La Collection RTBF : 4 documentaires

Jeudi 6 mai 2010

canettesL’art contemporain en question(s)

Une série de 4 documentaires dans le cadre de « La Collection RTBF/De Canvascollectie » sur La Deux à 22h45 durant 3 dimanches de mai. Le dernier documentaire étant diffusé le 30 mai à 20h00, suivi de la « finale » aux BOZAR de Bruxelles à 21h.

Dans la lignée des 5 émissions d’avril, 4 documentaires consacrés à l’Art contemporain vont être programmés chaque dimanche de mai. L’objectif de ces 4 documentaires ? Aborder la question de l’Art contemporain sous 4 angles distincts, avec comme dénominateur commun d’interpeller le grand public sur un univers qui peut parfois sembler trop élitiste. L’idée centrale est de poser les questions que tout un chacun se pose sur le sujet et d’apporter des éléments de réponses en tendant le micro aux différents acteurs concernés : les artistes confirmés, les jeunes débutants, les marchands d’art, les critiques mais aussi et surtout grand public, celui qui va poser les questions les plus simples mais surtout les plus pertinentes.

Les thèmes des 4 documentaires se rapportent à 4 grandes questions fondamentales qui sont récurrentes :

Dimanche 9 mai : L’art contemporain, c’est quoi ? (1/4)

Au premier regard, l’Art contemporain et son éventail de disciplines peuvent parfois sembler hermétiques pour le grand public. Certains iront jusqu’à le qualifier d’ « élitiste ». Si on prolonge ce discours, l’art ne s’adresserait qu’aux visiteurs qui en détiennent les clefs… Autrement dit, seuls les érudits qui connaissent l’Histoire de l’art, les grands repères, les pointures en la matière, actuelles et passées, seraient capables d’apprécier l’Art à sa juste valeur. Mais comme le dit si bien Pierre Sterckx : « l’Art contemporain n’est pas élitiste, mais seule une élite le sait ».

L’objet de ce premier documentaire sera donc de dépasser les préjugés et les clichés et de livrer au spectateur une série de clés de lecture qui seront autant de points d’entrée dans le monde fascinant que constitue l’Art contemporain. Cela part des questions les plus élémentaires comme : quelle démarche, quel « œil » avoir face à une oeuvre ? Faut-il la regarder de loin ou de près ? L’affectif est-il lié à l’intellect quand il s’agit d’entrer dans l’univers d’un artiste ? Le format a-t-il son importance ? Qu’entend-on par composition et que peut-elle offrir comme information ? Ou se situe la frontière entre le virtuose et le ridicule ? A-t-on le droit de simplement dire « j’aime/j’aime pas » ? Artistes reconnus ou anonymes, critiques d’art, galeristes de renom… La multiplicité des points de vue des acteurs clés du domaine vont se corroborer ou s’opposer pour ouvrir le débat et lancer des pistes susceptibles d’éclairer le spectateur.

Dimanche 16 mai : Un artiste contemporain, c’est quoi ? (2/4)

Andy Warhol, Jeff Koons, Felix-Gonzales-Torres, Damien Hirst, Marcel Duchamp ou encore Wim Delvoye… Les « superstars » de l’Art contemporain ont acquis leur renommée grâce à la qualité et la pertinence de leur travail. Si ces artistes incontournables ont reçu la reconnaissance de leurs pairs, que peut-on en déduire pour émettre une définition du statut d’« artiste » ? Qu’est-ce qui fait qu’un artiste est reconnu comme tel ? La définition semble d’autant plus difficile à donner que celle-ci bouge et que les formes d’art évoluent dans le temps. Les critères n’auraient certainement pas été les mêmes par le passé et ne seront certainement plus les mêmes dans les années à venir. Interrogeons tout d’abord l’étymologie du mot « artiste » : le terme vient « d’ars, artis – habileté, métier, connaissance technique ». Cette idée « d’habileté » traversera les siècles et se retrouve aujourd’hui dans une des définitions du Larousse, dans laquelle d’autres critères se dégagent : « l’artiste est une « Personne qui exerce professionnellement un des beaux-arts ou, à un niveau supérieur à celui de l’artisanat, un des arts appliqués… Une personne qui a le sens de la beauté et est capable de créer une oeuvre d’art : Une sensibilité d’artiste. Une personne qui fait quelque chose avec beaucoup d’habileté, selon les règles de l’art : Travail d’artiste ».

Le sens de la beauté, la professionnalisation de l’activité et l’habileté : autant de critères à souligner dans ces définitions. Mais si on les regarde d’un peu plus près, c’est surtout la notion de subjectivité qui prime dans ces sous-définitions. Comment peut-on appréhender le sens de la beauté de manière objective ? Cette habileté, objective aussi ? A partir de quand devient-on artiste professionnel ? Les plus grands, ceux qui ont écrit l’histoire de l’art avec un grand H, pour la plupart ont connu un succès posthume. N’étaient-ils pas pour autant des artistes ? Bref, à partir de quand devient-on artiste ? Liée à cette notion, celle de la durée aussi, peut être révélatrice de ce qu’est un artiste aujourd’hui. Un artiste imprime son regard dans le temps… Même si la durée de production est parfois courte. En témoignent par exemple Keith Haring et Felix Gonzales Torres, tous deux disparus des suites du sida après moins de 10 années de production artistique… Avec leurs oeuvres, ils ont bousculé les conventions et existent encore… Devient-on artiste parce que l’oeuvre perdure à travers les années ?

Dimanche 23 mai : L’art et l’argent, ça donne quoi ? (3/4)

Dans notre imaginaire collectif, le rapport de l’artiste avec l’argent est souvent conflictuel… Ce mythe de l’artiste maudit en marge de la société, s’il existe encore, est une image d’Epinal qui ne reflète plus la réalité.. Ce rapport entre l’art et l’argent, l’artiste et l’argent nous emmène sur le terrain de l’honnêteté artistique et intellectuelle. Un artiste va-t-il produire en fonction du marché de l’art ? Peut-on imaginer ici, un bras de fer entre cette démarche de questionner le monde propre à l’artiste et les diktats du marché de l’art ? Parce que selon les artistes eux-mêmes, avec les années, il est possible de prendre le pouls de ce marché et de déterminer ce qui se vend, les supports, les formats qui plaisent aux visiteurs… L’artiste se corrompt-il s’il se plie à ces diktats ? Cette réflexion, chaque artiste la nourrit. A partir de quand l’oeuvre devient-elle un produit ? Et quelle influence ont les galeristes sur le travail de l’artiste. Yves Zurstrassen, par exemple, sait que les petits formats de ses tableaux ont plus de chance de trouver un acquéreur. Lui, préfère travailler sur de grandes toiles… : il juge important de rester fidèle, intègre à ce qu’il aime et ce qu’il est.

Enfin, il y aussi la question du prix des oeuvres d’art… Le travail posthume de Felix Gonzales Torres a fait l’objet d’une exposition au Wiels à Bruxelles. On pouvait y découvrir une pièce, propriété du musée norvégien Astrup Fairley, montrée pour la toute première fois : « Untitled » (Throat, 1991), constituée d’un mouchoir du père de Gonzales-Torres sur lequel sont déposés des bonbons pour la gorge. Un geste filial sans ostentation, subtil. Mais un geste qui se chiffre à plusieurs millions d’euros. En 2007 et 2008, une oeuvre d’Andy Warhol s’est vendue à 72 millions de $ et une toile de Francis Bacon a atteint le prix de 86 millions de $… Des excès qui ravivent les détracteurs de la bulle spéculation que constitue le marché actuel de l’Art contemporain, mais surtout qui renvoient une image à nouveau « élitiste » vers le grand public.

Dimanche 30 mai : Vivre sans art, est-ce possible ? (4/4) à 20h00, suivi de la finale à 21h00.

Si l’on en croit Maslow, les besoins liés à la réalisation de soi, comme par exemple la création artistique, trônent au sommet de la fameuse pyramide des besoins. Autrement dit, l’Art est un des derniers besoins auxquels nous devons subvenir… Ici se pose la question du moteur de la création artistique : ce moteur, est-ce un acte politique, un acte citoyen ou une simple expression personnelle ? Serait-il tout simplement la synthèse des trois ? Jean Cocteau écrit dans « La difficulté de l’être » : « Il faut bien comprendre que l’art n’existe que s’il prolonge un cri, un rire ou une plainte ». En fonction des artistes et des époques, la réponse à cette question aura une tonalité différente. Finalement à quoi sert l’Art ? Et la culture en général ? La société a-t-elle besoin d’artistes qui la questionne, qui souligne ses incohérences, et qui lui offre un miroir ?

Au final, la conclusion la plus appropriée à toutes ces questions n’est-elle pas de dire que « L’Art contemporain n’apporte aucune réponse mais pose beaucoup de questions… et les bonnes ! »

Présentation :          Eric Russon

Réalisation :             Philippe Rigot et Stéphanie Desmedt

Production :              Olivier Rey (Mediares)

Catégorie(s): Archives 2010

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