Monsieur et madame Kowata ont deux enfants : Kento a 12 ans et Yuka 10 ans. Ils habitaient Minamisoma. Le réacteur N°1 explose. Ils évacuent. Ils reviennent le lendemain pour reprendre des affaires. Et paf ! Le réacteur n°3 explose à son tour. Les miliciens venus aider pour le Tsunami s’échappent de la ville. Interdite, la population se trouve livrée à elle-même. On fuit vers Fukushima city, puis Tokyo, Kawasaki et enfin Yamagata. Le parcours du combattant !
Les enfants sont secoués au point que la petite continue aujourd’hui à vivre de graves crises de panique qui nécessitent des hospitalisations. Un an après l’accident, les Kowata habitent séparés. Le père est à Minamisoma pour son travail. Il garde la maison et la tombe de la fille aînée morte d’un crash de voiture. La maman est à Yamagata avec les enfants. L’atome ne divise pas uniquement les cellules, il déchire des familles, il brise la confiance dans la vie, il creuse des fossés entre génération. L’atome anéantit non seulement l’agriculture, mais la culture. Exemple ? Minamisoma abritait depuis des centaines d’années un festival samouraï, le NOMAOI. Qui sait s’il aura encore lieu l’année prochaine….
Cette ville est en zone grise, en pleine incertitude. Pas assez contaminée, elle ne peut revendiquer de faire évacuer la population au frais du gouvernement. Mais proche de la centrale, elle peut soudain apprendre que la piscine du réacteur N°4 s’est écroulée. La chance de s’en tirer indemne serait assez faible car cet événement mettrait en péril non seulement la préfecture de Fukushima, mais le Japon et tout l’hémisphère nord. Il suffit en effet d’un demi kilo de Plutonium pour empoisonner la population d’Europe, d’Amérique et d’Asie. La piscine du réacteur N°4 de Fukushima se trouvent avec plusieurs centaines de kilos.
Cela dit, que l’on se rassure, à La Hague, on parle de tonnes de Plutonium…




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