# La propagande belge à l'étranger

Avant 1914, il était courant d’appeler la Belgique par le vocable de "nation à intérêts limités"...

Carte postale de propagande belge  - Tous droits réservés ©

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En effet, là où la France, l’Allemagne ou la Grande-Bretagne pouvaient se targuer d’une tradition nationale séculaire, certains considéraient ce jeune royaume né en 1830 comme une sorte d’entreprise, dont les Bruxellois, incarnés par l’image du "Beulemans", seraient des boutiquiers étriqués, sans passion et prêts à toutes les négociations, pourvu qu’elles impliquent un dividende coquet. Or, le Premier conflit mondial va injecter une fibre nationale, sinon nationaliste, et, aux yeux de certains, quasi romantique, à la Belgique. Elle semble désormais habitée par une âme et par des principes.

En août 1914, le roi des Belges Albert 1er en appelle au respect du droit international face à la volonté allemande de "passer" par la Belgique, afin de parer à une fictive attaque de l’armée française. Ce respect du droit, ce combat de David contre Goliath, caricaturé à l’envi par les chroniqueurs du monde entier, croque une nouvelle image de la Belgique. Celle du pays qui se défend pour des principes. Et, chose inédite jusqu’alors, celui d’un pays qui a " le droit d’exister ". Le siège de la ville de Liège et la défense déterminée de ses forts, en août 1914, contribuent à nourrir l’image d’Epinal. Les écoles primaires nourriront les futures générations de ces épisodes pétrifiés sans attendre dans une légende nationale. Puis, les pays étrangers vont s’emparer de cette poor Little Belgium: la vedette Prima Dona vendra des pommes sur lesquelles le nom de "Belgium" sera inscrit, sur Broadway, la France saluera la défense de Liège par la remise de la Légion d’honneur à la Cité ardente, tandis que l’Italie, encore neutre en août 1914, accueillera néanmoins les conférences pro-belges de Jules Destrée et de Georges Lorand, et ne tardera pas à rentrer dans le conflit.

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