Michel Visart, papa d'une des victimes des attentats de Bruxelles, témoigne

Michel Visart est journaliste économique à la RTBF depuis de nombreuses années.
Michel Visart est journaliste économique à la RTBF depuis de nombreuses années. - © RTBF

Michel Visart, journaliste économique à la RTBF est venu témoigner sur nos plateaux ce samedi.

Sa fille, Lauriane, est parmi les victimes de l'attentat au métro de Maelbeek. Il nous raconte comment il a vécu l'attente, et l'annonce du décès de sa fille.

"C'est à partir de 10h15 que ma femme et moi avons commencé à nous inquiéter. Elle n'était pas arrivée sur son lieu de travail, donc nous avons essayé de la contacter. Mais les heures passaient, et nous n'avions aucune nouvelle. L'angoisse augmente, elle fait place à la peur. C'était sa ligne de métro, elle passait tous les jours à Maelbeek."

Une attente qui a duré très longtemps, son décès n'ayant été formellement confirmé qu'hier. "C'est une souffrance que l'on ne peut pas décrire, que l'on partage à sa manière avec toutes les familles qui ont vécu cela, d'où qu'elles viennent."

J'ai énormément d'admiration pour les bénévoles de la Croix Rouge, pour les personnes du service d'identification

"Ce qui est très dur à ce moment-là, l'attente passant, l'espoir diminue mais il est toujours là. Tant que l'on n'est pas prévenu, il y a ce quelque chose qui est toujours là. C'est une situation qui est très dure à gérer pour nous et pour les proches aussi. C'est un moment qui est très dur et très compliqué."

"Quand on apprend sa mort, ce n'est pas un soulagement sur le moment-même, on craque, c'est sûr. Mais c'est un vrai soulagement quand même, car on se dit 'Voilà, maintenant on peut commencer quelque chose'".

"J'ai énormément d'admiration pour les bénévoles de la Croix Rouge, pour les personnes du service d'identification, pour leur humanité et leur professionnalisme. Je tiens vraiment à leur rendre hommage, dans cette terrible épreuve ils nous ont aidés."

"Lauriane avait des valeurs extrêmement fortes, qu'elle défendait avec beaucoup d'acharnement comme l'équité, la justice, la tolérance, l'égalité entre les sexes. Je ne suis pas naîf, je sais très bien qu'aujourd'hui la sécurité est indispensable. Mais je pense que si on construit des murs d'exclusion, si l'on cultive la haine, on va dans le mur"

"Dans le futur, si l'on veut un monde différent, il faut le respect et la tolérance. Je ne veux pas faire du pathos, mais il faut aussi de l’amour. Et l'on doit bien cela à toutes les Lauriane du monde entier."


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