Pour l'écrivain Frédéric Beigbeder, "la rentrée littéraire est une maladie française qu'il ne faut surtout pas soigner ". Une maladie francophone plutôt, qui braque les feux des projecteurs sur la littérature. Et qui attire les lecteurs vers les librairies et autres sites de ventes.
Mais y a-t-il de la place pour les Belges dans les étals ? Amélie Nothomb, elle, n’aura aucun problème à vendre son Barbe-Bleue, édité par Albin Michel, grosse maison d’édition française. C’est que les auteurs belges, nombreux pour cette rentrée littéraire, ne cherchent pas forcément à être édités par des maisons d’édition belges. Bien au contraire. "Il y en a beaucoup qui partent, peut-être à cause d’un manque de visibilité", explique Caroline Deliver, responsable du rayon littérature à la librairie Molière à Charleroi.
Car les maisons d’édition belges ont bien des difficultés à se faire une place face aux géants français. "Nous essayons de leur donner de la visibilité, nous avons un rayon littérature belge", note Caroline Deliver. Mais les éditeurs manquent de moyens.
"On n’est pas plus noyés que les maisons d’édition françaises de la même taille", explique pourtant Luce Wilquin, éditrice indépendante depuis 20 ans en Belgique. Tous les petits éditeurs, belges ou français, sont dans le même panier face aux géants. "On essaie à la force du poignet que les gens sachent qu’on existe. C’est un travail de tous les jours (…) C’est vraiment difficile de faire son trou, sa niche sur les tables des libraires". Et de faire parler de ses livres dans la presse. "Ce dont je rêve, c’est d’une attachée de presse qui puisse me relayer", place Luce Wilquin en riant. L’apparition des blogs a d’ailleurs bien aidé. "C’est ce qui fait le plus vendre", reconnaît l’éditrice, qui se dit optimiste.
Cette année, Luce Wilquin présente 10 romans à la rentrée littéraire, en Belgique, en France et en Suisse. Des Belges et des Français. Des auteurs qui parfois la privilégient par rapport aux grosses maisons. "J’ai un excellent contact avec les écrivains". Et de raconter l’histoire de cette jeune auteure parisienne talentueuse qui lui a expressément demandé de la publier, après l’avoir croisée dans plusieurs salons.
Luce Wilquin n'est pas la seule éditrice belge à présenter des livres pour cette rentrée. Citons notamment Grand Miroir, qui privilégie les auteurs belges. La bataille des présentoirs est lancée...
J.C.




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