"Mars est sympa avec nous, nous allons avoir de bonnes conditions pour dimanche", a dit l'un des scientifiques en charge du projet MSL (Mars Science Laboratory), Ashwin Vasavada, lors d'un point presse avant l'atterrissage prévu à 22H31 ce dimanche sur la côte ouest américaine, diffusé sur la télévision de la NASA, en fin de nuit chez nous.
Une tempête de poussière repérée il y a quelques jours s'est dissipée, cédant la place à un "nuage de poussière assez bénin", selon le scientifique. "Ce nuage de poussière n'atteindra probablement pas le cratère de Gale avant que nous nous posions", prédit-il, ce qui ne devrait "pas affecter l'arrivée, la descente et l'atterrissage de manière significative".
De la vie sur Mars ?
Le "rover" à six roues du programme qui a coûté 2,5 milliards de dollars transporte un système sophistiqué d'analyse des roches et des sols martiens, qui se mettra à la recherche de signes d'une quelconque vie sur la Planète rouge.
Son atterrissage est le plus difficile auquel ait jamais été confrontée la NASA, car Curiosity est trop lourd pour que l'impact soit amorti par des sacs à air. Les ingénieurs ont donc conçu une sorte de "grue" avec des rétrofusées qui tiendra le robot à l'aide de cordes en nylon pendant les dernières secondes de la descente.
Avant cela, le vaisseau aura connu 7 minutes de descente vertigineuse, qualifiées par la NASA de "sept minutes de terreur", durant lesquelles sa vitesse passera de 21.243 à 2,74 km/h. Un immense parachute supersonique de 21 mètres de diamètre se déploiera tout d'abord après le largage du bouclier thermique, pour freiner le vaisseau au-dessous de la vitesse du son. Pendant ce moment critique, deux sondes de la NASA en orbite autour de Mars, ainsi qu'une sonde européenne, seront à l'écoute des signaux de Curiosity et transmettront leurs données aux scientifiques rassemblés à Pasadena.
"Chaque jour qui passe est plus effrayant", admet Doug McCuistion, directeur de programme d'exploration de Mars à la NASA, rappelant que 40% des tentatives passées d'envoyer des vaisseaux sur Mars ont été couronnées de succès. "Peut-on y arriver ? Oui, je le pense. J'ai confiance dans notre équipe, qui a fait un travail incroyable. C'est une équipe de première classe. Ils ont fait tout ce qu'il fallait pour assurer le succès", dit-il. "Mais le risque existe néanmoins. Et ça va être difficile", ajoute-t-il.
Une mission d'exploration de Mars de 2 ans
Si Curiosity parvient à se poser sans encombres, il mènera sur Mars une mission de deux ans. Alimenté par un générateur nucléaire, il tentera de découvrir si l'environnement martien a pu être propice au développement de la vie microbienne. Pour cela, Curiosity possède de nombreux outils, certains de conception et de fabrication françaises, notamment un mât avec des caméras à haute définition et un laser pour étudier des cibles jusqu'à sept mètres. D'autres instruments scruteront l'environnement pour y chercher des molécules de méthane, un gaz souvent lié à la présence de la vie, déjà détecté sur Mars à certaines saisons par un orbiteur américain. Le robot pourra aussi faire des prélèvements en perçant le sol, et les analyser.
AFP




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