Une électrode dans le cerveau pour lutter contre l'alcoolisme

L'université d'Anvers teste une nouvelle méthode contre l'alcoolisme
L'université d'Anvers teste une nouvelle méthode contre l'alcoolisme - © AFP PHOTO / Philippe Lopez
Rédaction RTBF

L'alcoolisme est un véritable fléau. Entre 5 et 7% de la population ont une dépendance à l'alcool. En Belgique, on teste une nouvelle méthode pour lutter contre cette addiction. En implantant une électrode dans le cerveau d'un alcoolique, des chercheurs de l'université d'Anvers sont parvenus à stopper sa dépendance.

L'homme était alcoolique depuis 20 ans. Aujourd’hui, il affirme qu'il n'a plus envie de boire. Mais il faudra encore s'assurer qu'il ne fasse pas de rechute.

La technique a déjà fait ses preuves pour la maladie de Parkinson. L'électrode implantée envoie du courant électrique sur une zone du cerveau et cela diminue les tremblements.

Frédéric Supiot, neurologue à l 'hôpital Erasme, connaît bien cette méthode. "Elle est utilisée  principalement dans la maladie de Parkinson, et plus récemment, on a montré que dans certains affections psychiatriques, en particulier les troubles obsessionnels compulsifs mais aussi le traitement des addictions cela pouvait avoir un effet".

A condition de trouver la bonne zone à stimuler... et ça, ce n'est pas encore gagné. Il faudra faire beaucoup plus d'expériences. Il faudra aussi mesurer les risques de ce genre d'intervention.

"Il s'agit d'une opération neurochirurgicale donc il y a des risques de saignement. C’est rare mais ça arrive parfois".

"Effectivement il peut y avoir certaines lésions cérébrales", comme l’explique Fabrice Jurysta, psychiatre à l'hôpital Erasme. Mais il nuance. "D'un autre côté il faut savoir que le patient qui est éthylique chronique va avoir de nombreuses séquelles  dont de la confusion, des trous de mémoires et d'autres problèmes médicaux relativement graves et incurables et donc entre deux maux, il faut parfois choisir le moindre".

Cela dit, même si elle devient un jour plus courante, l'implantation d'électrodes ne sera jamais proposée qu'en derniers recours, aux patients alcooliques qui ont résisté à toutes les autres les thérapies.

Daphné Van Ossel


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