# Introduction

L'évolution de la médecine tout au long du conflit

Une arrivée de blessés à l'hôpital de Poperinghe (1917)  - Collection privée, Monsieur Antoine DELVAUX ©

Une arrivée de blessés à l'hôpital de Poperinghe (1917) - Collection privée, Monsieur Antoine DELVAUX ©

La citation de l'historien belge Francis Balace qui voulait paraphraser le commentaire du premier alunissage : "Deux pas en arrière pour l’humanité, mais un pas de géant dans le progrès médical", résume à elle seule l’impact de la Grande Guerre sur la médecine. Si les hommes rivalisent d’ingéniosité pour anéantir leurs adversaires, d’autres mettent tout en œuvre pour sauver leurs semblables. La médecine n’a jamais autant progressé qu’avec les conflits armés. Face à l’afflux des blessés et à la diversité des blessures, les médecins de la Première Guerre mondiale doivent redoubler d’efficacité et de techniques.

Entraînée malgré elle dans ce conflit, la Belgique constate très vite ses nombreuses carences, notamment au niveau médical. En 1914, il existe deux organismes chargés de s’occuper des blessés en temps de guerre: le Service Santé de l’armée et la Croix-Rouge. Le premier doit en principe soigner les blessés sur le champ de bataille et les évacuer pour les confier à la Croix-Rouge. Celle-ci, quant à elle, a pour mission de fournir le matériel et le personnel nécessaires à la pratique médicale.

Lorsque la guerre éclate, aucune des deux institutions n’est capable d’offrir les services minimums qui leur sont confiés. Sclérosés par la bureaucratie militaire et les traditions, ces deux organismes laissent une Belgique fortement dépourvue de moyens. Face à ce constat dramatique, l’improvisation et la débrouillardise des Belges permettent de pallier à ces manquements.

Au début du XXe siècle, le savoir médical en Belgique n’est cependant pas à la traîne. Les futurs médecins reçoivent une formation de qualité, dispensée par de talentueux spécialistes. Parmi ceux-ci, le "prophétique" Antoine Depage. L’histoire retiendra surtout son œuvre essentielle: L’Océan, cet hôtel de La Panne qui se transformera sous son génie en hôpital de grande chirurgie. Véritable territoire d’émulation scientifique, L’Océan deviendra un modèle international où se côtoieront d’innombrables médecins internationaux.

La médecine de 14-18 n’a plus beaucoup de points communs avec celle des guerres précédentes. Tout au long du conflit, elle ne cessera de s’améliorer. La Belgique sera le terrain d’expériences redoutables qui deviendront tristement célèbres. C’est entre autres dans notre pays que les Allemands réussiront la première attaque au gaz de l’histoire. Pour combattre cette nouvelle arme, les médecins du monde entier devront fortement collaborer. Le médecin est sans doute le dernier rempart de la civilisation. Ce scientifique aura le recul le plus important sur la guerre. Sa mission étant de soigner à tout prix, il n’y aura plus de "bons" ou de "mauvais" à ses yeux, mais simplement des hommes ravagés par les atrocités du conflit. La médecine ne se contentera pas de soigner les blessés ; elle tentera de redonner des traits humains aux personnes qui auront tout perdu.

La guerre verra naître de nouvelles méthodes et conceptions médicales qui auront un impact relativement important et durable sur la médecine que l’on connaît actuellement. Fallait-il un conflit aussi meurtrier pour bénéficier de toutes ces avancées médicales ? Nul ne saurait le dire. Quoiqu’il en soit, bien que cette guerre ait poussé la médecine à se surpasser, la médecine mettra en avant l’horreur avec laquelle les belligérants s’emploieront à tuer et elle incitera ceux-ci à arrêter ce massacre.

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