Commençons par préciser ceci: "Pourquoi un site sur André Antoine et pas un autre ?" C'est la question que bon nombres de personnes se posent en apprenant l'existence de ce blog.
On pourrait répondre à cela que l'on ne parle - certains du moins - que de ce que l'on connaît ou de ce qui est connu. La dizaine de personnes à la base de mister-antoine.be se compose majoritairement de fonctionnaires travaillant dans les services sous la houlette d'André Antoine. A savoir le Logement, l'Aménagement du territoire, la Mobilité et l'Energie.
Ceci étant dit, voici notre interview réalisée ce mardi avec une personne impliquée dans ce projet:
Y-a-t-il un événement spécifique à la base de l'ouverture de ce site ? Quelque chose qui vous a poussé à retrousser vos manches et vous dire: "Bon, on le fait maintenant ou jamais" ?
C'est principalement l'accumulation des pratiques qui nous a lancé. Mais s'il fallait donner un événement précis, ce serait cette affaire de non-nomination qui date de juillet 2008 (qu'ils expliquent ici sur leur blog NDLR). C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.
La venue des élections du 7 juin est-elle un pur hasard quant à la décision de lancer ce projet ?
Faire ça durant la période préélectorale est un acte délibéré bien entendu. L'objectif est de faire connaître les pratiques de M. Antoine aux électeurs. Il valait mieux faire cela à quelques semaines des élections qu'il y a deux ou trois ans. Tout le monde aurait oublié.
Les médias vous qualifient de site "Anti-Antoine". Qui visez-vous exactement: l'homme, le ministre, le parlementaire, l'amateur de cyclisme, les quatre ?
Le titre "Anti-Antoine" est certes compréhensible à la lecture des nombreuses charges dont fait l'objet André Antoine sur ce site. Pour nous, le site est plutôt "Anti pratiques autoritaires d'Antoine". Monsieur Antoine est un excellent parlementaire: incisif, bonne maîtrise des dossiers. Par contre, il a le goût du pouvoir, une aversion par rapport aux critiques et ça en fait un ministre désastreux. Si, par exemple, demain il devenait ministre de l'Enseignement, ce serait désastreux !
D'où notre proposition d'envoi de courriel à Joëlle Milquet: "Antoine parlementaire oui / Antoine ministre non".
Vous expliquez sur votre site que quelqu'un a essayé de racheter le nom de domaine ?
Oui, nous avons reçu un mail de notre hébergeur. Une personne a contacté notre hébergeur avec un nom d'emprunt pour nous demander si il pouvait racheter le nom de domaine. André Antoine a tenté de retrouver les auteurs du site en introduisant une demande à l'autorité qui gère les noms de domaine .be (DNS BE), et en demandant à un de ses collaborateurs d'entreprendre des démarches pour racheter Mister-Antoine.be.
Il est paradoxal de demander plus de démocratie et plus de transparence... et de se réfugier derrière l'anonymat. Nous expliquons que tant les faits exposés sur le site que la réaction d'André Antoine montrent bien que l'on est face à une dérive autoritaire. Compte tenu des précédents, non-nominations, chantage à l'emploi, chantage aux subsides, la démarche imposait de rester dans l'anonymat, sous peine de recevoir des pressions pour fermer le site, ce qui aurait été intenable.
M. Antoine a déclaré, lors d'une interview accordée à la DH, qu'il allait porter plainte contre votre site jugé "puant" qui selon lui "appelle à la délation et est irrégulier tant sur la forme que sur le fond". Qu'en est-il aujourd'hui ?
On n'en sait pas plus pour le moment. La Justice ne nous a averti de rien. Nous avons depuis lors initié une chaine de courriel "André Antoine veut censurer internet" sur notre site.
André Antoine a-t-il contre-attaqué sur une des 13 "dérives" dont il fait l'objet sur mister-antoine.be ?
La seule prétendue erreur qu'il relève des 13 dérapages que nous soulignons, en nous appuyant sur des articles de presse relatant des conseils communaux est l'argent des éoliennes qui a permis de payer le Giro à Perwez (commune dont André Antoine a été bourgmestre en 2001 et 2004 NDLR).
Pour faire croire que nos propos étaient "totalement mensongers", il a fait signer dimanche 17 mai une déclaration au receveur communal de Perwez qui esquive soigneusement le lièvre qui porte sur le budget 2006.
Combien de temps comptez-vous continuer ce blog ? Jusqu'au 8 juin ?
On arrêtera quand André Antoine ne sera plus ministre. Mais si il l'est toujours, on pourrait continuer et s'allier à ses futures victimes si je puis dire.
(Interview réalisée par Florian Le Hung)
La réaction d'André Antoine
André Antoine avait tenu à réagir le 17 mai dernier après avoir pris connaissance de ce site. "Il est normal et légitime que les actions d'un homme politique, plus particulièrement celles d'un Ministre, soient attentivement examinées et soumises à la critique. Cette critique ne peut cependant se confondre avec une politique de calomnie et de délation, qui plus est lorsque celle-ci est faite de façon masquée et illégale. (...) Plus grave encore, les auteurs de ce site web, adeptes de méthodes dignes d'un passé que l'on croyait révolu, incitent les internautes à poster uniquement des messages critiques à charge du Ministre André Antoine, ouvrant de la sorte la voie à la délation. (...) Enfin, preuve du courage dont font preuve ces personnes, toutes les informations communiquées à l'autorité de gestion des noms de domaine en Belgique afin d'enregistrer le nom de domaine du site web litigieux sont entièrement fausses", déclarait-il dans un communiqué.