Pourquoi la greffe 'Guardiola' n'a pas pris à City ?

Pep Guardiola
Pep Guardiola - © PASCAL GUYOT - AFP

Eliminé en huitièmes de finale de la Champions League mercredi soir, largué par Chelsea en Premier League (10 points de retard à 11 journées de la fin), battu au 4ème tour de la Carling Cup par le rival voisin United, Manchester City n’a plus que la FA Cup pour essuyer ses larmes et ne pas vivre une première saison blanche sous le règne de Pep Guardiola. Un maigre lot de consolation pour une équipe qui devait enfin trôner sans contestation sur l’Angleterre et briller sur la scène européenne.

Si les Citizens ne parviennent pas à soulever la Cup en mai, le Catalan connaîtra pour la première fois de sa carrière d’entraîneur une saison vierge de titre. Ce serait un sacré camouflet pour le coach espagnol très souvent considéré comme le meilleur de l’histoire grâce à ses 21 trophées glanés en 7 saisons avec le FC Barcelone et le Bayern Munich.

Quelles sont donc les raisons de ces débuts manqués avec les Skyblues ?

Un mercato raté

Une première piste à explorer est sans nul doute le marché des transferts estival qui s’est révélé au fil de la saison comme un véritable échec.

Alors que la volonté première de Guardiola est de renforcer un secteur défensif beaucoup trop fébrile, les dirigeants mancuniens attirent tour à tour Gündogan, Nolito, Sané et Gabriel Jesus. Tous des éléments offensifs.

Les deux seuls renforts défensifs qui débarquent à l’Etihad Stadium sont Stones et Bravo.

Au total de ces six arrivées, seul Sané parvient à surnager. Gündogan passe le plus clair de son temps à l’infirmerie, Nolito n’a jamais trouvé sa place, Stones peine à se montrer à la hauteur de son nouveau statut de plus cher défenseur de l’histoire et Bravo transféré pour son jeu au pied, s’est fait engloutir par les duels aériens imposés par le jeu anglais. Le petit prodige Gabriel Jesus a, quant à lui, flambé à son arrivée en janvier… mais cela a duré 5 matches (3 buts et un assist) avant qu’il ne se blesse.

Le bilan est donc amer pour un montant total de 185 millions d’euros dépensés !

Un effectif pas adapté

Guardiola est plus qu’un entraîneur… c’est un idéologiste, un théoricien. Le Barcelonais défend un style de jeu fait de possession, de transmission et de mouvement perpétuel. Ce modèle impose une nouvelle façon de penser et tous les joueurs ne sont pas aptes à s’y adapter.

Si De Bruyne, Silva, Sterling, Agüero, Fernandinho et Touré ont aisément assimilé les consignes, les Zabaleta, Otamendi, Clichy, Sagna, Fernando, Delph et Navas n’ont pas suffisamment de 'football' dans les pieds pour répondre correctement aux exigences de fluidité voulu par l’ex-Bavarois.

En outre, l’effectif des Citizens compte une bonne majorité de joueurs âgés de 27 ans et plus. Et peu de jeunes du centre de formation parviennent à faire leur trou. Iheanacho continue de progresser mais Garcia, Adarabioyo, Angelino et Maffeo n’ont que des miettes et ne convainquent pas.

L’été s’annonce donc très animé du côté de City. La cellule recrutement va chauffer.

La philosophie de jeu doit-elle primer sur les résultats ?

"Si je n'ai pas de titre, je ne resterai pas ici longtemps. Etre entraîneur dépend des résultats mais j'ai toujours pensé au plus profond de moi que les résultats dépendaient de la manière de jouer" a récemment expliqué Guardiola, qui n’emmènera pas sa formation en demi-finale de la C1 pour la première fois de sa carrière de coach.

Mais après le match retour complètement manqué à Monaco, les supporters mancuniens doivent ruminer cette phrase. Déterminé (souvent à l’extrême) à maintenir ses idées coûte que coûte, Pep vient de 'mourir' avec ses idées… et ses joueurs en même temps.

Alors qu’ils avaient sauvé une situation déjà très critique au match aller en inscrivant trois buts dans les vingt dernières minutes pour s’imposer au final 5-3, les Skyblues auraient sans doute été inspirés de 'bétonner' face à la meilleure attaque d’Europe. Mais ce genre de procédé 'Mourinhesque' est inimaginable dans l’esprit du Catalan.

Quitte à tout perdre !

Guardiola veut écrire l’histoire de City

Le double vainqueur de la 'coupe au grandes oreilles' avec les Blaugranas (2009 et 2011) est certes un romantique mais il est avant tout un sportif professionnel de haut niveau bercé par les trophées.

Cette année lui restera inévitablement en travers de la gorge mais sa détermination à réussir le poussera toujours plus loin dans ses recherches et ses expériences.

Pep est têtu et n’abandonnera pas avant d’avoir écrit l’histoire de son nouveau club. Guardiola compte d’ailleurs bien profiter de ces multiples revers pour réveiller ses troupes.

"Ce match (contre Monaco, ndlr) va nous servir pour le futur. Ma philosophie a toujours été la même, celle d'attaquer" a prévenu le Citizen.

Il faut toujours se méfier de la bête blessée…

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