# Nieuport et la ligne de front

Nieuport fut la première ville du front occidental de la Première Guerre mondiale qui s'étendait sur 700 km, entre la mer du Nord et la Suisse. C'est aux abords de la petite cité côtière que démarraient les 40.000 km de tranchées de la ligne de front.

Nieuport et la ligne de front  - Picasa ©

Nieuport et la ligne de front - Picasa ©

L'emplacement de l'imposant monument du roi des Belges Albert 1er à Nieuport, à l'embouchure de l'Yser, a été choisi en raison du rôle stratégique joué par ce fleuve dès les premiers mois de la Grande Guerre. Dans l'arrière port de Nieuport, le complexe d'écluses et de vannes dit de "La Patte d'oie" régulait depuis la fin du XIXe siècle le niveau de l'eau dans le bassin de l'Yser. Ce sont les 6 voies d'eau convergeant à cet endroit qui ont donné son nom à cette portion de terrain.

 

A la fin du mois d'octobre 1914, les Belges vont ouvrir ces écluses et ces vannes à marée montante et les fermer à marée descendante pour laisser l'eau envahir les polders et obliger ainsi les troupes allemandes à se cantonner sur la rive droite de l'Yser.

 

C'est ainsi que, début novembre 1914, la guerre de mouvement est devenue une guerre de position. Jusqu'en septembre 1918, le front va se cristalliser autour de cette zone inondée allant de Nieuport à Dixmude.

 

Dans ce terrain marécageux, la fameuse "Boue des Flandres" décrite par l'écrivain Max Deauville, dans laquelle les soldats s'enfoncent parfois jusqu'au ventre, va devenir l'ennemi commun des belligérants des 2 camps, jusqu'à la fin de la Grande Guerre.

 

Durant la guerre, Nieuport et ses alentours ont été terriblement endommagés. À partir de 1919, le tourisme du souvenir de guerre s'y est développé : la visite la plus remarquée fut celle du président américain Wilson. Parmi les traces de guerre encore visibles dans la ville et autour de celle-ci, il y a les bunkers de Ramskapelle, ainsi que le Bommenvrij et la Duvetorre, des monuments protégés.

 

Le Bommenvrij est une ancienne poudrière construite en 1820 : c'est le seul bâtiment de Nieuport qui a résisté aux bombardements de la Première Guerre mondiale. Il jouxte la Duvetorre, qui est en fait la ruine de l’église Saint-Laurent datant du XIIIe siècle. Bombardée en 1917, la tour n'a conservé qu'un tiers de sa hauteur d'origine.

En savoir plus

  • Lire : "NIEUPORT 1914-1918", de Robert Thys, réédition en cours du titre original édité en 1922 ; "La Boue des Flandres", Max Deauville, et "Nous serons derrière" de Maurice Lejeune (récit d'un simple gendarme belge sur le front de l'Yser), 3 ouvrages en cours de réédition aux Editions De Schorre, www.deschorre.net
Isabelle Masson
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