Les semences traditionnelles en danger? Relisez le chat avec Nature et Progrès

Les semences traditionnelles en danger?
Les semences traditionnelles en danger? - © Archive RTBF
Rédaction RTBF

La législation européenne interdit de commercialiser des semences de variétés traditionnelles et diversifiées qui ne sont pas explicitement inscrites au catalogue officiel. La biodiversité de nos potagers et de nos vergers est-elle menacée? Sophie Maerckx de Nature et Progrès a répondu à vos questions.

"Les agriculteurs sont tenus d'utiliser des semences inscrites au catalogue et donc généralement d'acheter des semences produites par des semenciers. Cela représente donc un coût supplémentaire pour le producteur", explique aux internautes Sophie Maerckx de Nature et Progrès.

Pour être inscrites dans ce catalogue, "les semences doivent passer un test DHS : distinction - homogénéité – stabilité", précise-t-elle : "cela signifie que la variété de semences doit être différente de celles déjà inscrite (distinction). Elle doit être homogène : les individus de cette variété doivent être identiques aux critères définissant la variété. Et elle doit être stable : au fur et à mesure des générations, les individus doivent être identiques. Le coût d'inscription est de 200 euros pour l'ouverture du dossier, auxquels il faut ajouter 600 euros pour l'examen DHS. Ensuite, les années suivantes, la variété doit être maintenue au catalogue et ça a aussi un coût".

Privilège fermier

"La décision de la Cour de Justice de l'Union européenne dans l'affaire Kokopelli porte sur les semences de légumes. Les agriculteurs (hors maraîchers) sont aussi tenus d'utiliser des semences inscrites au catalogue ; leur marge de manœuvre est donc réduite pour développer leur propre patrimoine de semences" ajoute Sophie Maerckx.

"Les agriculteurs bénéficient encore aujourd'hui du ‘privilège fermier’ ou de ‘l’exception fermière’, c'est à dire qu'ils peuvent replanter une partie de leur récolte l'année suivante. Cela fonctionne surtout pour les céréales, pour lesquelles les opérations de tri et de conservation sont réduites", précise-t-elle encore.

Productivité

Le professeur Bernard Bodson des Facultés agronomiques de Gembloux a expliqué à la RTBF que les variétés issues de la recherche sont plus résistantes et plus productives. Pour Nature et Progrès, "l'analyse de la productivité peut être effectivement faite par unité de main d'œuvre ou par surface. Bien souvent, la productivité est uniquement évaluée sur base du rendement ramené à la surface et ne tient pas compte des critères sociaux (nombre de travailleurs). La productivité peut en outre être évaluée par rapport aux intrants nécessaires à faire pousser la plante : dans le cas de semences standardisées développées pour la production industrielle, leur bon développement est conditionné par l'apport d'intrants (engrais, pesticides) et leur productivité par input d'intrant est probablement moins bonne que celle des variétés anciennes".

Echange de semences

Sophie Maerckx précise aussi que "la commercialisation ne se limite pas à la vente, mais porte aussi sur l'échange en vue d'une exploitation commerciale. Le don de semences entre producteurs maraichers, c'est donc bien de la commercialisation ! Par contre, la marge de manœuvre des particuliers (échanges entre jardiniers) est bien plus large".

Elle annonce aussi qu’une structure d’échange de semences entre maraîchers ou entre particuliers devrait voir le jour dans les prochains mois en Région wallonne.

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