# Le terme "poilu" utilisé pour qualifier les soldats français, principalement, signifie avoir du courage! Quand "avoir du poil" rime avec virilité…

Le terme "poilu" utilisé pour qualifier les soldats français, principalement, signifie avoir du courage! Quand "avoir du poil" rime avec virilité…  - Collection privée, Madame Betty Fabry ©

Le terme "poilu" utilisé pour qualifier les soldats français, principalement, signifie avoir du courage! Quand "avoir du poil" rime avec virilité… - Collection privée, Madame Betty Fabry ©

Le terme "Poilu" est devenu un incontournable de la Grande Guerre. Il y a quelques années, les rares anciens combattants encore vivants étaient qualifiés de "derniers Poilus", et nombreux sont les livres sur le conflit qui l’utilisent dans leur titre. Le mot est pourtant plus problématique qu’il n’y paraît, a fortiori si on prétend l’utiliser dans un contexte belge.

Contrairement à une croyance largement répandue, le mot "Poilu" n’a aucun rapport avec la difficulté de se raser dans les tranchées et l’apparence prétendument hirsute des soldats. Aucune armée n’aime le laisser-aller dans la tenue et les masques à gaz ne s’accommodent pas de barbes négligées. Les combattants de la Première Guerre mondiale ne sont donc mal rasés qu’exceptionnellement, lors des affrontements qui empêchent longtemps toute relève des hommes (ce qui est rare dans le cas belge, sauf lors de la bataille de l’Yser ou de l’offensive finale). Le mot est en réalité bien plus ancien que 1914 puisqu’il est déjà utilisé en France à l’époque napoléonienne. "Etre un poilu", "avoir du poil" signifie ne pas avoir froid aux yeux : une fois de plus, la pilosité est synonyme de virilité. Le mot fait son chemin dans certaines casernes françaises au XIXe siècle et va obtenir un grand succès pendant la Grande Guerre. Mais ce succès est ambigu : dans un premier temps, le combattant français ne s’appelle pas lui-même "Poilu". Ce sont les civils, les journalistes, bref les non-combattants qui utilisent d’abord le terme, en hommage à leurs défenseurs. Ceux-ci vont soit rejeter "Poilu", comme un mot artificiel, soit l’adopter pour recueillir le respect qu’il suscite à l’arrière. Mais il garde longtemps un côté livresque et peu naturel et les soldats français utilisent fréquemment des termes plus neutres comme "les hommes" ou "les bonshommes".

En savoir plus

Publicité