Da Vinci Code. Depuis six ans, ce titre ésotérique donne le tournis au monde professionnel de la littérature. 82 millions d'exemplaires vendus pour ce seul roman, auxquels il faut ajouter les 50 millions de livres de Dan Brown écoulés depuis lors et qui concernent ses titres précédents. Le cinéma s'est emparé de l'affaire, mais ce n'est rien en comparaison de ce qu'en a fait le marketing. Mi-septembre, lorsqu'est paru The Lost Symbol, la version anglaise de ce nouveau roman, les libraires ont dû signer une clause de confidentialité afin que le secret de l'histoire soit gardé jusqu'au dernier moment. Les stocks étaient surveillés jour et nuit, et même les traductions n'ont pu démarrer pour les maisons d'édition possédant les droits que quatre à cinq jours avant la première mise en vente. Résultat : Lattès, qui publie Dan Brown en français a dû mettre deux traducteurs sur ce Symbole Perdu pour publier cette suite aussi vite que possible.
Un Symbole Perdu qui nous emmène sur les traces des secrets maçonniques et qui se déroule à Washington. Résultat : Le Lost Symbol Tour a déjà démarré : 75 euros pour deux heures à la découverte de la Washington maçonnique. Pas à dire : si Dan Brown n'a pas de souci à sa faire pour ses vieux jours, il nourrit également toute une industrie derrière lui. La preuve : plusieurs ouvrages explicatifs sont déjà sortis, avant même la publication en anglais. Il faut dire que le Da Vinci Code décrypté s'était écoulé à deux millions d'exemplaires. De quoi aiguiser les appétits des exégètes plus ou moins éclairés. Dan Brown, une affaire qui roule, donc. Et qui risque bien, après avoir réveillé l'intérêt pour les secrets du Vatican, d'amener maintenant des millions de personnes à s'intéresser à ceux de la maçonnerie.
Thierry Bellefroid
Dan Brown, Le Symbole Perdu, Lattès