# Dixmude, le Boyau de la Mort

A Dixmude, le site du Boyau de la Mort permet de visiter les dernières tranchées du front belge de la Première Guerre mondiale. De terribles combats y ont opposé les Allemands et les Belges. Ces tranchées ont été créées après que le front se soit stabilisé dans la plaine de l'Yser inondée, et que, les Belges aient pris position derrière la digue du chemin de fer de Nieuport à Dixmude. Dans ce secteur, seuls l'eau et les marais les séparaient alors des Allemands qui restaient à proximité de l'Yser et occupaient une tête de pont sur sa rive gauche, autour de tanks à pétrole. Les Belges ont alors tenté de prendre cette position stratégique en creusant, à partir de mai 1915, des tranchées sur la rive gauche de l'Yser.

Dixmude, le Boyau de la Mort  - Tous droits réservés ©

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Les travaux de construction et de réparation des dégâts causés par les combats se faisaient durant la nuit. La nature du sol rendait le travail difficile et les tranchées instables. On utilisa alors des sacs de sable pour stabiliser les parois. Le dispositif comptait 2 tranchées parallèles de 400 m de long. Il s'ouvrait par la Redoute du cavalier, une sorte de petit fort à 2 niveaux, puis se prolongeait par une tranchée avant - de combat - et une tranchée arrière - de support. Tout au long de la sape, on trouvait des postes d'observation et des abris. A sa tête, 2 abris d'observation et 1 poste de tir formaient ce qu'on appellera la souricière, et faisaient face aux ruines du bunker allemand.

A cet endroit, les 2 camps n'étaient distants que d'une cinquantaine de mètres. Les combats acharnés qui ont eu lieu sur ce lopin de terre ont donné son nom au Boyau de la Mort.

Après la guerre, la plupart des tranchées et des trous d'obus de l'ancien front, en Flandre Occidentale, ont été rebouchés. Le Boyau de la Mort fut un des rares sites témoins que l'on a décidé de conserver... Il devint rapidement une destination courue des premiers touristes des champs de bataille...

La conservation des tranchées a demandé quelques aménagements. L'érosion et le pourrissement de matières telles que le bois ont rendu nécessaires des travaux de consolidation. C'est ainsi que les sacs de sable ont été remplacés dès 1924, par des sacs remplis de ciment. On doit au Touring Club de Belgique d'avoir empêché que le site ne soit détruit en 1927 pour réaliser une route. L'Armée belge en a assuré l’entretien jusqu'en 1940. Lorsque la Seconde Guerre mondiale est survenue, elle a fait disparaître définitivement la plupart des sites conservés en mémoire de la Première. Le Boyau de la Mort échappa à cette disparition, et fut à nouveau remis en état après-guerre par le Touring Club et l'Armée belge. Depuis 1994, c'est le ministère de la Défense qui assume la responsabilité de la gestion du Boyau de la Mort.

En savoir plus

La page consacrée au Boyau de la Mort sur le site du Musée Royal de l'Armée et d'Histoire militaire : http://www.klm-mra.be/klm-new/frans/main01.php?id=collecties/dodengang

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