La prise d'otage s'est déroulée peu avant 07h00 du matin lorsqu'un gardien est allé porter le petit-déjeuner à Julien Cazzetta. Portant un engin autour du cou et précisant qu'il s'agissait d'une bombe, le détenu a pris en otage le chef de quartier et les deux autres gardiens qui l'accompagnaient. L'individu a exigé les clés de plusieurs grilles et les clés d'un véhicule. Une patrouille de la police de Tournai qui effectuait une ronde dans le quartier est intervenue et a réussi à maîtriser le prisonnier alors qu'il était dans le sas permettant de quitter la prison.
"Lors de la prise d'otage des trois gardiens, l'homme était armé d'un couteau. Le détenu portait au cou un engin très bien fait. Il faisait croire à une bombe avec un détonateur. L'engin était composé à 50% de plasticine. A la sortie du sas de la prison, un policier a reçu ce paquet entre les mains. L'engin a été mis à distance de l'entrée et un large périmètre de sécurité a été établi en attendant les démineurs", a précisé le commissaire Hooreman.
Après la prise d'otage, les gardiens "sous le coup de l'émotion" ont décidé de faire grève jusqu'à lundi 06h00. Dans la journée, ils ont prolongé la grève jusqu'à 14H00. Il n'y a donc eu ni visite, ni préau, ni activité ce dimanche pour les détenus de la prison de Tournai.
Agé de 35 ans, condamné à diverses reprises pour des vols avec violences, dont un ayant entraîné la mort d'une personne, Julien Cazzetta s'était évadé avec deux autres détenus de la prison de Jamioulx le 31 juillet 2011. Un de ses complices d'évasion avait écopé de 30 ans de prison pour le meurtre d'un boulanger à Jamioulx. Julien Cazzetta avait été repris le 12 août et transféré le 22 mars dernier à la prison de Tournai. Seul en cellule, il faisait l'objet d'un régime spécial de surveillance.
Instruction
Marie-Claude Maertens, procureur du roi de Tournai, et Philippe Hooreman, commissaire divisionnaire de la zone de police du Tournaisis, ont tenu dimanche en fin d'après-midi une conférence de presse au palais de justice.
"Le détenu sera entendu en début de soirée par la juge Sophie Bastin. Le parquet de Tournai a requis une inculpation pour prise d'otage. L'intéressé risque de 20 à 30 ans de réclusion. La juge prendra des dispositions pour que Cazzetta quitte Tournai dès ce soir", a expliqué Marie-Claude Maertens.
Ce lundi matin, au-delà de l’émotion vécue hier et de la colère qu’elle aurait pu engendrer, personnel et syndicats se posent tout de même des questions. La prison de Tournai est-elle adaptée pour accueillir ce genre de détenus, réputés dangereux, vu sa proximité avec la frontière française ? Mais aussi quel soutien psychologique les gardiens sont-ils en droit d'attendre après de tels faits?
Quant à Julien Cazzetta, il a bel et bien été transféré à la prison de Bruges. Le parquet a requis contre lui une inculpation pour prise d'otage.
Pas de soutien psychologique pour les agents de la stress-team?
Les agents pris en otage déplorent de ne pas avoir pu bénéficier du moindre soutien psychologique après les incidents de dimanche. Il faut malgré tout souligner que dans ce cas-ci, les choses sont un peu particulières... Guillaume Olivier (délégué CSC): "Les gens pris en otage dimanche faisaient justement partie de la stress-team. Il faut savoir que dans le personnel, il y a des gens qui sont désignés et formés pour pouvoir aider nos collègues pris dans ce genre de situation. Ici, c'est justement cette équipe-là qui a été prise en otage!"
D'après le délégué CSC, ces trois agents auraient voulu aller à l'hôpital pour recevoir un avis médical. Là, "on leur a refusé la consultation. On n'a même pas voulu les examiner, sous prétexte qu'ils ne présentaient pas de blessure ni de contusion. C'est scandaleux!" Le service psycho-médical aurait pu aider les agents en difficulté. Problème: on y travaille pas le week-end. "Il n'y avait donc pas d'autre solution que d'aller à l'hôpital."
L'administration pénitentiaire a tenu à réagir à ces accusations. Elle confirme qu'effectivement ce sont bien des agents de l'équipe de soutien qui ont été pris en otage par Julien Cazzeta. Quant au reproche fait par le personnel d'un éventuel manque d'encadrement, Laurent Sempo (attaché à la direction générale des établissements pénitentiaires, au SPF Justice) dément : "Ces agents ont bien été pris en charge par leurs collègues. Il y a eu soutien psychologique et il continuera d'ailleurs à être proposé puisqu'il est prévu qu'il y ait une prise en charge pour l'ensemble du personnel ce mardi midi."
Belga




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de julo qu'on le met un boulet au pied, A ! mai on peute pas, pourtant ces malfrats ne se gêne pas pour bléser des gardiens.
04-06-2012 18:10 |
de Silence C'est un sentiment tout-à-fait personnel : la crainte que mon commentaire prolonge ou déclenche une grève m'ôte la liberté de commenter .
04-06-2012 12:34 |
de emilie Partageriez-vous mon sentiment que les profs seraient plus heureux s'il n'y avait pas d'élèves, que le métier de cheminot plus facile s'il n'y avait pas de train à faire rouler, que les prisons seraient plus sûres si on n'y enfermait pas de criminels? ....
04-06-2012 14:17 |
de Silence Ce ne peut être formulé de plus parfaite façon ...
04-06-2012 23:34
de Silence @ Émilie . Je le partage d'autant plus que je n'aurais pu l'exprimer de manière plus parfaite en restant aimable .
05-06-2012 11:34