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"L'Allemagne est l'équipe à battre"

CHRONIQUES | vendredi 22 juin 2012 à 7h12

  • Rencontré à Varsovie avant le 1er quart de finale de l'Euro qui a vu la victoire du Portugal sur la République Tchèque (1-0), Rodrigo Beenkens a dévoilé ses coups de coeur et coups de gueules d'un tournoi où l'Allemagne sera l'équipe à battre.
    Coup de coeur, coup de gueule...

    "Mon coup de coeur va au peuple ukrainien. J'ai trouvé les gens d'une gentillesse et d'une disponibilité incroyables. Il y avait toutefois un réel problème, à savoir la barrière de la langue. Malgré cela, les gens faisaient tout pour vous aider. Mon coup de gueule serait les conditions de logement. En Ukraine, je n'ai pas connu un seul endroit où il y avait des rideaux" souligne Rodrigo Beenkens.

    Et d'ajouter : "
    Sur le plan sportif, mon coup de coeur va à une équipe qui a terminé dernière de son groupe, à savoir la Suède. J'ai eu la chance de commenter les trois rencontres de ce pays dans cet Euro. Je ne dirais pas que cette équipe pratiquait un football chatoyant ou technique mais à chaque fois on s'est bien amusé. J'ai vu que cette équipe a pris du plaisir. Et je pense que quand on prend du plaisir, on en donne aussi. J'ai adoré aussi ce public suédois. Il y avait près de 30.000 supporters suédois lors du dernier match alors qu'il n'y avait plus aucun enjeu. J'ai ressenti ici les valeurs essentielles : jouer avec son coeur, avec respect du public. Cela doit être dur pour les organisateurs de voir partir des publics comme ceux de Suède, du Danemark, de l'Irlande, des Pays-Bas. Vous ajoutez à cela les Russes alors que le tournoi se joue en Pologne et en Ukraine, c'est une catastrophe. Sans oublier les deux pays organisateurs".

    L'image ensoleillée...

    "Une image que je garderai de cet Euro, c'est celle, dans les rues de Kiev, des supporters ukrainiens et suédois vêtus en jaune. On aurait dit un soleil dans la nuit. C'était impressionnant". 

    Contre les pays organisateurs têtes de série...

    "Il faut arrêter de donner systématiquement un statut de tête de série à un ou plusieurs pays organisateurs. Pour la 3ème fois en 4 éditions, on arrive au même constat. Lorsqu'on regarde les pays organisateurs en 2000 (Belgique et Pays-Bas), en 2008 (Autriche et Suisse) et en 2012 (Ukraine et Pologne), 5 d'entre eux ont été éliminés dès le 1er tour. C'est anormal qu'on tienne compte des critères sportifs pour tout le monde sauf pour les pays organisateurs. Cela fausse la compétition. Je comprends qu'économiquement, on tente de les protéger mais de toute évidence, cela ne sert à rien. Ici, c'est parce qu'on essaye de favoriser la Pologne et l'Ukraine qu'on se retrouve avec des groupes de 'la mort' et que des pays comme les Pays-Bas ou la Suède rentrent à la maison à l'issue du premier tour. A mes yeux, il doit y avoir une réflexion de la part de l'UEFA à ce niveau-là". 

    Les Diables devaient être à l'Euro...

    "La Belgique avait évidemment sa place dans cet Euro. Je n'aime pas citer de noms mais avec tout le respect que j'ai pour l'équipe grecque qui est aujourd'hui en 1/4 de finale… je pense qu'on avait notre place dans cette compétition. Je pense beaucoup au match que les Belges ont disputé en Angleterre. Elle est actuellement en 1/4 de finale et elle peut rêver des demis. Quand vous pensez que cette équipe a été dominée et privée de ballons par les Diables... Je sais que Leekens ne sera pas content que je dise cela mais on devait y être à cet Euro". 

    L'Allemagne, l'équipe à battre…
     
    "Qui va gagner l'Euro ? C'est très difficile à dire. On a envie de dire l'Espagne. Cela dit, je n'avais jamais vu l'Espagne ces 4 dernières années être bousculée comme elle l'a été par la Croatie. L'équipe qui me paraît la plus solide, c'est sans nul doute l'Allemagne. Cette équipe prend peu de buts, elle fait ce qu'elle veut. Il y a un équilibre et des automatismes avec tous ces joueurs qui évoluent au Bayern. L'Allemagne sera l'équipe à battre. Mais quand on est en 1/4 de finale, tout est possible. Je ferais donc très attention à l'Italie. Elle n'est jamais aussi dangereuse que quand elle commence mal un tournoi. Le jeu de l'Italie dans les grands tournois, c'est comme son hymne national, cela commence piano et cela termine 'forté'. Ce sera passionnant de suivre tactiquement le 1/4 de finale entre l'Italie et l'Angleterre, entre le 3-5-2 italien et le 4-4-2 anglais".

    G.Bayet 

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