Une nouvelle technique chirurgicale prometteuse pour les épileptiques

Une nouvelle technique chirurgicale pour les patients épileptiques
Une nouvelle technique chirurgicale pour les patients épileptiques - © AFP PHOTO DDP/JENS SCHLUETER

Que faire si on souffre d’épilepsie, et que les médicaments ne fonctionnent pas ? Il y a la neurochirurgie. Beaucoup de patients sont réticents à franchir le pas, et on peut les comprendre car il faut agir au cœur même du cerveau. Mais les techniques sont de plus en plus efficaces. Le centre d’épilepsie réfractaire des cliniques universitaires Saint-Luc a mis au point une technique inédite qui semble particulièrement efficace.

Il existe plusieurs techniques chirurgicales pour calmer les crises d’épilepsie. Le professeur Christian Raftopoulos et son équipe ont travaillé sur la transection.

Une crise d’épilepsie, c’est un groupe de neurone qui s’activent anormalement à un moment donné. La transection consiste à agir, en quelque sorte, comme des policiers pour disperser des manifestants. "Si on doit absolument contrôler une manifestation, que fait-on ? On divise les 10 000 manifestants en petits groupes qui feront encore du bruit, mais très peu. Ils continueront à faire ce qu’ils faisaient dans la vie de tous les jours" explique le professeur.

Il s’agit donc de couper le lien entre les neurones sans endommager leurs fonctions. Le problème, c’est que cette technique de transection dite "parallèle" engendre beaucoup de petites hémorragies dans le cerveau. Et avec de sérieux risque de séquelles, environ 20%.

Transection radiaire

Christian Raftophoulos et son équipe ont travaillé durant 10 ans pour optimiser les incisions. Et ils en sont arrivés à une technique baptisée "transection radiaire". Il s’agit de faire partir les incisions à partir du même point.

Et les premiers résultats sont plus que probants: "Dans cette première population de 62 patients consécutifs, nous n’avons pas de complication majeure liée à la technique de transection. Mais ce qui est important, c’est qu’on a une efficacité qui est équivalente aux résultats de la technique parallèle" se réjouit Christian Raftopoulos.

Notez que cette technique chirurgicale ne s’adresse qu’aux cas les plus lourds. Une personne sur 100 en Belgique est épileptique. Un tiers de ce pourcentage ne réagit pas bien aux médicaments et serait donc susceptible de faire appel à la chirurgie.

Simon Gérard

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