Cher Olivier Masset-Depasse. Je me dis, il y a des gens qui n’ont vraiment pas conscience de leur environnement. Tenez, prenez ces types qui sont en grève de la faim depuis 3 mois à la VUB, ils ont beau n’avoir pas de papiers, est-ce qu’au moins ils lisent les journaux ?
Ils ont appris pour la STIB, les prisons, le policier fauché à Sainte-Ode ? Non, bien entendu. Voilà des gens qui ne pensent qu’à eux et à leur statut. Et pourquoi ça ?
Même pas pour pouvoir rentrer chez eux vivants le soir, comme le demandent les surveillants de prison, les superviseurs des transports en commun ou les policiers en faction. Non, même pas. C’est pour pouvoir précisément ne pas y rentrer mais rester vivants tout de même.
Cela fait trois mois, plus de trois mois, qu’ils font la grève de la faim, mais curieusement cette violence que l’on retourne contre soi n’est pas référée aux questions de sécurité, elle sort du cadre, tellement en dehors que vous pouvez chercher, ces gens ne sont pas sur l’image, ils n’ont été impressionnés par aucune pellicule ni imprimé par la moindre de nos rétines. Bref, des invisibles. Et des inaudibles aussi d’ailleurs puisque certains en plus se sont cousus les lèvres.
Si bien, cher Olivier Masset-Depasse, que je me demande si, pour le coup, ça ne vaudrait pas la peine de les dénoncer sur le site que le Vlaams Belang consacre désormais à la délation des illégaux.
Pensez : nous savons où ils sont, nous savons combien ils sont, nous savons même ce qu’ils font, ce serait simple. Et puisque chacun a conspué ce site et cette initiative d’extrême droite sans pour autant, soit dit en passant qu’on ait jugé utile de l’interdire — mais donc puisque chacun l’a jugé immoral et suivez ici mon raisonnement — ne serait-ce pas une façon en les dénonçant de les protéger aussi ? Une fois tombés aux mains de l’extrême droite, peut-être n’aurions-nous en effet de cesse de vouloir les en sortir… Vous voyez là à quoi on en est réduit…
Je vous parle de cela, parce que évidemment… votre film. Dont le titre proposait par ailleurs la mise en abyme de ce mot, illégal, qui n’est pas, si quelqu’un en doutait, un état de nature humaine mais bien le résultat d’une situation juridique, judiciaire ou administrative. Et que, pour la circonstance, ce serait plutôt ce site de délation qui serait illégal, mais enfin, entre ceux que l’on appelle illégaux et ceux qui pratiquent l’illégalité, il semble bien qu’ici pour en décider, on ait choisi aussi de se coudre la bouche.
De telle sorte que la vraie bonne question que l’on pourrait se poser aujourd’hui à propos de ces grévistes de la faim de la VUB, c’est de savoir pourquoi diable ils tiennent tant, quand même, à nous rejoindre. Je vous souhaite le bon jour.

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