Il y a 30 ans, le port d'Anvers avait rêvé de faire accoster de gigantesques bateaux dans un dock long de cinq kilomètres et demi. Le Doel Dock avait une profondeur de plus de 12 mètres, mais il est aujourd'hui presqu'à sec. L’industrie chimique ne s'est jamais installée ici et les berges profilées pour intégrer des pipelines ne permettent pas aux navires de haute mer d’y accoster. Aujourd’hui, la partie nord du Doel Dock devrait être comblée par la construction d’un barrage. Le projet aura coûté entre 50 à 175 millions d'euros. De l'argent jeté à la mer.
Il y a 20 ans, Jean-Claude Defossé avait dépeint la construction d'un canal inutile reliant Courtrai à Bossuit: la liaison était trop étroite pour les bateaux de plus 300 tonnes. Le canal était sous-exploité et donc, les éclusiers voyaient rarement passer un bateau.
Autre histoire étonnante: celle de l'un des premiers travaux inutiles belges: les travaux commencent en 1827 et se terminent juste après l'indépendance du pays. Le but - un peu fou - était de relier la Meuse au Rhin. C'est le roi hollandais Guillaume 1er qui a porté ce projet à bras le corps. Le projet prévoyait 205 écluses pour compenser le dénivelé. Cent quatre-vingt cinq plus tard, il reste de nombreux vestiges dont l'un des premiers tunnels pour bateaux du monde.Celui-ci devait faire plus de deux kilomètres de long et 5 mètres de haut. Il est aujourd'hui envasé et est devenu un repère pour chauve-souris.
RTBF
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