Inauguration à Malines du musée de l'holocauste et des droits de l'homme

Caserne Dossin
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Caserne Dossin - © Caserne Dossin
Rédaction RTBF

Le Roi inaugure ce lundi le musée de l'holocauste et des droits de l'homme à Malines. Un bâtiment construit pour l'occasion, en face de la caserne Dossin d'où ont été déportés vers Auschwitz 25 500 juifs et 352 tziganes entre 1942 et 1944.

C'est une construction blanche, austère, massive, qui vous écrase. Un bâtiment aux fenêtres murées. 25 852 briques représentent le nombre de juifs et de tziganes déportés à Auschwitz depuis la caserne à quelques mètres de là.

Raccrocher l'explication historique, l'atrocité des faits à des émotions que ressent le visiteur, c'est une constante dans ce musée. Le but est d'expliquer le mécanisme de l'horreur : comment un dictateur peut instrumentaliser les masses populaires et exterminer des pans entiers de la population sans se heurter à de fortes oppositions ?

On y voit des histoires personnelles, des photos, des objets ayant appartenu aux déportés. Mais le musée nous apprend aussi que 90% des juifs déportés depuis la Belgique étaient des immigrés économiques ou politiques. Le musée, n'hésite d'ailleurs pas à comparer cette réalité socio-économique avec celle des immigrés marocains et turcs des quarante dernières années.

L'idée est bien de sensibiliser les visiteurs (souvent un public scolaire), à la réalité de l'époque, sous toutes ses formes.

"Je pense que c'est d'un point de vue pédagogique très intéressant pour des classes dans lesquelles, nous avons pas mal d'étudiants musulmans qui, dans un musée sur la Shoah, parfois, arrivent avec des partis pris plutôt négatifs. En leur montrant que ce monde juif dans les années 20 et 30, que ces Juifs de cette époque, que ce sont peut-être les Musulmans d'aujourd'hui, je pense que ça a une grande valeur pédagogique", explique Herman Van Goethem, professeur d'histoire à l'université d'Anvers et directeur du musée.

Quant à savoir s'il n'a pas peur de susciter une levée de boucliers de la communauté juive en faisant ce rapprochement, il répond : "Je voudrais d'abord que les gens, avant de réagir, viennent regarder le musée, on ne peut pas comparer cette souffrance juive qui est énorme, c'est sans précédent dans l'Histoire, ça, c'est certain mais quand on verra la façon dont se présente le monde juif dans les années 20 et 30, le parallélisme avec les immigrants des années 70 et 80, c'est évident, on ne va pas contester".

 

C.B. avec O. Leherte

 


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