S’il n’est pas le premier périple spatial vers Mars, ce vol-ci n’en constitue pas moins "une prouesse technologique incroyable", souligne Véronique Dehant. En effet, on a réussi à faire se poser Curiosity sur la planète rouge, à plusieurs dizaines de millions de kilomètres de la Terre, au centre d’un point d’atterrissage de quelques kilomètres seulement, dans le cratère de Gale.
Le petit robot sera présent pour une année martienne, soit près de deux années terrestres et va se déplacer dans le cratère équipé d’une dizaine d’instruments permettant des relevés à dessein scientifique, rappelle la paléontologue.
Le but principal de cette mission est de comprendre la minéralogie de la surface de Mars. Soit essayer de comprendre "comment les minéraux qui sont à la surface sont éventuellement des minéraux hydratés, c’est-à-dire à travers lesquels de l’eau a percolé", précise l’invitée d’Arnaud Ruyssen.
"Habitable ne veut pas dire habité"
Les échantillons ne seront cependant pas ramenés sur terre pour analyse. Le robot va "analyser lui-même les échantillons et les minéraux qu’il aura trouvés". Les résultats sont envoyés sur terre par ondes radio et récoltés par d’immenses antennes sur Terre et analysés.
Attention, il ne s’agit pas de trouver de vie sur Mars mais bien de vérifier si cette planète est éventuellement "habitable". Or, "habitable ne veut pas dire habité", indique la scientifique. Il s’agit pour le moment de vérifier si les conditions d’habitabilité sont réunies, pas forcément de vérifier si oui ou non il y a de la vie sur Mars.
Les conditions pour que la vie puisse se développer sont la présence "d’eau, de nutriment et d’énergie", rappelle Véronique Dehant, et encore faut-il que ces éléments soient présents dans certaines conditions.
On risque aussi d’en apprendre sur l’histoire du système solaire et donc de la Terre puisque Mars, au contraire de notre planète, est "monoplaque" (alors que la surface de la Terre est composée de plusieurs plaques qui s’entrechoquent). Dès lors, l’histoire de Mars est "inscrite sur sa surface", nous apprend encore Véronique Dehant.
En résumé, par l’intermédiaire de Mars, on va tenter de mieux comprendre l’évolution des planètes de type tellurique (c’est-à-dire composées de roches et de métaux, à l’inverse des planètes gazeuses) du système solaire en général.
Poser le pied sur mars? "Une perspective de très, très long terme"
S’il est possible d’envoyer des robots sur notre planète voisine, cela n’indique pas encore que l’on soit prêt à y envoyer un vol habité.
Se rendre jusqu’à Mars "prend sept à huit mois" rien que pour le trajet. En outre, "on n’a une fenêtre de lancement que tous les deux ans (au moment où la terre est la plus proche de Mars). Autrement dit, à moins de s’y rendre et de repartir tout de suite, il faut compter deux fois huit mois de trajet plus deux ans sur place (qui correspondent à une année martienne, donc).
Dès lors, pour qu’un homme puisse s’y rendre et avoir une chance d’en revenir, il faudra une très lourde infrastructure. En outre, on en est encore au stade des expériences psychologiques pour voir comment l’humain s’adapte à d’aussi longues périodes en cabine.
Bref, "on n’en est pas encore là" admet la chercheuse. Selon elle, un vol habité vers Mars ce sera pour dans "30 à 50 ans".
Julien Vlassenbroek




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de Totor Bonjour. J'ai entendu deux questions peut-être mal posées qui ont été évincées. Je n'e les ai pas notées par écrit, et donc je les répéterai de façon approximative. La première: "Mars sera-t-elle orientée de telle façon à ce qu'on puisse voir le site sur lequel le Curiosity a atterri lors de "la nuit des étoiles"". La question est devenue: "Peut voir le robot Curiosity depuis la terre?". La réponse est évidemment "non", et tant pis pour les astronomes amateurs. La seconde question est plus philosophique: "Recherche-t-on des formes de vie qui ne sont pas à base d'eau?". Là non-plus, on ne parle ni des définitions ni des limites de ce qu'on appelle "la vie". Les médias ont remplacé "avoir confiance en la science" par "avoir confiance dans les scientifiques", et on interroge ceux-ci, en dehors de leur domaine de compétence, comme si ils étaient des "voyants extra-lucides". Les "scientifiques" sont des hommes et des femmes qui se trompent comme tout le monde!
07-08-2012 13:06 |
de Totor Bonjour. J'ai entendu deux questions peut-être mal posées qui ont été évincées. Je n'e les ai pas noyées par écrit, et donc je les répéterai de façon approximative. La première: "Mars sera-t-il orientée de telle façon à ce qu'on puisse voir le site sur lequel le Curiosity a atterri lors de "la nuit des étoiles"". La question est devenue: "Peut voir le robot Curiosity depuis la terre?". La réponse est évidemment "non", et tant pis pour les astronomes amateurs. La seconde question est plus philosophique: "Recherche-t-on des formes de vie qui ne sont pas à base d'eau?". Là non-plus, on ne parle ni des définitions ni des limites de ce qu'on appelle "la vie". Les médias ont remplacé "avoir confiance en la science" par "avoir confiance dans les scientifiques", et on interroge ceux-ci, en dehors de leur domaine de compétence, comme si ils étaient des "voyants extra-lucides". Les "scientifiques" sont des hommes et des femmes qui se trompent comme tout le monde!
07-08-2012 10:35 |