Aller directement au contenu principal

Espagne: les régions veulent taxer les élèves apportant leur repas à l'école

SOCIETE | Mis à jour le dimanche 12 août 2012 à 15h15

  • L'idée fait sauter au plafond les parents d'élèves et l'opposition de gauche: certaines grandes régions d'Espagne comme Madrid, Valence et la Catalogne, en pleine chasse au déficit, veulent faire payer les élèves qui apportent leur repas à l'école.

    Ces régions affirment qu'il s'agit d'offrir pour la première fois aux enfants la possibilité de venir avec leur panier-repas. En échange, les familles verseraient une participation, qui pourrait atteindre jusqu'à trois euros, afin de couvrir les frais d'entretien et de surveillance du réfectoire.

    "Ce qui va se faire, c'est permettre aux centres scolaires de donner leur feu vert à l'entrée des "tupperware" à l'école", explique Ignacio Gago Fornells, porte-parole du ministère de l'Education de la région de Madrid. Jusqu'à aujourd'hui ce n'était pas permis en Espagne, sauf dans des cas exceptionnels comme les allergies alimentaires.

    Dans la région de Madrid, environ 40% des 324.000 élèves des 791 écoles publiques rentraient déjeuner chez eux durant l'année 2011-2012. L'idée invoquée par lces régions, est de permettre aux parents d'économiser en ces temps de crise et de chômage record qui touche un actif sur quatre.

    "Inadmissible!", s'insurge Jesus Maria Sanchez, président de la Confédération espagnole des associations de parents d'élèves (Ceapa). Selon lui, cette proposition "cache la volonté d'en finir avec les aides publiques fournies aux élèves qui en ont besoin" et "le démantèlement de l'école publique".

    La région de Madrid reconnaît que ses bourses pour la cantine vont passer de 29 millions d'euros pour l'année 2011-2012, à 16 millions d'euros pour la prochaine année scolaire.

    Aides à la restauration scolaire en baisse

    Le gouvernement de Catalogne a annoncé fin 2011 qu'il réduisait de 3,7 millions d'euros sa contribution aux aides à la restauration scolaire. Cette région, où le repas quotidien est l'un des plus chers (jusqu'à 6,20 euros), a annoncé la première qu'elle ferait payer jusqu'à 3 euros l'accès au réfectoire.

    Valence jure, elle, que, malgré les coupes budgétaires, elle maintiendra cette aide qui "est l'un des investissements les plus importants de la région, avec plus de 70 millions annuels et 80.000 élèves qui bénéficient d'une aide à 100%".

    Il s'agit pour elle de soutenir les 50% d'élèves qui n'ont pas de bourse et dont les parents veulent faire des économies sur un repas qui coûte 4,25 euros par jour, la participation envisagée ne devant pas dépasser 1,45 euro.

    Selon Jesus Maria Sanchez, le panier-repas pose un double problème: la conservation des aliments et l'obésité chez l'enfant. Une inquiétude partagée par des médecins.

    "Je ne crois pas qu'il y ait la possibilité de conserver les aliments réfrigérés dont a besoin un enfant en pleine croissance", dit le Dr Maria Isabel Lopez Diaz-Ufano, de la Semergen, une organisation des médecins.

    Redoutant le repas facile comme le sandwich, elle met en garde contre ce repas déséquilibré et dangereux, soulignant "la prévalence en termes d'obésité juvénile" en Espagne.

    Selon une étude européenne publiée en mai par l'Université de Saragosse, 34% des enfants espagnols âgés de 10 à 12 ans sont en surpoids et parmi eux, 8 % sont obèses.

    AFP

    Faire un commentaire

    • Merci de respecter la charte des commentaires,
      sans quoi, nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
    • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
    1000 caractères max
    Veuillez remplir le champ "Code de sécurité" en respectant les majuscules, minuscules ou les espaces.
  • Déjeuner dans une cantine scolaire pourrait être taxé en Espagne
    « previous

    Déjeuner dans une cantine scolaire pourrait être taxé en Espagne

    Romain Perrocheau
    next
    • Déjeuner dans une cantine scolaire pourrait être taxé en Espagne

      Déjeuner dans une cantine scolaire pourrait être taxé en Espagne

Dernière Minute

Société

Vu sur le web