M Pokora "entertaine" Forest National sur les traces de Cloclo

M Pokora "entertaine" Forest National sur les traces de Cloclo
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M Pokora "entertaine" Forest National sur les traces de Cloclo - © Tous droits réservés

M Pokora a passé son week-end à Forest National pour chanter les chansons de Claude François. Trois représentations : vendredi, samedi, dimanche. Trois salles blindées pour ce My way tour.

Le choix de Forest National prend tous son sens lorsque l’on sait que Claude François s’y est produit à plusieurs reprises au début des années 70, peu après la création de la salle.

L’album My way est un énorme succès, dépassant les 400 000 ventes en francophonie. Matt Pokora porte donc ces titres vers une nouvelle génération qui les découvre et, après Robin des Bois, élargit une nouvelle fois son public. La salle forestoise était ce week-end le rendez-vous des familles.

Vu ce succès, Matt peut se permettre d’interpréter l’album dans son entièreté, entamant après le tombé de rideau, sur Magnolias for ever. Costume clinquant, light show poussé au maximum et danseuses (les MP’s) gonflées à l’énergie. Le public venu aussi pour les titres de Matt n’en aura droit qu’à une poignée : On est là, Voir la nuit s’emballer, Elle me contrôle, Le monde, et Juste une photo de toi. Basta.

Parmi les jolis moments, on retiendra avant tout 17 ans. Un titre moins connu de Claude François qui évoque le temps de l’adolescence. Sobrement habillé, Pokora l’interprète devant trois écrans où sont projetés de jolis dessins soulignant le texte, dessins qui s’intègrent dans la gestuelle de Matt (ou vice-versa). Avec ce tableau, Matt prouve qu’il peut aussi chanter l’émotion.

Pokora a aussi eu l’excellente idée de rendre hommage à la Tamla Motown. Ce courant musical a énormément été adapté par Claude François en français. Les reprises de Mickaël Jackson, Earth wind and fire et cie s’intègrent parfaitement dans le show.

Comme toujours, le partage avec le public est bien présent. Lors de chaque passage à Bruxelles, Matt remercie le public belge qui ne l’a jamais lâché et pour ce My way tour, il fait même monter une fille du public pour s’intégrer à ses danseuses. Dimanche, Camille a vécu LA journée de sa vie. Pour participer au show, il lui a fallu répondre à quelques questions sur Cloclo et sur Matt. Vous imaginez le sujet qu’elle maitrisait le mieux ? Pas besoin de vous faire un dessin. Pokora tchatche avec elle, parfaitement à l’aise. Même s’il se reproduit chaque soir avec une personne différente, ce moment fait vrai. Camille aura même droit à sa rose en redescendant de scène.

Une dizaine de musiciens performent aux côtés de M Pokora. Et fort heureusement, la section de cuivres est présente tout au long du spectacle, assurant un bien meilleur son que celui de l’album. Hormis le single Cette année-là, on avait trouvé le son de l’album trop cheap. En salle, certes, le son va trop fort mais les paroles sont audibles. Ce qui n’était pas le cas sur les premières dates belges du RED tour au Palais 12.

Quelques bémols quand-même… La mise en scène est par moment trop chargée. Entre le light show, les projections, les doubles vidéos de Matt en fond de scène, les triangles lumineux qui se déplacent, les cinq ou six changements de costumes, sans compter les performances des danseuses, on frôle l’indigestion. Visuellement, les plus jolis moments sont les moments plus sobres. Le RED Tour était plus nuancé.

On aurait aussi aimé davantage de chansons chorégraphiées pour Matt. Quant aux deux moments de présentation des danseuses, ils manquent de classe et sont trop suggestifs. Un mauvais point avec les enfants présents dans la salle.

Pour revenir au positif, on épinglera encore Le monde, interprété en fond de scène, au piano, dans un décor étoilé. Et un My Way, en smoking, qui prouve que Pokora sait chanter. Sa puissance semble d’ailleurs s’être encore développée.

Matt ne gardera pas son smoking très longtemps, faisant tomber la veste pour le final. Avant que les MP’s ne viennent lui arracher sa chemise. S’affiche alors en fond de scène des images de Claude François, torse nu, tournoyant, comme Matt à l’avant-scène. Deux générations différentes mais semblables qui n’auront eu qu’un seul but : vendre du rêve au public.

Je fais de la musique pour réunir les gens, pour fédérer, pour divertir, expliquait Matt ce week-end. La mission est accomplie. M Pokora est aujourd’hui le premier entertainer français. A juste titre. Il lui reste maintenant à se bâtir un répertoire original et à exister en dehors des reprises. Il lui manque encore LE tube transgénérationnel qui saura s’imposer sur la durée.

M. Pokora sera de retour à Forest National le 14 octobre.