Ce "conte de fée qui a viré au cauchemar", comme le qualifie un quotidien indonésien, embarrassait les autorités indonésiennes et malaisiennes depuis plusieurs mois.
Juste après son mariage célébré fastueusement à l'été 2008, Manohara Odelia Pinot, une jeune modèle prometteur à Jakarta, était partie habiter dans le palais de son époux, Tengku Temenggong Mohammad Fakhry, 31 ans, prince de l'Etat de Kelantan, dans le nord-est de la Malaisie.
"Ce n'était pas une vie de princesse. J'ai été traitée comme un animal, enfermée dans la chambre. Les abus sexuels étaient quotidiens", a raconté la jeune fille lors d'une conférence de presse. Elle a été, à plusieurs reprises, "droguée de force".
Inquiète de son silence, sa mère a tenté de lui rendre visite en Malaisie en mars, mais les autorités lui ont refusé un visa d'entrée. Elle a alors alerté la presse, qui s'est vue interdire d'évoquer cette affaire lors de la visite du Premier ministre malaisien à Jakarta.
Le "calvaire" de Manohara, née d'un père américain, a pris fin dimanche lorsqu'elle a réussi à alerter "secrètement" la police de Singapour où elle avait dû suivre le prince. Les policiers ont obligé ce dernier à la laisser regagner l'Indonésie.
Mises en cause par la famille, les autorités indonésiennes et malaisiennes ont démenti lundi avoir tenté d'étouffer l'affaire. Manohara a annoncé son intention de déposer plainte et de divorcer du prince de Kelantan, resté silencieux jusqu'à présent.
(A. Lechien avec Belga)