# L'armistice du 11 novembre 1918 et les lendemains de guerre

Quand les armes se taisent à l'heure fixée par les parties, le 11 novembre à 11h, ce n'est pas encore la paix : elle sera signée le 28 juin 1919 avec le Traité de Versailles, mais c'est la fin des hostilités. La fin de quatre longues années de guerre.

Carte postale 'La retraite allemande'  - Collection privée M. Freddy Billet ©

Carte postale 'La retraite allemande' - Collection privée M. Freddy Billet ©

 

Chacun des belligérants reste néanmoins sur ses gardes, prêt à réagir à la moindre provocation. Pour la population et pour les soldats, c'est à la fois une délivrance et une souffrance. Une délivrance car on va pouvoir retrouver ses proches, un soldat survivant, revenir au pays. Une souffrance car les pertes humaines sont considérables sans parler de l'impact de la guerre sur la vie économique et sociale du pays. Ce jour devient de facto jour de deuil car on se rappelle de ceux qui se sont battus pour ce jour et qui, pourtant, ne l'auront pas connu. Le soulagement étreint les familles qui n'auront plus à craindre un funeste télégramme. L'heure est également aux soins, que les blessures physiques ont engendrés sans parler des séquelles psychologiques qui seront moins connues mais tout aussi présentes.

 

Dans l'immédiat après-guerre, la date souvenir de l'armistice va se vivre dans la douleur et la sobriété. Dans un grand silence également. Les blessures sont encore fraîches, les conséquences sociales de la perte des hommes également. C'est un moment solennel où l'on se recueille. Un grand silence plane sur le pays. Ce sentiment va aller crescendo avec l'inauguration des monuments aux morts qui permettront d'avoir un lieu collectif où se rassembler et où évoquer les disparus et leur courage. Ce sentiment va perdurer jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.

La Seconde Guerre va évidemment chambouler la manière dont on va se souvenir du premier grand conflit mondial. La résistance va reprendre à son compte la symbolique du 11 novembre pour montrer que les victimes de 14-18 ne sont pas oubliées.

Les commémorations vont reprendre après la Seconde Guerre, amplifiées par le sentiment de victoire d'après-guerre!

Avec le temps qui nous éloigne des deux guerres, on assiste à de moins en moins de ferveur. Bien sûr les monuments aux morts restent mais veillés par les anciens de moins en moins nombreux.

Heureusement les commémorations du centenaire attirent à nouveau l'attention sur le premier conflit mondial et permettent d'expliquer aux plus jeunes le pourquoi de ce jour férié. Ceci est d'autant plus important que le dernier combattant belge de 14-18; Cyril-Camille Barbary, nous a quittés en 2004 à l'âge de 105 ans.

Ici et là, les cérémonies reprennent de la vigueur et se faisant, unissent différentes générations, dans le souvenir non seulement des hommes qui ont donné leur vie pour libérer le pays mais également de l'impact que la Grande Guerre a eu dans leurs vies et la nôtre.

 

En savoir plus:

 

La fin de la guerre et la retraite, par François Giet

L'armistice: une guerre finie trop tôt! archives de la Sonuma

La retraite allemande en cartes postales

Les monuments aux morts en cartes postales

Marie Cappart
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