A la question de savoir si l'équipe nationale belge est plus forte que Porto, Steven Defour se montre hésitant : "C'est difficile à dire. A Porto, il y a quand même des internationaux brésiliens, uruguayens,... Ils sont plus expérimentés que les Diables. Chez les Diables, il y a peut-être plus de talents purs au niveau individuel mais à Porto, c'est une machine, une équipe. C'est très fort".
Cette saison, Steven Defour n'était pas un titulaire indiscutable chez les champions du Portugal. Il ne regrette toutefois pas d'avoir relevé le défi : "Je suis convaincu que c'était un bon choix de partir à Porto car ce club ne pense pas à court terme. En Belgique, on dit souvent 'Steven, il n'a joué que 30 minutes, qu'est-ce qu'il fait là à Porto ?' mais il faut savoir comment Porto pense. Il ne faut pas oublier que Porto venait de gagner l'Europa League et à mon poste, le club n'a vendu personne. On m'a donc dit qu'on me laissait le temps de m'adapter à cette équipe".
A Porto, le Limbourgeois a découvert une nouvelle forme de pression et de travailler. "On est obligé de gagner le championnat mais aussi disputer la finale de la Coupe et enfin, on doit aller le plus loin possible en Ligue des Champions ou en Europa League. La concurrence existe et à un moment ou un autre, on te donne ta chance. Il y a donc une évolution dans l'adaptation avant de montrer que tu es capable d'être titulaire. Je ne suis donc pas inquiet de ma situation".
Et d'ajouter : "Je peux jouer aussi bien en 6 qu'en 8. J'ai progressé à bien des niveaux. J'ai perdu du poids et je me suis renforcé mentalement. Ce n'est, par exemple, pas toujours facile d'être sur le banc. Pendant une période, j'ai joué 3 bons matches et puis j'ai été écarté. Je n'étais pas habitué à cela. Même si je joue pas plus de 50% des matches, je ne me fais pas de soucis".
Le star system ...
"Avant, les Belges qui quittaient le pays étaient transférés aux Pays-Bas ou dans une équipe moyenne en Angleterre ou en France. Aujourd'hui, c'est impressionnant de voir les clubs où évoluent les Diables" souligne Steven Defour qui est entré dans un autre monde au Portugal.
"Au Standard, quand on te demande un autographe, tu réponds positivement même s'il y a 50 personnes. A Porto, on est protégés. Les Stewards maintiennent les fans à l'écart. Si tu fais cela au Standard, on te dit que tu attrapes le gros cou,... A Porto, la mentalité est différente et on nous considère vraiment comme des stars. Il y a plus de passion pour le foot au Portugal qu'en Belgique" révèle Defour qui savoure son nouveau mode de vie. Il avoue avoir changé dans sa manière de se comporter et d'être mais garde toujours le même caractère.
Fin tendue au Standard...
Steven Defour a donc quitté le Standard l'été dernier. La rupture s'est avérée plus brutale que prévue. Il revient sur cette période "sombre" de son histoire.
"Cela n'a pas été facile entre le Standard et moi. Je pense que tous les deux on a commis des erreurs. Je pense qu'on aurait du mieux communiquer vers le public. Moi, je parlais dans les journaux et puis le Standard réagissait. Cela devenait tendu à la fin" confie-t-il.
Aujourd'hui, la page est tournée. "J'adore le Standard et les supporters ...", il n'ira toutefois pas plus loin dans sa pensée.
Steven Defour préfère garder les bons souvenirs comme les deux titres de champion remportés avec les Rouches. "Ma plus belle année n'est pas celle du titre avec Michel Preud'homme mais la suivante avec Boloni. Individuellement, la saison avec Boloni fut énorme tant au niveau belge qu'européen. Cela dit, c'est difficile de comparer les titres. De toute façon, on dit toujours que c'est le dernier titre le plus beau..." conclut-il en souriant.
Un reportage complet sera diffusé ce dimanche dans le Week-end sportif...
G.Bayet avec Pierre Deprez




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