Aller directement au contenu principal

Turquie : l'Europe prise à son propre piège

MATIN PREMIERE | Mis à jour le mardi 14 mars 2017 à 9h11

  • Les meeting de soutien au président turc Recep Tayyip Erdogan mettent le feu aux Pays-Bas. Le débat est fort aussi en Allemagne en Autriche et en France. Chez nous l’incendie n’a pas encore commencé…

    Non, pas encore. Il faut dire déjà qu’à la différence des Pays-Bas ou de la France ou de l’Allemagne, nous ne sommes pas en campagne électorale. Et puis difficile d’interdire quelque chose qui n’existe pas. Il n’y a pas de grand meeting de soutien à Erdogan organisé chez nous. Enfin là aussi soyons prudents, pas encore. Manifestement les représentant de l’AKP en Belgique chercheraient à louer une grande salle, à Anvers, Hasselt ou Bruxelles mais sans succès jusqu’ici. Faute de combattant sur le ring, il n’y aura pas de grande explication. Mais évidemment, le ring est bel et bien dressé en Europe et la Belgique ne reste pas imperméable à tout cela…

    Le débat a déjà commencé au nord du pays

    Déjà depuis une semaine où le chef de groupe NVa Peter De Roovere, a dit au nom de son parti qu’il voulait interdire ce genre de meeting chez nous. Hier, Jan Jambon le ministre de l’intérieur tout NVa s’est montré beaucoup plus modéré. Il renvoie clairement la responsabilité au bourgmestre. Il juge qu’une interdiction éventuelle doit être motivée strictement par la sauvegarde de l’ordre public. Les raisons politiques ne sont pas recevables, dit-il...  Je le cite : "Bien sûr, nous préférons ne pas penser que la politique turque est importée ici, mais on ne peut pas interdire toute réunion où un Turc prend la parole. Cela ne correspond pas à nos valeurs démocratiques”. Du coup on en revient à celle belle question de philosophie politique, la démocratie doit-elle tolérer ses ennemis, ceux qui la remettent en cause ?

    Les démocrates européens sont quelque part mis au défi par le président turc

    Alors que lui conduit la Turquie sur la voie de la dictature, de l’autoritarisme, il parvient grâce à ses interdictions à passer pour le démocrate que l’on bâillonne. Les Européens sont donc victime de leur faiblesse, celle de la division, celle de l’incohérence surtout. Car les Pays-Bas ont beau jeu d’interdire des meetings de soutien à un dictateur au nom de la démocratie.  Ce sont eux qui ont poussé tant et plus Europe à signer avec Erdogan un accord de 6 milliards d’euros pour bloquer les réfugiés à la frontière. Un accord qui lui a permis d'asseoir son influence régionale et intérieure, de devenir à ce point incontournable qu’il nous insulte sans crainte. L’Europe est prise à son propre piège.

    Bertrand HENNE

    Les Coulisses des Pouvoirs

    L'édito politique de Bertrand Henne

    Voir

    Faire un commentaire

    • Merci de respecter la charte des commentaires,
      sans quoi, nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
    • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
    1000 caractères max
    Veuillez remplir le champ "Code de sécurité" en respectant les majuscules, minuscules ou les espaces.
  • Turquie : l'Europe prise à son propre piège
    Image précédente

    Turquie : l'Europe prise à son propre piège

    Tous droits réservés
    Image suivante
    • Turquie : l'Europe prise à son propre piège

      Turquie : l'Europe prise à son propre piège

  • Les Coulisses des Pouvoirs L'édito politique de Bertrand Henne
    • Les Coulisses des Pouvoirs L'édito politique de Bertrand Henne

Réécoutez nos émissions

Tous les podcasts