Si vous êtes Bruxellois et que vous voulez prendre le train depuis la gare centrale pour aller profiter du soleil de la plage de Knokke, votre trajet durera aujourd'hui quatorze minutes de plus qu’en 1990 (93 minutes contre 79 il y a vingt ans).
Plusieurs trajets sur des tronçons importants ont ainsi été rallongés au cours des deux dernières décennies.
D’après le journal De Morgen, il s’agit d’une politique délibérée de la SNCB afin de diminuer ses retards (en effet plus le délai annoncé est long, plus il est aisé à respecter).
Plus d'arrêts, plus de voyageurs, plus de trains donc des trajets plus longs
Une analyse qui est catégoriquement rejetée par la société de transport ferroviaire. "Il est impossible de comparer un trajet de train à l’époque et aujourd’hui", commence par préciser Claire Gillissen, porte-parole de la SNCB. "Depuis dix ans, il y a eu une augmentation du nombre de voyageurs de 50%. Dès lors, forcément, il faut plus de temps ne serait-ce que pour monter et descendre des quais", nous fait-elle remarquer.
"Il y a également plus d’arrêts qu’il y a vingt ans, pour répondre à la demande des voyageurs", indique-t-elle encore. "Enfin, ces dernières années il y a beaucoup de travaux d’infrastructure : le RER, la dorsale wallonne, le projet Diabolo… On a connu une grande période de travaux infrastructurels qui fait que certains trains devaient (ou doivent encore) rouler à vitesse réduite, que des voies n’étaient pas utilisables, etc.", conclut Claire Gillissen.
Depuis 1998, il y a une augmentation de 30% du nombre de train, a encore ajouté Bart Crols, porte-parole néerlandophone de la SNCB, au journal De Morgen. Il y a donc plus de trains qui roulent et qui se doivent se croiser. Pour des raisons de sécurité, "qui est une top priorité pour la SNCB" précise Bart Crols à la VRT, la vitesse des trains doit donc être parfois ralentie.
Rallonger les trajets pourrait paradoxalement faire gagner du temps
Si les trajets en train sont plus longs aujourd’hui qu’il y a vingt ans, ce ne serait donc nullement le résultat d’une politique délibérée visant à diminuer le taux de retards sur le réseau. Il s’agirait là simplement du résultat de plusieurs facteurs structurels avec lesquels la SNCB doit composer.
Pourtant, rallonger délibérément les durées de trajets pourrait être une politique qui fait sens.
Paradoxalement, cela pourrait même faire gagner du temps aux usagers si l’on en croît le professeur de l’Université de Gand Pieter Vansteenwegen. D’après ce dernier "cela peut paraître étrange mais en pratique cela permet aux voyageurs d’arriver plus rapidement à leur destination. Il vaut en effet mieux un trajet un peu plus long mais la certitude d’avoir sa correspondance", commente-t-il dans De Morgen. "Mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit", nous demande-t-il par téléphone. "Il y a de fait plus de trains et plus d’arrêts qu’il y a vingt ans, donc si la SNCB affirme que c’est là la raison du rallongement des trajets, il n’y a, dans mon chef, pas de raison de remettre cette affirmation en cause", explique ce spécialiste du transport ferroviaire.
Julien Vlassenbroek




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