Empêcher les hopitaux de refuser les patients défavorisés

L'entrée des hopitaux est parfois refusée aux patients plus défavorisés
L'entrée des hopitaux est parfois refusée aux patients plus défavorisés - Belga/JORGE DIRKX
Rédaction RTBF

Des hôpitaux refuseraient de soigner des patients par crainte qu’ils ne puissent pas payer la facture. Des médecins ou des dentistes chercheraient aussi à écarter des patients défavorisés. C’est ce que dénoncent deux parlementaires SPA qui parlent même de " listes noires " de patients refusés. Léona et Maya Detiège veulent interdire toute sélection des malades sur base de leurs moyens financiers. Elles ont déposé des propositions de loi en ce sens.

"On ne prend pas en charge ce type d'opération", ou "les délais d'attente sont longs": voilà le genre d'arguments qui seraient donnés à des patients pour les convaincre de s'adresser plutôt à d'autres hôpitaux; des patients défavorisés qui n'auraient pas les moyens de payer des soins.

Certains hôpitaux établissent même des listes: "C'est connu dans les hôpitaux, qu'il y a des listes qui existent pour dire voilà, on ne les accepte pas", explique la sénatrice Léona Detiège (sp.a).

Il ne s'agit pas de cas d'urgence, qui sont toujours pris en charge, mais des patients qui se présentent pour d'autres soins, les patients sont réorientés vers des hôpitaux qui, à défaut de faire une sélection, font face, eux, à un afflux de malades. "Ces hôpitaux de CPAS, des grands hôpitaux, etc, sont surchargés, du fait qu'ils reçoivent quand même les gens", ajoute la sénatrice.

Les milieux hospitaliers ne sont pas les seuls visés: des généralistes sélectionneraient également leur patientèle. Mais "il s'agit aussi bien de médecins, de dentistes, de pharmaciens", ajoute Léona Detiège.

Une proposition de loi a été déposée pour interdire tout refus de patients sur base de ses moyens financiers ; une autre pour interdire le versement d'avance, avant une hospitalisation. Le montant de ces avances sont, en effet, parfois très importants. "On a vu par des enquêtes qu'on demande quand même entre 300 euros et 1000, même jusque 1300 euros comme avance", dénonce la sénatrice.

Une récente étude de l'Institut de Santé publique montrait que près de 14% des Belges avaient dû reporter des soins pour motifs financiers notamment parce qu'ils ne sont pas en mesure de payer ces avances.

 

R. Cornet, avec WF


Publicité

L'actualité en images




+ de vidéos