Procès scientologie: "Je ne faisais pas de la médecine", insiste une prévenue

Le procès de l'Eglise de scientologie se déroule à Bruxelles
Le procès de l'Eglise de scientologie se déroule à Bruxelles - © ERIC LALMAND - BELGA

"J'étais responsable de la prescription des doses de vitamines que les paroissiens devaient prendre pendant leur programme de purification mais pour moi ce n'est pas un acte médical", a déclaré l'une des prévenues mardi, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, contestant la prévention de pratique illégale de la médecine qu'on lui reproche entre autres. Onze membres et anciens membres de l’Église de Scientologie belge, ainsi que l'asbl Église Scientologie Belgique et l'asbl Église Scientologique Europe elles-mêmes, sont prévenus notamment de faits d'escroqueries et de pratique illégale de la médecine.

"Je me basais sur les écrits de Ron Hubbard [fondateur de l'Eglise de scientologie] et sur mes propres lectures pour indiquer les doses de vitamines à prendre", a expliqué la prévenue, membre de l’Église de scientologie, poursuivie entre autres pour pratique illégale de la médecine.

Cette dernière était l'une des responsables des informations données aux paroissiens de l'Eglise de scientologie belge concernant les doses de compléments alimentaires à ingérer. Cet acte fait partie, en scientologie, d'un "programme de purification".

"J'avais bien lu que les vitamines en elles-mêmes n'étaient jamais un problème. Ce qui peut causer des soucis c'est quand elles sont mal équilibrées", a déclaré la prévenue.

"J'étais responsable de la prescription des doses de vitamines que les paroissiens devaient prendre pendant leur programme de purification mais pour moi ce n'est pas un acte médical", a-t-elle précisé au président du tribunal qui l'a interrogée sur les effets secondaires néfastes de ces substances, que certains ont dit avoir ressentis après les avoir ingérées.

150 000 francs belges

La prévenue a encore affirmé au tribunal que le coût de ce programme de purification était de l'ordre de cent-cinquante mille francs belges, soit environ trois mille sept-cent-cinquante euros.

Le juge a encore questionné la prévenue sur une plainte déposée par une ancienne membre de l'Eglise de scientologie de Belgique, en 1997. C'est cette plainte qui avait déclenché toute l'enquête sur les agissements de l'Eglise.

"J'ai rencontré madame V. en effet, en novembre 1997", a dit la prévenue. "Celle-ci était membre de l'Eglise tout comme son mari. Mais cette dame n'allait vraiment pas bien quand je l'ai vue. Elle m'a dit qu'elle avait tenté de se suicider et que, si elle l'avait fait, elle aurait dit que c'était à cause de la scientologie pour faire peur, pour faire du tort", a raconté la prévenue.

"Elle était en désaccord avec son mari à cause des dépenses qu'il faisait pour sa formation à l'Eglise. Et ce que j'ai compris, moi, c'est qu'elle ne voulait pas se suicider à cause de la scientologie mais qu'elle aurait dit cela, faussement, pour nuire à son mari", a expliqué la prévenue.

"Je lui ai alors conseillé d'écrire ses "overt" [transgression du code moral de l'Eglise]. Ensuite, cela a été transmis à l'OSA [le bureau des affaires spéciales de la scientologie]. J'ai voulu prendre la défense de mon groupe car il s'avérait que madame V. voulait accuser la scientologie de son mal-être", a dit la prévenue.

Mardi, la défense a également provoqué un léger incident d'audience en reprochant au président du tribunal, Yves Régimont, de mener une instruction d'audience trop orientée et de manière non-respectueuse des croyances des scientologues.

Le procès se poursuivra jeudi avec l'interrogatoire des prévenus puis vendredi avec l'audition de témoins.

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