Les "derniers pour la route" de ce lundi 16 avril

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Les "derniers pour la route" de ce lundi 16 avril

16 avril 2012, 23:45 | isfr
Michel Dufranne et Daphné Van Ossel

Thierry, les chroniqueurs et la lectrice vous proposent encore des livres à profusion !

"Est-ce que vous êtes belge ?" - Orlan – Ed. La Cambre / Yellow now

  • Thierry Bellefroid
  • Est-ce que vous êtes Belge ?
À l'origine de ce livre, une exposition personnelle d'Orlan présentée à l'École nationale supérieure des arts visuels de La Cambre à Bruxelles au terme d'un projet de plusieurs mois associant Orlan à un groupe d'étudiants. Ce projet, mis en perspective d'autres travaux récents de l'artiste et de la lecture critique qu'en proposent l'historienne Anne Morelli et l'historien de l'art Pierre-Olivier Rollin, met en lumière la dimension profondément politique et volontairement polysémique de l'oeuvre d'Orlan - une artiste qui, entre autres vertus, cultive "le doute, l'impertinence et la provocation".

"Fukushima, récit d’un désastre" de Michaël Ferrier – Ed. Gallimard

Fukushima
" On peut très bien vivre dans des zones contaminées : c'est ce que nous assurent les partisans du nucléaire. Pas tout à fait comme avant, certes. Mais quand même. La demi-vie. Une certaine fraction des élites dirigeantes - avec la complicité ou l'indifférence des autres - est en train d'imposer, de manière si évidente qu'elle en devient aveuglante, une entreprise de domestication comme on en a rarement vu depuis l'avènement de l'humanité. "

"El sexto " de José María Arguedas – Ed. Métailié

  • Daphné Van Ossel, Chroniqueuse
  • El sexto
Le jeune Gabriel est incarcéré au pénitencier El Sexto, au centre de Lima, dans le cadre de la
répression des mouvements d’opposition étudiants. Là, il va rencontrer des représentants des
partis politiques qui luttent contre le pouvoir despotique. Il découvre les hiérarchies de la prison,
où en fonction des étages se côtoient en haut les politiques, puis les droits communs et les
délinquants sexuels, et enfin, au rez-de-chaussée, les clochards. Les politiques se divisent entre
partisans de l’APRA (de gauche) et communistes, considérés comme “vendus à l’étranger”.
Sous la direction de Poignard les droits communs font régner leur loi, distribuent la drogue et
forcent les homosexuels à la prostitution.
Gabriel se lie avec Camac, son compagnon de cellule originaire des Andes, syndicaliste communiste, un homme honnête et droit auquel tous rendront hommage quand il mourra. Il fait la
connaissance de Pucasmayo, l’homme jovial, espoir du parti apriste de sa région, qui abattu par la maladie se suicidera pour protester contre l’avilissement auquel est soumis le jeune La Fleur,
prostitué par Poignard et devenu fou.
Les maîtres de cet inframonde, Poignard, Maravi et Rosita, l’homosexuel à la voix d’ange, luttant
pour le pouvoir, s’affrontent à mort. L’assassinat de Poignard déclenchera une répression brutale
qui mettra à jour la totale malhonnêteté des autorités légales.
Construit sur des dialogues ce roman est, comme le souligne M. Vargas Llosa, remarquable par la
structuration des “personnages collectifs, ces entités grégaires absorbant l’individu effacé par
l’ensemble, fonctionnant avec une synchronie de ballet”.
J. M. Arguedas, emprisonné en 1938 pour avoir manifesté contre l’arrivée à Lima d’un représentant de Mussolini, a défini El Sexto comme, à la fois, une école du vice et une école de la générosité.
Un grand classique de la littérature latino-américaine. Ce roman a été inspiré à l’auteur par son expérience de la prison politique en 1938.

"D’une terrasse à l’autre" de Mira Popovic – Ed. Viviane Hamy

D'une terrasse à l'autre
Quel rapport entre la nuque d'un chauffeur de taxi et le mythe d'Eurydice ? Comment désamorcer une déclaration en faisant le poirier ? Est-il possible, dix ans durant, de confectionner un
même ; sandwich beurre-confiture de fraises à un mari incapable de reconnaître ce qu'il mange ? Nous croisons au quotidien des êtres ' '' dénués d'identité, des objets sans âme qu'il nous semble oublier aussitôt aperçus. Aucune importance. Mais qu'impriment-ils sur le tableau noir de nos
existences, de nos imaginations ? Que gravent-ils sur la pierre de nos souvenirs, de notre mémoire ? Le talent de Mira Popovic transforme ces fragments de banalité en histoires qui
irradient une lumière mystérieusement énigmatique. Trois parties. L'apparente normalité de l'une, nous fait boitiller sur les pavés de l'absurde et du cocasse. L'autre, liée aux deux patries de l'auteur, Belgrade et Paris, évoque une enfance et une adolescence qui ont sombré et émergent tels les vestiges du Titanic. La dernière est une suite d'évocations fulgurantes, instantanés photographiques pétrifiés par la lumière floue de certains rêves.

"Alice" de Judith Hermann – Ed. Albin Michel

Alice

Quand un proche disparaît, on oublie son apparence, sa manière de parler, de sourire, de déambuler dans la vie. Même si l'on croit parfois l'apercevoir dans la dernière voiture d'un tramway, sur un escalier roulant, au feu rouge sur le trottoir d'en face...

Alice est l'héroïne du nouveau livre de Judith Hermann qui évoque en 5 épisodes ces moments transitoires où l'on attend, où l'on cherche à retenir, où l'on accepte de lâcher prise.

Chez Judith Hermann, pas de plaintes, pas de pleurs.

Sans aucun artifice, elle réussit à saisir cet étrange mélange de soudaineté et de temps suspendu qui caractérise la mort et son surgissement au sein du quotidien et aussi la lumière, l'éclat particulier que peuvent avoir ces journées-là.

Judith Hermann a le don de faire surgir devant les yeux du lecteur des lieux et une atmosphère qui existent au point qu'on croirait pouvoir les saisir entre les mains.

"Le maître du haut château" de Philippe Kindred Dick – Ed. Nouveaux millénaires

  • Michel Dufranne, Chroniqueur
  • le maître du haut chateau
1948, fin de la Seconde Guerre mondiale et capitulation des Alliés ; le Reich et l'Empire du Soleil levant se partagent le monde. Vingt ans plus tard, dans les Etats-Pacifiques d'Amérique sous domination nippone, la vie a repris son cours. L'occupant a apporté avec lui sa philosophie et son art de vivre. A San Francisco, le Yi King, ou Livre des mutations, est devenu un guide spirituel pour de nombreux Américains, tel Robert Chidan, ce petit négociant en objets de collection
made in USA. Certains Japonais, comme M. Tagomi, grand amateur de culture américaine d'avant-guerre, dénichent chez lui d'authentiques merveilles. D'ailleurs, que pourrait-il offrir à
M. Baynes, venu spécialement de Suède pour conclure un contrat commercial avec lui ? Seul le Yi King le sait. Tandis qu'un autre livre, qu'on s'échange sous le manteau, fait
également beaucoup parler de lui : Le poids de la sauterelle raconte un monde où les Alliés, en 1945, auraient gagné la Seconde Guerre mondiale...

"Le Faucon Maltais" de Dashiell Hammet – Ed. Folio

Le faucon maltais
Quelle est cette mystérieuse statuette noire qui attise tant les convoitises ? Pourquoi certains sont-ils prêts à risquer leur vie pour la posséder ? Lorsque Miles Archer, son associé, est tué lors de ce qui ne devait être qu’une banale filature, le privé Sam Spade reprend l’enquête. Il n’a aucune idée de ce dans quoi il vient de mettre les pieds ! Il lui faudra tout son flegme et une bonne dose de cynisme pour résister aux femmes fatales, à la police et aux gangsters de tous poils qui aimeraient bien mettre un terme à sa carrière et l’empêcher de retrouver le faucon maltais...

"Romans 1953 -1959" de Philippe Kindred Dick – Ed. Nouveaux millénaires

Romans
« Je crois que nous vivons dans un monde différent de celui que nous voyons, et j'ai l'impression d'avoir su un instant de quel autre monde il s'agissait exactement. Mais depuis, depuis cette fameuse nuit, j'ai tout perdu. Le futur, peut-être. »
     Philip K. Dick (1928-1982), auteur culte de Blade Runner, du Maître du Haut Château, d'Ubik ou encore de Coulez mes larmes, dit le policier fait partie de ces écrivains qu'il est impossible de réduire à un genre littéraire. Les six romans présentés ici (Loterie solaire, Les chaînes de l'avenir, Le profanateur, Les pantins cosmiques, L'œil dans le ciel, Le temps désarticulé) sont presque encore des oeuvres de jeunesse. Et pourtant elles portent déjà en elles les germes des obsessions métaphysiques qui le poursuivront tout au long de sa vie : qu'est-ce que le réel ? Qu'est-ce que l'humain ?


"Le chemin des âmes" de Joseph Boyden – Ed. Le livre de Poche

  • Véronqique Pirotton, la lectrice
  • Le Chemin des âmes
1919. Nord de l'Ontario. Niska, une vieille Indienne, attend sur un quai de gare le retour d'Elijah, un soldat qui a survécu à la guerre. A sa grande surprise, l'homme qui descend du train est son neveu Xavier qu'elle croyait mort, ou plutôt son ombre, méconnaissable. Pendant trois jours, à bord du canoë qui les ramène chez eux, et tandis que sa tante essaie de le maintenir en vie, Xavier revit les heures sombres de son passé : l'engagement dans l'armée canadienne avec Elijah, son meilleur ami, et l'enfer des champs de bataille en France...

"Passage de jeunesse" de Jens Christian Grondahl - Ed. Mercure de France

Passages de jeunesse
Pendant que j'écrivais, la fin de l'été est arrivée. La lumière a pris un éclat tamisé comme celui du cuivre, la bruyère s'est épanouie sur la lande et les dunes autour de Skagen. Des îlots de violet dans les élymes des sables, sous le vaste ciel vide. Ma fille la plus jeune, un an et demi, a commencé à parler pour de bon, sa grande soeur, elle, a commencé à répondre, et elles ne rentrent plus dans leurs chaussures d'hiver. Tout change, de manière imperceptible la plupart du temps, comme les dunes qui se déplacent de quelques mètres chaque année, d'une mer vers l'autre. Et puis, il y a le changement brusque et inattendu qui, d'un coup, rompt le lien entre le présent et ce que nous avons derrière nous.

"Passage de jeunesse" de Jens Christian Grondahl - Ed. Mercure de France

Passages de jeunesse
Pendant que j'écrivais, la fin de l'été est arrivée. La lumière a pris un éclat tamisé comme celui du cuivre, la bruyère s'est épanouie sur la lande et les dunes autour de Skagen. Des îlots de violet dans les élymes des sables, sous le vaste ciel vide. Ma fille la plus jeune, un an et demi, a commencé à parler pour de bon, sa grande soeur, elle, a commencé à répondre, et elles ne rentrent plus dans leurs chaussures d'hiver. Tout change, de manière imperceptible la plupart du temps, comme les dunes qui se déplacent de quelques mètres chaque année, d'une mer vers l'autre. Et puis, il y a le changement brusque et inattendu qui, d'un coup, rompt le lien entre le présent et ce que nous avons derrière nous.
                                                                                                                       

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