# Introduction

Sous l'occupation  - Tous droits réservés ©

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En août 1914, après le rejet de l'ultimatum allemand par le roi des Belges Albert Ier et le gouvernement belge, l'Allemagne envahit la Belgique et en octobre elle en occupe la presque entièreté. Si chaque belligérant pense encore que la guerre ne durera pas, il est hors de question, pour l'état-major allemand, de ne pas organiser méthodiquement le terrain conquis. Il serait en effet très dangereux de ne pas contrôler totalement un territoire qui se trouve désormais derrière les lignes allemandes et qui doit voir passer les renforts en hommes, nourriture et matériel nécessaires aux combats.

Si dans les premières semaines les provinces sont administrées par les troupes qui les ont conquises, il apparaît rapidement évident qu'un organisation plus générale doit être mise en place. Un premier gouverneur général est nommé fin août 1914. Il sera rapidement suivi, en novembre, par celui qui gardera le pouvoir, pendant plus de 3 ans, sur la destinée des Belges, le général von Bissing.

L'organisation globale de l'administration du Royaume est conservée dans un premier temps, pour éviter de trop brusquer la population civile. Chaque province a un gouverneur militaire et si les ministères gardent leurs prérogatives et leurs missions, elles sont effectuées sous le contrôle très strict de l'armée allemande. Des Allemands sont dépêchés dans cet unique but à Bruxelles, pour dominer tout le système administratif et imprimer la marche à suivre auprès des occupés.

Mais rapidement, la nouvelle administration allemande va se lancer dans l'adage "diviser pour mieux régner". Von Bissing, qui laissera à la postérité un testament pour la Belgique où il décrit sa vision à long terme, se lance dans une grande politique destructrice. La Belgique, qui a développé un sentiment patriotique sans précédent dans son Histoire et s'est rassemblée comme un seul homme derrière son armée, son Roi et son gouvernement, doit être décousue pour mieux être cadenassée. Dans son plan pour la Belgique, von Bissing voit la Wallonie, comme le nord de la France, servir de réservoir de main-d’œuvre et de matières premières et la Flandre comme un protectorat plus germanique et donc plus assimilable au giron allemand.

Le gouvernement lancera alors sa Flamenpolitik avec, dès 1916, la "néerlandisation" de l'Université de Gand et un certain soutien politique aux nationalistes flamands qui participeront activement à la mise en place, en 1917, des premières institutions régionales. Toute l'administration sera scindée en 2 régions linguistiques bien distinctes une wallonne et francophone basée à Namur et l'autre flamande basée à Bruxelles. Le Brabant sera lui aussi séparé en deux et divisé entre les deux régions.

Si le gouverneur général allemand reste à la direction des opérations pour toute la Belgique occupée, on ne peut pas vraiment parler de fédéralisation comme nous la connaissons aujourd'hui : tous les ministères sont divisés, et les lois seront désormais différentes entre les 2 régions linguistiques. En novembre 1918, lors de la restauration du pouvoir belge sur l'entièreté du territoire, ces mesures seront déclarées nulles et les ministères retrouveront, pour quelques dizaines d'années encore, leur singularité.

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