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Pour Charles Michel, il y a trop d'élus en Belgique !

Charles Michel dit qu’il veut réduire le nombre de ministres dans ce pays. Il y en a 53 au total. Est-ce que c’est possible de les réduire et qui peut décider de ça ?

En Belgique, il y a 53 ministres, 467 parlementaires, 14.029 conseillers communaux et provinciaux. Charles Michel veut entamer le mouvement à la baisse. Il espère que tous les partis feront preuve de modération en 2019. En suivant l’exemple du fédéral : 14 ministres et 4 secrétaires d’État.

Jean Faniel président du CRISP, Centre de recherche et d'information socio-politiques, explique qu'il y a des règles et une certaine forme d'arbitrage. "La constitution prévoit un nombre maximum de 15 ministres avec une parité linguistique". Démographiquement, il y a plus de néerlandophones, on leur attribue des postes de secrétaires d'État, ces postes ne sont pas soumis à la parité linguistique. "C'est une balance d’apothicaire" dit-il. 

Mieux répartir les matières ministérielles

À la question serait-il possible de diminuer le nombre de ministres sans mettre en péril le travail à effectuer, Jean Faniel prend un exemple. Lorsque Joëlle Milquet était encore ministre à la communauté française, elle avait un portefeuille avec 3 matières : la culture, l'accueil de la petite enfance et l'éducation. De l'autre côté, René Colin gérait juste les infrastructures sportives. Quand Joëlle Milquet et René Colin ont démissionné, leurs matières ont été réparties plus équitablement. Le nombre de ministres n'a pas changé, mais les compétences ont été réparties de manière plus équilibrée. 

Rassembler le budget et les finances ? 

Dans les communautés et les régions, la fonction de ministre du budget et celle de ministre des finances sont exercées par une seule et même personne. Au fédéral, il y a une autre philosophie. Il y a un ministre pour chaque matière. L'un fait rentrer l'argent, le ministre des finances, l'autre doit surveiller comment l'argent est dépensé, le ministre du budget. Jean Faniel rappelle tout de même que les masses financières et budgétaires sont autrement plus conséquentes au niveau fédéral. 

L'architecture institutionnelle est en cause

Pour Jean Faniel, président du Crisp, les francophones n'ont pas trop de ministres, c'est le paysage institutionnel qui est différent. À un moment de l'histoire de la Belgique, on a voulu des institutions dans les régions et les communautés. Du côté flamand, on a fusionné la région et la communauté. Du côté francophone, on n'a pas fusionné la région wallonne et la communauté française. "Cela s'explique par la démographie. Un Flamand sur 50 habite à Bruxelles tandis qu'un francophone sur 5 habite à Bruxelles. Fusionner la région wallonne et la Communauté française léserait les Bruxellois francophones" explique Jean Faniel.