sont tombés autour de ma tranchée sur 10 m². Un obus est tombé juste au pied de ma tranchée. Je crois que ma médaille et mon scapulaire m’ont protégé ".

La guerre va donner à de nombreux autres soldats la sensation d’avoir reçu la grâce divine, dont la preuve ultime est d’avoir été épargné par Dieu. Celui-ci se voit donc conférer, en temps de guerre, une fonction de protection contre la mort – pas seulement celle du combattant, mais aussi celle de ses proches, surtout s’ils vivent sous la botte allemande en pays occupé. Dès le conflit, cette vision d’un Dieu " paratonnerre " fait l’objet de nombreuses critiques, non seulement de la part du clergé mais de certains combattants eux-mêmes. Le lieutenant belge Louis Boumal fait son mea culpa à son épouse, dans un texte qui ne sera publié qu’après sa mort en octobre 1918 : " Au cantonnement, je me levais à l’aube pour chercher l’église, entendre la messe. Je m’apaisais ainsi. Je pensais : j’ai trop prié, je ne mourrai pas aujourd’hui. Ce sont mes fautes cela, mes fautes de soldat ; il faut vois-tu, qu’on me les pardonne. Puis un jour, j’ai compris que ma prière était mon tremblement devant la mort ". Du point de vue de l’Eglise catholique, l’inconvénient de ce besoin de se rassurer à tout prix contre la mort est qu’il amène les combattants à des pratiques religieuses parfois peu orthodoxes.

Je pensais : j’ai trop prié, je ne mourrai pas aujourd’hui.

« Priez pour nous pauvres pêcheurs » : intercesseurs divers et superstitions

Comme leurs alliés et adversaires, les militaires belges font en effet souvent flèche de tout bois pour écarter le danger. L’usage qui est fait des médailles des saints ou de la Vierge, des chapelets ou des scapulaires diffère peu de celui des amulettes ou fétiches… La frontière entre foi et superstition est donc à la fois ténue et poreuse.

 

On voit ainsi des textes du XIXe siècle reprendre du service, comme l’apocryphe " Prière très efficace de l'Empereur Charles-Quint à la Sainte Croix et à la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ ". Elle était supposée protéger du service militaire, elle protégera désormais contre la mort : " O Sainte Croix du Christ, détournez et écartez de moi toutes les armes tranchantes et les armes à feu. […] détournez de moi tous les périls de la mort ; et assistez-moi, lorsque mon corps sera en danger. Je vous adorerai pendant toute la durée de ma vie. 0 Jésus Crucifié de Nazareth, ayez compassion de moi, pour que les méchants ennemis, visibles et invisibles, s'éloignent de moi, dès à présent et jusqu'à l'éternité. Ainsi-soit-il. […]­".

 

Du point de vue de l’Eglise catholique, prier est évidemment à la fois légitime et fortement encouragé. En revanche, coudre une prière dans son uniforme (ou manger la feuille sur laquelle elle est imprimée), la réciter d’une manière particulière (à telle heure, un certain nombre de fois, à jeun, etc.) pour en obtenir un effet " garanti " est une hérésie, tout comme participer à une " chaîne de prières ". Le but n’est alors plus de faire acte de foi envers Dieu mais de recueillir un avantage grâce à la " magie " d’un rituel… pas très catholique. Mais si la distinction entre foi et hérésie est peut-être claire dans l’esprit des théologiens, elle est en revanche extrêmement floue pour la majorité des soldats. Ceux-ci croient souvent de toute bonne foi (c’est le cas de le dire) respecter les préceptes de leur religion.

 

L’Eglise catholique critique parfois la " religiosité " du front comme une émanation de la peur et l’oppose à une " spiritualité " pure et désintéressée. Les autorités religieuses elles-mêmes encouragent pourtant indirectement le phénomène. Elles fournissent en grand nombre aux soldats des breloques, médailles, scapulaires ou chapelets, tout en sachant qu’ils en font souvent un usage peu conforme au dogme. Le volontaire de guerre Grégoire Wauthier écrit ainsi, en août 1915 : " Ce matin à la messe l'aumônier nous a donné des médailles remplaçant le scapulaire il était temps car le mien n'était plus qu'une loque ". Un aumônier se réjouit de l’usage des chapelets qu’il a distribués : " J’en ai vu qui disaient leur chapelet dans la bataille ; j’en ai vu qui l’entouraient autour du poignet pour partir à l’assaut ; j’en ai vu qui le serraient dans leurs mains au moment de tomber ". Le journal de Gustave Tiberghien, quant à lui, signale le 27 avril 1915 qu’un ecclésiastique leur distribue des médailles religieuses… et l’intendance des masques à gaz ! Les breloques religieuses deviennent ainsi des pièces d’équipement parmi d’autres.

Les médailles portées par les combattants renvoient le plus souvent à des figures d’intercesseurs : des saints, des saintes et surtout la Vierge. Le XIXe siècle est le siècle marial par excellence, et la Grande Guerre prolonge donc une longue tradition. Parmi les apparitions de Marie, celles qui auraient eu lieu à Lourdes en 1858 sont certainement les plus importantes par leur postérité. En 1914, cette localité est devenue depuis longtemps un lieu de pèlerinage international. Pendant le conflit, l’aumônerie militaire belge décide de promouvoir Lourdes comme lieu de congé pour les soldats belges. Une permission dans la petite ville des Pyrénées est considérée comme une alternative intéressante au voyage à Paris, trop souvent synonyme de débauche aux yeux des autorités religieuses. En décembre 1916, Gustave Tiberghien reçoit ainsi de son aumônier un bon pour se rendre à Lourdes ainsi qu’une somme de 10 francs pour le voyage. Il s’y rend à deux reprises, en janvier et en juillet 1917. Il n’est pas le seul : l’historien Alain Colignon estime à 45.000 le nombre des soldats belges qui séjournent à Lourdes pendant la Grande Guerre, soit environ 1 homme sur 8, une proportion considérable. Le " Foyer du Soldat belge " de Lourdes est situé " Chemin du Paradis "… Tout un programme !

 

En ce qui concerne les saints et les saintes, la Belgique n’a pas d’équivalent de Jeanne d’Arc (qui ne deviendra sainte qu’en 1920, mais fait déjà l'objet d’un culte important en France). En l’absence d’une figure religieuse aussi martiale, les Belges s’orientent plutôt vers des saints locaux ou les patrons et patronnes de leur profession. Sainte Barbe veille ainsi sur les mineurs et les artilleurs, Saint Eloi sur les ouvriers métallurgistes, etc. Un saint sort toutefois du lot : Saint Joseph. Il cumule en effet deux qualités intéressantes pour les soldats belges, comme saint protecteur de la Belgique et patron de la " bonne mort ", c’est-à-dire une mort qui permet d’accéder au Paradis. D’où son succès…

La Terre promise

Les saints et saintes ne sont pas seulement des intercesseurs vers lesquels on peut se tourner pour trouver aide et conseil. Pour les combattants belges, ils rappellent aussi le pays qu’ils ont dû laisser derrière eux (au sens restreint du terme : pays de Charleroi, etc.), ainsi que leurs proches de Belgique occupée. Ceux-ci sont-ils simplement encore vivants ? La lenteur avec laquelle les nouvelles circulent – quand elles le peuvent – soumet les militaires et les civils à rude épreuve. Aussi n’est-il pas étonnant de voir Gustave Tiberghien penser systématiquement à souhaiter bonne fête à ses proches dans son carnet. Le 15 juillet 1916, il écrit par exemple : " Saint Henri. Je souhaite une bonne et heureuse fête à mon cher frère. Je lui souhaite de ne pas trop souffrir de l’invasion ". Il n’oublie pas son père le 9 septembre, jour de la Saint Omer, ni sa mère le 15 août pour l’Assomption de Marie.

 

Au-delà des fêtes des saintes et des saints, les fêtes et célébrations religieuses au sens large offrent aux combattants des points de repère au sein de la grande tourmente. En détruisant la normalité, le rythme des travaux et des jours, la guerre génère un chaos sans fin d’où n’émergent qu’à grand-peine quelques éléments stables, comme la messe du dimanche. Le lieutenant Englebert Decrop écrit dans son carnet son étonnement le 17 novembre 1914 : " Monsieur l’Aumônier vient de passer et me dit que c’est dimanche aujourd’hui. J’ai d’abord cru qu’il voulait plaisanter mais il m’a montré un journal du jour même et alors j’ai dû me rendre à l’évidence. On ne s’en douterait pas que c’est dimanche ! Les jours qui se suivent et se succèdent, se ressemblent tellement, on est tellement éloigné de toute vie habituelle, qu’on perd totalement la notion des jours et des dates ! ". Les messes ne servent pas seulement de point d’ancrage dans le présent, elles relient aussi celui-ci au passé tant regretté. " La musique joue un air de procession, me rappelant les processions de mon enfance à Nieuport ", écrit encore en mai 1915 Englebert, qui est originaire de cette ville.

 

Les moments les plus propices au souvenir et au rappel du temps de paix sont bien sûr les grandes fêtes, traditionnellement vécues en famille. Gustave Tiberghien éprouve une grande nostalgie le 6 décembre 1916 : " Saint-Nicolas. Où est le bon temps de mon enfance ? Toute ma jeunesse me repasse dans la tête ! ". Quelques jours plus tard, à Noël, la messe de minuit est l’occasion de se rappeler " le bon temps d’autrefois ". Le bruxellois Grégoire Wauthier regrette quant à lui fréquemment de ne pouvoir passer ces moments avec sa famille, bloquée en Belgique occupée : " Demain c'est la Pentecôte il est écrit que je passerai toutes les fêtes dans les tranchées : la Toussaint, la Noël, le Jour de l'An et la Pentecôte. Ce sera bien la première fois que je n'assiste pas à la messe ces jours-là ", écrit-il en mai 1915. La messe devient alors symbole de la normalité que l’on aspire à retrouver.

Que Ta volonté soit faite

Mais la guerre sans fin retarde sans cesse le moment des retrouvailles. La religion est alors un moyen de donner sens à cette souffrance qui s’éternise. Pour les autorités catholiques, rien n’arrive sans la volonté de Dieu. La guerre est donc expliquée – par exemple dans la lettre pastorale " Patriotisme et Endurance " du cardinal Mercier – comme une expiation nécessaire. Dans cette logique doloriste, la souffrance des soldats devient rédemptrice, elle rejoint celle du Christ. Le front n’est plus perçu comme un lieu d’horreur, mais un endroit où l’on reçoit la grâce, et où l’on peut trouver Dieu dans le dénuement. Il est douteux que cette rhétorique ait pu convaincre grand-monde sur l’Yser, tant elle est mise à mal par la triste réalité que le reste du XXe siècle ne fera que confirmer : si la souffrance élève parfois, elle avilit le plus souvent.

 

En revanche, le rapprochement entre la souffrance de Jésus en croix et celle des combattants trouve souvent un écho chez les combattants, y compris chez certains non-croyant. Le Christ est alors perçu comme un frère de douleur dans lequel on peut se reconnaître, d’où l’attention particulière que reçoivent les crucifix et mises en croix des lieux de culte situés sur la ligne de front. Fréquemment mutilés par les obus, ils sont réinstallés et mis à l’abri par les combattants dans les tranchées elles-mêmes. La mort du Christ, c’est aussi un peu la mort de soi…

L’aumônier nous dit de réciter un acte de contrition. Il nous donne également l’absolution. Le moment est grave. Nous marchons résolument et nous prions les amis de prévenir la famille en cas de malheur. Nous partons pour un assaut.

On ira tous au paradis ?

La mort est constamment présente sur le front belge. Face à cette menace et à la peur qui paralyse, la foi peut être d’un certain réconfort. Le 1er octobre 1914, pendant le siège d’Anvers, l’unité de Gustave Tiberghien est choisie pour participer à une attaque : " L’aumônier nous dit de réciter un acte de contrition. Il nous donne également l’absolution. Le moment est grave. Nous marchons résolument et nous prions les amis de prévenir la famille en cas de malheur. Nous partons pour un assaut ". Celui-ci n’aura finalement pas lieu… Ce ne sera pas la dernière fois que Gustave demandera à Dieu le pardon de ses péchés ! Quatre ans plus tard (à un jour près !), sous un barrage d’artillerie pendant l’offensive finale, il écrit à nouveau : " il y a très peu de blessés. Il n’empêche que j’ai récité mon “acte de contrition” ". Bien d’autres combattants prennent la même précaution, comme le médecin militaire Paul De Backer, qui la mentionne deux fois en 1917 dans son carnet.

 

La peur de la mort n’amène bien sûr pas tous les militaires à se tourner vers Dieu. Des soldats athées tiennent fermement à ne pas renoncer à leurs convictions, même (ou justement surtout) à la toute fin de leur vie. Les sources sont beaucoup moins prolixes à ce sujet, mais heureusement quelques mentions subsistent, comme la correspondance de deux volontaires belges, Paul Heuson et Jean Bolle. Grièvement blessé à l’été 1916 dans le bombardement de son abri, Paul explique à Jean qu’il était persuadé de mourir : " j’étais prêt à trépasser tout en conservant assez bien la clarté de mes idées : c’est ainsi que j’ai refusé le “ministère dévoué” d’un aumônier militaire ! ". Commentaire d’autant plus précieux pour l’historien qu’il est rare. Les critiques de la religion sont peu fréquentes dans les témoignages. La foi, si importante dans ceux des soldats catholiques, est simplement totalement inexistante chez ceux de leurs camarades non-croyants.

 

Pour les uns comme pour les autres, faire face à la mort d’un compagnon de lutte est une épreuve terrible. A l’annonce d’un décès, prier est souvent l’une des premières réactions. Le sergent belge Louis Stainier perd son cousin Franz sur le front en janvier 1918 : " Une poignante émotion me saisit et je récitai quelques prières ". Quand la victime est un proche, certains ne peuvent d’ailleurs imaginer faire face à l’évènement, sans la consolation qu’apporte l’espoir de la résurrection. Albert Cartuyvels de Collaert écrit ainsi ses impressions, lorsqu’il arrive au chevet de son frère Pierre mort en octobre 1918 : " Que deviendrait-on sans la foi dans de pareilles épreuves ? […] Une dernière prière, de l’eau bénite, adieu Pierrot. Quel chagrin ! ".

 

La messe en l’honneur d’un camarade mort réunit souvent beaucoup de soldats, en ce compris ceux qui n’ont pas l’habitude d’assister aux offices religieux. Le grenadier Gustave Groleau, croyant mais relativement peu pratiquant, explique ainsi sa présence à la messe du 12 novembre 1916 : " On pouvait alors se rendre à la messe. J’y assistais également, car elle est dite plus spécialement à l’occasion de notre ami Georges Cauchy tombé en brave ". Le dimanche le plus proche du 2 novembre, jour des morts, les églises sont souvent prises d’assaut. Gustave doit renoncer en 1917, alors qu’il avait finalement décidé de s’y rendre : " il n’y avait pas moyen d’entrer. Il fait archicomble ". Si les églises sont pleines, à cette occasion, c’est aussi parce que la mort d’un proche fait toujours penser à sa propre mort… Théo Fleischman, futur premier présentateur de la radio belge, en est bien conscient quand il écrit, à propos de l’enterrement d’un de ses camarades artilleurs : " Mon Dieu ! accueillez Driessens, comme vous accueillerez chacun de nous, à l’heure où nous serons appelés, accueillez Driessens qui n’a que dix-neuf-ans ".

 

Et que deviennent-ils tous, ces hommes parfois si jeunes, tombés pour leur pays ? Le texte le plus connu du cardinal Mercier, " Patriotisme et Endurance ", donne une réponse surprenante : " la mort chrétiennement acceptée assure au soldat le salut de son âme ". Désiré-Joseph Mercier est trop bon théologien pour ne pas émettre quelques réserves à ce sujet, mais cela ne l’empêche pas de récidiver quelques lignes plus loin : " telle est la vertu d’un acte de charité parfaite, qu’à lui seul il efface une vie entière de péché. D’un coupable, sur l’heure, il fait un saint ". Rien que cela ! Ce texte est une bombe à retardement. Que vont faire les soldats, s’interrogent certains aumôniers, s’ils pensent réellement que s’ils meurent au combat tous leurs péchés leur seront remis ? Il faut faire marche arrière. En 1917, le chef de l’aumônerie catholique, Mgr Marinis, condamne cette interprétation. Comme l’écrit l’historienne Sophie De Schaepdrijver, " elle pouvait en effet être interprétée comme un permis de débauche ". Et la débauche, ce n’est pas ce qui manque sur le front belge !

Et ne nous soumets pas à la tentation

Nous sommes le 1er novembre 1914, c’est la Toussaint. La bataille de l’Yser s’est achevée hier. Parmi les rescapés, Gustave Groleau assiste à une messe, en cette veille du jour des morts : " L’église était comble ; la guerre ramène à Dieu d’anciens croyants égarés ; j’en suis presque du nombre mais je suis heureux d’y revenir ". Changement de décor. 30 mois plus tard, en avril 1917, le même Gustave Groleau écrit encore : " Dans le bois, à côté de nous, déjà l’aumônier Coen récite la messe ; il est entouré de beaucoup de soldats. La guerre a ramené bien des hommes à leurs croyances primitives. Heureux changement au milieu de tant de misères ! ".

 

La guerre ramènerait-elle les hommes à Dieu ? C’est en tout cas ce que claironnent de nombreuses personnes, à commencer par les autorités ecclésiastiques… Gustave Groleau répète ce slogan sans trop réfléchir, alors qu’il est bien placé pour en connaître les limites. La guerre dure en effet plus de 50 mois, et pendant ce temps Gustave note soigneusement les messes auxquelles il se rend (36) et d’autres qu’il mentionne mais sans y assister (56). Si les secondes sont plus nombreuses que les premières, c’est que la pratique religieuse de Gustave fluctue dans le temps. S’il pratique plus assidûment au début et à la fin du conflit (alors qu’il est grièvement blessé et doit demeurer à l’hôpital), il fréquente plus rarement les églises pendant la plus grande partie de la guerre de tranchées. Cette situation lui pose clairement un cas de conscience, puisqu’il prend la peine de noter dans son carnet les nombreux offices manqués, ainsi que les raisons pour lesquelles il ne s’y est pas rendu. Il eut été plus simple pour lui de ne rien écrire du tout ! En réalité, Gustave Groleau cherche surtout à se donner bonne conscience. Les arguments sont en effet le plus souvent assez faibles (" je ne pouvais y assister, je faisais ma toilette ")…

 

Comme de nombreux autres soldats, Gustave subit de plein fouet la démoralisation progressive induite par cette guerre sans fin. La ferveur des troupes n’est pas constante : comme en Belgique occupée, elle suit apparemment les fluctuations du moral, avec une baisse sensible en 1916-1917. Les messes au front sont donc loin de drainer systématiquement les foules. Dès l’été 1915, les petits verres bus après la messe ont droit à autant d’attention dans le carnet de Gustave que le service divin lui-même. Et à partir de 1916, la tournée des cafés remplace purement et simplement ce dernier. Le 9 juillet par exemple, Gustave écrit : " Nous avions l’idée de nous rendre à la messe, mais on se borna à faire tous les cafés du village ". La semaine suivante, il récidive : " On avait l’intention de se rendre à la messe, mais en cours de route, on faisait fausse route et on rentrait dans tous les cafés du village ". L’alcool est un fléau sur le front belge, et touche aussi bien les officiers que les soldats. Les aumôniers ont beau donner à tour de bras des conférences sur l’alcoolisme, la lutte est inégale. La misère matérielle et spirituelle, la peur, le spleen, le manque d’affection et de divertissement, tout concourt à chercher dans l’alcool un peu de réconfort, qui se mue en besoin chronique.

 

Et s’il n’y avait que l’alcool… Mais les aumôniers doivent aussi faire face à l’explosion de la prostitution et son corollaire, les maladies sexuellement transmissibles. Le rôle joué par les permissions dans la capitale française est bien connu. Sophie de Schaepdrijver a rappelé que derrière le front, " no Paris goan " (naar Parijs gaan) signifiait couramment " avoir des rapports sexuels "… Le quartier de la gare du Nord, où les Belges arrivent et repartent, est l’endroit le plus problématique. La tentation est forte surtout à la fin de la permission : démoralisés, les soldats sont alors plus susceptibles de dépenser auprès des prostituées l’argent qu’il leur reste. L’idée qu’ils peuvent mourir dès leur retour fait beaucoup pour atténuer la peur des maladies vénériennes. Certains d’entre eux espèrent même en contracter une, qui leur permettra d’être hospitalisé et d’échapper momentanément au front. Si Paris est un haut lieu de la prostitution pour l’armée belge, toute petite localité à portée des combattants fait l’affaire. Le médecin Paul De Backer, momentanément posté au camp d’entraînement de Mailly avec sa division, découvre ainsi qu’au village d’à côté il " existe une maison de tolérance avec 14 femmes, ce qui est déplorable pour la morale de nos hommes qui y vont par centaines par jour "… Plusieurs combattants font mention d’un estaminet du secteur de Lo, à qui ses sept serveuses ont valu le nom de " Aux Quatorze Cuisses ". Ah! qu'en termes galants ces choses-là sont mises…

 

Non, décidément, on peut difficilement soutenir que la guerre mène à Dieu. Mois après mois, l’usure fait son œuvre. Dans son poème " Prière de soldat ", Maurice Gauchez imagine le dialogue d’un soldat qui va mourir et de l’un de ses camarades :

" Et si maman demande : “Et sa mort fut chrétienne ?”

Tu mentirais, mon vieux, pour rassurer sa foi,

Et c’est mon âme à moi répondant de la tienne

Qui porterait dans l’au-delà ce dernier poids ".

 

Même les combattants très croyants n’en peuvent plus, et tous traversent à un moment ou à un autre une crise spirituelle. Louis Boumal l’avoue sans ambage : " Je me disais : “Dieu, s’il était Dieu, ferait un miracle”. Nous étions des milliers et des milliers encore à souffrir dans la boue et l’eau, à mourir sans gloire, couchés tout à coup sur le sol. Je voyais toute cette douleur immense, anonyme ". Pourtant, malgré ses " passages à vide ", Louis n’abandonnera pas ses convictions religieuses. Il n’est pas le seul.

Je me disais : “Dieu, s’il était Dieu, ferait un miracle”. Nous étions des milliers et des milliers encore à souffrir dans la boue et l’eau, à mourir sans gloire, couchés tout à coup sur le sol.

Entre conviction et divertissement

Le journal du Mouscronnois Gustave Tiberghien est un document précieux pour approcher le vécu religieux d’un soldat croyant, qui parvient à pratiquer sa foi en dépit du fait qu’il n’a jamais été muté à l’arrière. Jusqu’au 11 novembre 1918, Gustave Tiberghien mentionne dans son carnet au moins 127 messes auxquelles il a participé. Il prend également note d’une dizaine d’offices religieux supplémentaires, auxquels il déplore n’avoir pu se rendre, en général pour des raisons pratiques. Il cite également explicitement une dizaine d’occasions où il se confesse, de préférence juste avant de communier, ainsi qu’une vingtaine de moments de prières, qui ne représentent certainement qu’une petite partie de sa pratique religieuse. A la libération, Gustave a l’impression d’en recueillir les fruits : " Jamais je ne pourrai exprimer la joie que je ressens en revoyant ainsi tous les miens en bonne santé. Les prières que chacun a adressées à Dieu ont été exaucées. Aussi je n’ai jamais manqué à mes devoirs de chrétien et je me promets bien d’y être encore plus fidèle à l’avenir ".

 

La pratique religieuse de Gustave pendant la guerre est clairement dans la continuité de celle qui était la sienne en temps de paix. Mais d’autres soldats ont clairement modifié leurs comportements, comme le montre le carnet du soldat volontaire Maurice Fasbender, analysé par l’historien Benoît Amez. Maurice assiste régulièrement aux offices – quatre fois par semaine quand il le peut. Il récite son chapelet, se fait entendre en confession. Et pourtant, avant la guerre, il n’était guère pratiquant.

Tous les " paroissiens " de l’Yser sont-ils aussi motivés ? Si la foi est un incitatif puissant, bien d’autres motivations jouent leur rôle. La messe peut être un rite superstitieux qu’il faut accomplir, même machinalement, plutôt par crainte superstitieuse. Elle est aussi un " spectacle " qui rompt la monotonie de l’existence au front. Gustave Groleau écrit ainsi, un dimanche de juillet 1915, qu’" Il n’y a rien à faire. Avec Hyppolite, je me rends à la messe à Bray-Dunes. La messe finie, je vais prendre quelques verres et regagne ensuite le cantonnement ". La messe plutôt que l’ennui… En 1918, blessé et à l’hôpital, il retrouve cet état d’esprit : " Le matin, je me [rends] à la messe à la petite chapelle. Je n’ai d’ailleurs rien d’autre à faire. Il faut passer le temps le plus agréablement possible. Les messes ici se font toutes en musique et sont bien gentilles ". L’accompagnement musical est mentionné par plusieurs soldats et joue clairement un rôle attractif. On peut penser que la présence de célébrités joue parfois le même rôle, notamment à La Panne : Gustave Tiberghien signale ainsi en 1917 la présence du roi des Belges et de son fils Léopold lors d’une messe à laquelle il assiste.

 

La présence ou l’absence à la messe, enfin, est parfois simplement le reflet de l’attitude des officiers. Certains parmi ceux-ci, farouchement antireligieux, utilisent un vieil artifice des casernes d’avant-guerre en plaçant certaines activités le dimanche matin : " A la Compagnie, c’est à croire qu’ils le font exprès de nous empêcher d’assister à la messe dominicale car on nous commande inspection et puis solde ", déplore Gustave Tiberghien en novembre 1916. Mais l’inverse est aussi vrai : des officiers catholiques donnent parfois à la messe un caractère " officiel ". Gustave Groleau s’en plaint en août 1917, comme d’une nouvelle pratique scandaleuse : " A 9 h, j’entendais une sonnerie qui m’était inconnue. C’était le début de “Aux champs”, suivi du “Rassemblement”. Je demandai des observations et appris que c’était pour annoncer la messe. Quoique catholique, j’étais révolté. Comment, à l’armée il n’est permis de discuter ni politique, ni religion, ni langues et, parce qu’un aumônier règne en maître, on viendrait installer une telle chose. C’est scandaleux ! Pourquoi froisser ceux qui ne croient pas et les amener ainsi à faire des critiques, critiques qui ont toujours leurs discussions, leurs réponses. J’étais en colère et les polémiques allaient leur train ".

 

Au final, il faut se garder de l’illusion de pouvoir sonder " les reins et les cœurs ". Les historiens n’ont accès qu’aux pratiques et aux discours, ce qui se passe dans la conscience de chacun leur est à jamais inaccessible… Une chose est certaine : juste avant l’offensive finale, en septembre 1918, les messes bénéficient clairement d’un regain d’intérêt.

La blessure qu’on fit soi-même est une horrible blessure. Lorsque la conscience est en repos, et très calme, il y a tout de même quelque chose qui saigne en soi et qui gémit : “Tu as mal fait”.

Comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ?

" Tu ne tueras point ". Comme les autres religions du Livre, le catholicisme contient une tension en ce qui concerne l’interdit du meurtre : s’adresse-t-il à l’individu ou à la collectivité ? Est-il absolu ou conditionnel ? De la non-violence des origines du christianisme à la légitimité de la guerre juste (c’est-à-dire menée pour une juste cause, sous la conduite d’une autorité légitime, avec des moyens proportionnés à l’offense), l’éventail des doctrines est large et permet de nombreuses prises de position.

 

En ce qui concerne les autorités religieuses belges, les choses sont toutefois claires. La phrase la plus connue de la lettre pastorale " Patriotisme et Endurance " du cardinal Mercier est sans conteste celle-ci : " La religion du Christ fait du patriotisme une loi : il n’y a point de parfait chrétien qui ne soit un parfait patriote ". Le ton est donné. La cause de la Belgique, petit pays neutre envahi par un grand voisin en qui il avait confiance, se confond avec celle de la Justice. Participer à la défense de la patrie est donc non seulement légitime, mais impératif pour le bon chrétien.

 

Peu de Belges sont en désaccord sur la question de la justesse d’une guerre défensive. Mais cela n’empêche pas les cas de conscience en ce qui concerne la légitimité de la mort donnée. Les combattants non-croyant ont d’ailleurs beau jeu de dénoncer la confusion totale entre le patriotisme et la foi, embrigadée et parfois dénaturée. Maurice Gauchez fait de cette question un poème, qu’il intitule " Les foules assassines ", et dans lequel il se présente comme un soldat qui tue sans bien savoir s’il pêche ou s’il accomplit son devoir :

" Et comme on m’a prêché, mon Dieu, que tu m’approuves ;

On a dit à ces gens que ma haine poursuit

Que ton bras les protège et que ton œil les suit

Et je voudrais savoir où ton pardon se trouve ? ".

 

Les croyants eux-mêmes se posent beaucoup de questions. Le jeune adjudant Louis de Lalieux décrit ainsi sa participation à une contre-attaque du 22e régiment de ligne, qui reprend un avant-poste conquis par les Allemands : " J’ai mon chapelet et mon browning dans la main ; je n’oublie aucun détail, car dans ces moments-là on a une extrême lucidité et point de trouble : c’est comme un criminel au moment d’agir, ainsi que le remarque justement Tolstoï ". Si le passage ne transpire pas la culpabilité, le rapprochement avec la figure du criminel n’en est pas moins gênant. Albéric de Fraipont, patrouilleur le plus célèbre de l’armée belge et fervent catholique, ne cache pas ses cas de conscience face à son activité sur le front, qui l’a amené à tuer à plusieurs reprises : " La blessure qu’on fit soi-même est une horrible blessure. Lorsque la conscience est en repos, et très calme, il y a tout de même quelque chose qui saigne en soi et qui gémit : “Tu as mal fait” ". Non, décidément, il n’est pas si facile de faire taire sa conscience, avec ou sans autorisation du clergé. C’est sans doute là pour nous une pensée réconfortante, en ce début de XXIe siècle où guerres et religions n’ont pas fini de s’entremêler, pour le meilleur et surtout pour le pire.

Sources Cliquez pour voir les sources

Travaux

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Sources éditées

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Archives

Correspondance de guerre de Grégoire Wauthier, Archives de la famille d’Hoop-Descampe.

Musée Royal de l’Armée : dossier NNR 114.

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