Syrian Expat Philharmonic Orchestra, un concept qui casse les frontières !

Les répétitions, à la veille du concert au BOZAR.
Les répétitions, à la veille du concert au BOZAR. - © Tous droits réservés

Depuis maintenant six ans, la guerre en Syrie plonge le pays dans le chaos. Des centaines de milliers d’homme et de femmes ont quitté le pays, et parmi eux des musiciens des plus talentueux.

Grâce à l’initiative d’un homme, ils unissent leurs talents et jouent ensemble à travers toute l’Europe. Le concert du Syrian Expat Philharmonic Orchestra (SEPO) constitue un moment hautement symbolique ce mardi 21 mars, à la veille du premier anniversaire des attentats de Bruxelles. En collaboration avec l’Orchestre national de Belgique, des musiciens syriens et belges vont unir leurs talents lors du Klarafestival.

Le contrebassiste Raed Jazbeh est le fondateur de l’orchestre, pour lui cet orchestre représente beaucoup. "Nous avons tous perdu beaucoup, famille, amis, maison et instruments ! Cet orchestre nous rend de l’espoir. On peut continuer notre vie et nous pouvons accomplir notre travail au sein de l’orchestre symphonique." Le profil de Raed Jazbeh est un peu différent des autres réfugiés. "Je suis originaire d’Alep, en aout 2013, je suis venu en Allemagne. J’ai reçu un visa de voyage pour venir jouer à l’orchestre de Berlin. Maintenant, je vis à Berlin et j’ai décidé de rester ici."

L’image d’un orchestre

Pour lui, l’orchestre tend à donner une autre image du réfugié. "J’ai créé cet orchestre pour plusieurs raisons. J’ai contacté par Facebook les musiciens syriens. Nous avons choisi le terme d’expatrié et non de réfugiés. Les médias ne montrent que le sang, le conflit et la guerre. Nous voulons exposer une autre image de la Syrie. Une image de musique, d’art et d’amour. Nous sommes l’inverse de ce qu’on le pense de nous. Nous ne sommes pas des hommes dangereux, seulement des musiciens. Nous sommes comme chaque humain à travers le monde et nous voulons transmettre ce message à travers le monde."

La musique contre la terreur

Ce groupe de 40 musiciens venu de Syrie traverse l’Europe. Après Bruxelles, ils partiront pour la Grèce, et tournerons dans toute l’Allemagne. Ils veulent surtout affirmer que la musique peut faire oublier les images atroces de la guerre. "Nous avons besoin d’unité après les difficultés que nous avons traversées. Nous avançons petit à petit, c’est tout ce que l’on peut faire, mais c’est déjà pas mal."

Une mixité qui fait du bien

Pour ce concert, les musiciens syriens seront accompagnés de musiciens belges. Hans Waege, intendant de l’orchestre National de Belgique. "Pour nous, c’est très important ! On vit dans une société avec différente communauté. Après un tel drame, nous nous devions de nouer des liens. D’une certaine façon, on parle la même langue, la langue universelle de la musique. La culture montre qu’il y a un humanisme universel."

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