Enquête sur le cas Lumumba: "La famille veut mettre fin à l'impunité"

Patrice Lumumba (au centre)
Patrice Lumumba (au centre) - © Archive Belga
Rédaction RTBF

C'est un coup de tonnerre ou un pied de nez à l'histoire. La chambre des mises en accusation de Bruxelles autorise l'ouverture d'une enquête sur la mort de Patrice Lumumba, 60 ans après les faits. L'ancien Premier ministre congolais avait été assassiné le 17 janvier 1961. Sa famille avait déposé plainte en Belgique contre l'Etat belge et plusieurs personnalités.

La veuve et les enfants de Patrice Lumumba ont interpellé la Justice belge. Ils ont déposé plainte en juin 2011 avec constitution de partie civile devant un juge d'instruction bruxellois.

Une commission d'enquête parlementaire s'était déjà penchée sur la mort de Patrice Lumumba. Elle avait conclu en 2002 à la responsabilité morale de la Belgique dans l'assassinat. Le gouvernement avait, lui, parlé de responsabilité "tout court". La famille de Patrice Lumumba demande aujourd'hui que les responsables soient jugés. Elle veut que des responsabilités individuelles soient établies.

La plainte contre X vise aussi une dizaine de personnes dont huit sont encore vivantes. Il s'agit d'anciens conseillers et attachés de cabinet de ministres en poste à l'époque. Parmi eux, on évoque le nom d'Etienne Davignon, jeune diplomate au Congo dans les années soixante. Le ministre des Affaires étrangères de l'époque, Pierre Wigny (PSC), décédé en 1986 est également visé.

 

La famille de l'ancien Premier ministre congolais assassiné souhaite mettre fin au règne de l'impunité et obtenir justice comme l'explique l'avocat de la famille Lumumba, Christophe Marche. "La famille cherche la vérité et elle cherche la justice. Il y a une reconnaissance morale à un moment donné de la responsabilité de la Belgique dans l'assassinat de Patrice Lumumba mais ce n'est pas suffisant pour la famille qui veut que toutes les responsabilités soient établies judiciairement, que des gens soient condamnés pour ce qu'ils ont fait à l'époque", développe-t-il.

 

"On pense qu'il y a encore des informations qui n'ont pas été dévoilées, je pense notamment par exemple à des archives personnelle de gens de l'époque et j'espère qu'on va retrouver ces documents et pouvoir alors, je dirais, aller plus en profondeur dans les responsabilités individuelles, savoir exactement ce qui s'est passé", explique encore l'avocat.

L'enquête va donc pouvoir commencer. Elle est rendue possible grâce à la loi sur la compétence universelle. L'assassinat de Patrice Lumumba est aussi assimilé à un crime de guerre. Il n'est donc pas frappé de prescription.

Ju. Vl. avec Radia Sadani


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