Lors d'une allocution de dix minutes, Julian Assange a invité le président américain Barack Obama à lever "la chasse aux sorcières" ouverte par les Etats-Unis à l'encontre de WikiLeaks. L'ancien "hacker" australien, menacé d'arrestation sur le sol britannique à la suite d'une demande d'extradition de la justice suédoise, s'est livré à un réquisitoire contre les Etats-Unis qu'il a accusés de menacer la liberté de la presse dans le monde.
"Il faut libérer Bradley Manning"
Julian Assange a également appelé dimanche les Etats-Unis à libérer le soldat américain Bradley Manning, soupçonné d'être la source de la divulgation en 2010 des télégrammes diplomatiques américains par WikiLeaks, le qualifiant de "héros".
"Après deux ans de prison, il n'a toujours pas été jugé, il doit être libéré, a répété M. Assange sous les applaudissements, considérant que "si Bradley Manning a fait ce dont on l'accuse, c'est un héros et un exemple pour nous tous". Il l'a qualifié "d'un des plus grands prisonniers politiques du monde". Agé de 24 ans, Bradley Manning risque théoriquement la peine de mort pour avoir "aidé l'ennemi".
Le cofondateur de WikiLeaks s'exprimait depuis un balcon de l'ambassade d'Equateur, dans le quartier huppé de Knightsbridge, où il a trouvé refuge depuis le 19 juin. "(...) WikiLeaks est sous le coup de menace, tout comme la liberté d'expression et la santé de l'ensemble de nos sociétés", a-t-il dit. "Je demande au président Obama de prendre la bonne décision: les Etats-Unis doivent renoncer à la chasse aux sorcières lancée contre WikiLeaks", a-t-il dit en levant les deux pouces en direction des médias internationaux.
Deux journées de réunion
Les ministres des Affaires étrangères de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA) se sont réunis deux jours après que l'Equateur a accordé l'asile diplomatique à Julien Assange, fondateur de WikiLeaks, qui s'est réfugié à l'ambassade équatorienne de Londres le 19 juin pour éviter son extradition vers la Suède, où il doit répondre devant la justice de viol et d'agressions sexuelles.
Le gouvernement de l'Equateur s'est insurgé contre les menaces des autorités britanniques de pénétrer dans son ambassade à Londres pour y interpeller M. Assange, même si plus tard, le ministre des Affaires étrangères britannique William Hague a démenti avoir cette intention.
Néanmoins, l'ALBA a soutenu samedi que "les menaces proférées par le gouvernement du Royaume-Uni, qui supposent la possibilité d'une entrée indue dans le siège diplomatique de l'Equateur à Londres pour arrêter Julian Assange, constituent des actes d'intimidation attentatoires à l'intégrité territoriale de la République de l'Equateur".
Belga et AFP




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