Opération antiterroriste: rappel des événements de la soirée de jeudi

Opération antiterroriste: rappel des événements de la soirée de jeudi
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Opération antiterroriste: rappel des événements de la soirée de jeudi - © BRUNO FAHY - BELGA

Dans le cadre d'une opération antiterroriste contre des groupes islamistes menée en plusieurs endroits en Belgique hier (jeudi) en fin de journée et en soirée, deux personnes sont décédées dans une fusillade avec la police dans le centre de Verviers. Une autre est blessée et a été arrêtée. Il s'agit d'individus surveillés qui venaient de rentrer de Syrie. Des perquisitions ont aussi eu lieu en région bruxelloise et en périphérie de la capitale. Le niveau de vigilance a été relevé car des attentats "imminents" étaient en préparation en Belgique. La police et la justice étaient visées.

Dans le cadre d'un dossier du parquet fédéral, un juge anti-terrorisme de Bruxelles a fait exécuter douze perquisitions dans les arrondissements de Bruxelles, Verviers et Hal-Vilvorde, explique le Parquet. Ces opérations ont mené à 13 interpellations (dont neuf rien qu'à Molenbeek) tandis que deux suspects ont été tués après avoir ouvert le feu sur les forces de l'ordre.

Des attentats "imminents" contre la police ont été déjoués

L'enquête portait sur une cellule opérationnelle composée notamment de personnes qui revenaient de Syrie et planifiaient des attentats terroristes d'envergure contre des services de police, et ce "de manière imminente", dans les prochains jours, voire les prochaines heures, selon le Parquet.

 

L'action de la police a été fondée sur des écoutes téléphoniques et le partage d'informations avec les services de l'antiterrorisme français.

"À l'origine, ce sont des SMS envoyés par des collègues de l'antiterrorisme français à d'autres collègues de l'antiterrorisme belge visant à leur signaler des informations qu'ils recueillaient de-ci de-là au cours de leurs contacts avec des personnes de milieux radicaux. Ces menaces ne s'adressaient pas stricto sensu aux policiers belges, mais il semble apparaître qu'elles englobaient le monde policier, qu'il soit belge, français, luxembourgeois ou allemand", nous a confirmé Vincent Gilles, le président du SLFP Police.

Les suspects ouvrent le feu sur la police à Verviers, la fusillade fait deux morts et un blessé

Lors de la perquisition dans un appartement situé rue de la Colline, à Verviers, les suspects ont ouvert le feu sur les policiers avec des armes de guerre et des armes de poing. Même blessés, même au sol, ils ont ouvert "un feu nourri" sur les forces de l'ordre.

La fusillade a eu lieu vers 17H45 et a duré "de longues minutes", précise le Parquet. Aucun civil ou agent de police n'a été blessé au cours de l'opération.

Deux terroristes présumés ont été tués, un troisième, blessé, a été interpellé. Selon le bourgmestre de Verviers, Marc Elsen, ils n'étaient pas connus de ses services de police. Le bourgmestre annonce une surveillance accrue dans sa ville pour les jours à venir. Des images de la fusillade ont rapidement circulé sur YouTube.

 

Ce vendredi, la rue de la Colline reste fermée et n'est accessible aux riverains que sur présentation d'une pièce d'identité.

Une autre intervention de policiers a eu lieu dans une habitation située rue du Palais à Verviers, à proximité du lieu du premier assaut, vers 21h. Les policiers sont restés une demi-heure dans ce logement pour recueillir des témoignages. Ils ont emporté des documents.

 

Six perquisitions et neuf interpellations à Molenbeek

Des perquisitions ont également été menées à Liedekerke, Bruxelles, à Verviers, à Berchem à Anderlecht ainsi qu'à Molenbeek. Selon la bourgmestre de Molenbeek, Françoise Schepmans, "toutes les opérations se sont bien déroulées" sur le territoire de sa commune. Il y a eu six perquisitions menées par la police fédérale dans sa commune qui ont mené à neuf interpellations. Des mesures de sécurité ont été prises autour du commissariat et des patrouilles, précise-t-elle.

Sur place, tant à Bruxelles, à Anderlecht, qu'à Molenbeek, tout était calme dans la soirée malgré de nombreuses rumeurs infondées d'assauts ou d'émeutes qui circulaient sur les réseaux sociaux. 

Le Premier ministre Charles Michel (MR) a dit avoir suivi l'action de près. Charles Michel, le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) et le ministre de la Justice Koen Geens (N-VA) se sont réunis jeudi soir avec les services de sécurité.

Lors d'une conférence de presse, le Premier ministre a annoncé un relèvement du niveau de la menace de 2 à 3 (sur une échelle de 4) et a tenu à féliciter les services de police.

Niveau de vigilance relevé

L'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (OCAM) a relevé le niveau de vigilance, de 2 à 3 sur une échelle de 4 sur tout le territoire a confirmé le Premier ministre.

Des mesures ont immédiatement été prises par les chefs de corps sur le terrain pour protéger les principales cibles policières potentielles.

La plupart des commissariats bruxellois ont été fermés. Ils n'ont pas été évacués mais les portes d'accès ont été bouclées.

"Le commissariat reste ouvert à la population mais le sas d'accès n'est plus accessible immédiatement. Il faut désormais sonner pour accéder aux locaux", a expliqué Vincent De Wolf, le bourgmestre d'Etterbeek. Des barrières nadar seront installées "en carré" devant le commissariat pour éviter tout stationnement d'un véhicule et le niveau d'armement des policiers a été modifié, a-t-il encore remarqué.

Les effectifs qui patrouillent sont doublés mais les policiers qui circulaient seuls, comme ceux de la brigade canine ou les cyclistes, ont été priés de rentrer au commissariat. "Ces mesures ont été décidées en concertation avec le commissaire de la zone. Les chefs de corps prennent eux même les décisions qui s'imposent pour renforcer la protection des policiers ", a conclu le bourgmestre d'Etterbeek.

La police locale de Charleroi a accru la surveillance autour de son hôtel de police. Des policiers montent actuellement la garde, mitraillette au poing.

Pas de lien avéré avec les événements en France

Aucun lien n'a été établi avec les événements survenus en France jusqu'à présent, ni avec le Carolo arrêté pour ses rapports avec Amedy Coulibaly.

L'enquête avait été ouverte deux semaines avant l'attaque de Charlie Hebdo, selon des sources judiciaires.

RTBF

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