Le magazine Questions à la une posait mercredi le débat de la fraude fiscale et des paradis fiscaux. Dans un reportage interpellant, Sylvie Duquenoy menait l'enquête au Grand Duché de Luxembourg. Ce reportage était tourné en partie en caméra cachée. Dans une grande banque ayant pignon sur rue, la journaliste disait avoir de l'argent à placer (voir l’extrait ci-dessus). Le banquier proposait des solutions.
Interrogé par Medhi Khelfat , Jean- Jacques Rommes, directeur de l’Association des banques et banquiers du Luxembourg, se défend : dans le reportage de Questions à la une, c’est le journaliste qui a incité le banquier à frauder le fisc : « il y a un client prétendu qui vient et qui dit « nous allons frauder le fisc, comment faire ? ». C’est l’hypothèse de départ. Le banquier a une réponse que je n’aurais pas faite si j’avais été à sa place. Ce n’est pas le banquier qui a commencé. » Si un Luxembourgeois se présentait dans une banque belge, dans la situation décrite dans le reportage, il se passerait exactement la même chose, selon Jean-Jacques Rommes : les règles applicables sont les mêmes dans les deux pays.
Le directeur de l’ABBL poursuit : « il y a effectivement plus de Belges qui placent leur argent à Luxembourg que de Luxembourgeois qui placent leur argent en Belgique, mais la situation légale et fiscale est exactement identique. Il est donc absolument ridicule de dire que l’un des deux est un paradis fiscal et que l’autre n’en est pas un. Les plus grands paradis fiscaux de ce monde sont le Royaume-Uni, les Etats-Unis et surtout l’Etat du Delaware aux Etats-Unis. Est-ce que quelqu’un un parle ? Je n’en ai rien vu » dans le reportage de Questions à la une.
Pour Jean-Jacques Rommes, « dire que les petits états sont des paradis fiscaux et que les grands états sont les victimes des paradis fiscaux est une façon de présenter les choses totalement manipulatrice. »
(A.L.)